4 septembre 2015 : La beauté dans la saisie du banal

La veille, Eric KIM, l'un des photographes de rue les plus talentueux du moment a rédigé un article fort intéressant sur l'intérêt de la photo de rue, en langue anglaise : Sur la capture de la beauté dans le banal. Cet article fait curieusement écho à mes propres conclusions des dernières semaines en m'investissant un peu plus à fond dans la photo de rue avec mon FUJIFILM X100T : Inutile de voyager à travers le monde un peu partout dans des régions merveilleuses pour faire des photos intéressantes. La photo intéressante se trouve très certainement dans la beauté du banal et donc souvent pas plus loin qu'à l'angle de votre rue ou dans des lieux habituels de votre existence (lieu de travail, domicile, transports en commun habituellement empruntés, magasins,...). Pas besoin forcément d'ailleurs de la présence d'humains dans une photo car la photographie d'objets communs du quotidien peuvent suffire à obtenir des photos très fortes. Cela entre d'ailleurs en parfaite corrélation avec l'avis de mon propre mentor, B.F.Peterson : Des choses banales peuvent tous devenir de grandes photos, il s'agit juste d'oublier les a-priori et de laisser son imagination visuelle opérer.

Depuis 2009, en sillonnant le Pays de Bray, j'avais déjà réalisé que le simple fait de m'attarder sur l'activité des agriculteurs, sur des machines et surtout de photographier des bovins avait bien plus d'impact auprès de l'opinion publique que de partir à la recherche d'événements, de paysages ou de déplacements plus complexes.

Mon futur déménagement en cette fin d'année 2015 dans le Val-de-Marne, à seulement 20 minutes de train de la capitale, va de toutes les manières me contraindre inévitablement à revoir ma pratique photographique, la nature de mes sujets, dans des milieux à-priori bien moins photogéniques et notamment, adieu les bovins ! L'année 2015 sonne un certain adieu du Pays de Bray et la fin de cette période bucolique. Le milieu urbain qui n'est pas forcément beau au premier regard peut prendre des tournures très intéressantes dans le champ d'un appareil photo. La banalité possède son charme et c'est ce travail sur la banalité qui représentera certainement mon nouvel espace d'expression photographique dans les années à venir afin de ressourcer la pratique de mon art. J'ai d'ailleurs déjà considérablement évolué sur mon outillage photographique : Au lieu de collectionner les optiques et de me mouvoir avec difficulté avec jusqu'à deux gros boîtiers reflex et leurs six objectifs dans une lourde valise sur roulettes, je me suffis désormais à la légèreté, au champ unique d'un objectif de 35mm couvert par le FUJIFILM X100T (et son viseur optique télémétrique) qui m'accompagne dorénavant en permanence où que j'aille, dans une petite sacoche discrète. Maintenant que je suis constamment accompagné de cet appareil, je ne déclenche pas forcément plus qu'auparavant mais ma relation à la photographie a pris une toute autre dimension : Je pratique la photo différemment car j'ai la conviction que la richesse de l'image se situe à seulement quelques pas de mon regard et on l'oublie hélas bien trop souvent. On cherche beaucoup trop l'extraordinaire et on passe à côté de la beauté du banal qui nous tend les bras. Un appareil facile à mouvoir permet de se réapproprier totalement l'espace photographique, sans le poids de la contextualité découlant de l'encombrement matériel et c'est souvent à ce moment-là que les yeux s'ouvrent sur le merveilleux monde de la beauté du banal car un simple objectif fixe de 28, 35 ou 50mm suffit pour cela.

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