26, 27 et 29 septembre 2015 : Le temps des premières réjouissances


Après une première exploration du Pays de Bray, jeudi 24 septembre, assez pessimiste, une météo des plus favorables annonça le temps des premières réjouissances photographiques à partir du 26 septembre. Pour en profiter pleinement, ce fut tout d'abord un petit tour en Champagne chez mon récoltant (le récoltant familial depuis 1987). Certes déjà présenté, il y a quelques années sur le même blog mais quand il s'agit du merveilleux résultat du X100T en rendu "Classic Chrome" (mon "LEICA du pauvre" que je ne présente plus), c'est toujours un prétexte de plus pour en reparler !


Après le plein en bouteilles effectué, rien de mieux en cette météo particulièrement radieuse de profiter de l'architecture locale de la Champagne pour exercer son oeil. La candidate fut l'Abbaye Saint-Pierre d'Orbais de style roman tardif, édifiée à partir de la fin du XIIème siècle. Dalles, décors et vitraux représentent les moments forts de cet épisode architectural.





Le lendemain, biensûr, pas moyen d'échapper à la tentation : Il faut retourner en Pays de Bray pour profiter enfin de conditions tout à fait dignes pour saluer comme il convient toute la richesse de ce territoire avant de lui dire un long et grand au revoir, pour assez longtemps à mon avis. Enfin, l'occasion de retourner également au plein usage de la couleur après les images monochromes très sombres du 24 septembre. 
Un tracteur retournant la terre et deux races de vaches seront au menu !





En cette période de l'année, les ombres sont longues très tôt en soirée et la lumière dorée se manifeste dès 17h00. Pour un photographe rompu à cette période de l'année, c'est bien entendu tout à fait voulu car la lumière violente de l'été n'est absolument pas adaptée à la réalisation d'images intéressantes. Fin septembre et début octobre, c'est le début des lumières "photogéniques" à des horaires précoces. Ayant pendant cinq ans, de 2009 à 2014, couvert le Pays de Bray avec des reflex et plusieurs objectifs, je dois dire que travailler uniquement avec le cadrage d'un 35mm est très dépaysant ! 

Ceci étant, je ne me sens nullement bridé dans ma créativité car je n'ai ressenti curieusement que seulement deux fois la frustration de l'absence d'une longue focale pour mes amis les bovins...Pour déjà trois centaines de clichés en quelques sorties ! Deux jours plus tard, le 29 septembre, je récidive en jouant du noir et blanc sur mes sujets préférés et j'ose par delà même la FUJICHROME VELVIA dont je n'apprécie pourtant pas toujours la trop grande saturation des couleurs à mon goût mais parfois, cette grande force colorifique peut magnifier certaines images.







J'ose rêver que ces réjouissances puissent se prolonger suffisamment longtemps...Si ce n'est une semaine de plus. Tout ceci appartient encore au futur, nous le verrons bien assez tôt !

24 septembre 2015 : Première opération en Pays de Bray


Depuis le vendredi 18 septembre au soir et ceci, jusqu'au 11 octobre au soir prochain, me voici en congés annuels.
Comme d'habitude, c'est l'occasion de remplir les cartes mémoires et de me consacrer pleinement à la photographie du Pays de Bray, lieu devenu récurrent depuis l'été 2009. Cette sixième édition 2015 est d'une saveur très particulière car il s'agit très certainement de la dernière car au courant de cet hiver, je vais sans doute déménager dans le Val-de-Marne (94) mais également parce-qu'il s'agit de la seule édition qui ne sera pas couverte par mes deux reflex et leurs nombreux objectifs. Ces deux dernières années, j'avais déjà beaucoup réduit ma productivité sur ce secteur mais mon éloignement géographique sera fort évidemment fatal à la poursuite de mes travaux sur le Pays de Bray. Pour sortir tout naturellement des sentiers battus, cette dernière édition sera totalement réalisée au compact professionnel FUJIFILM X100T et à sa focale fixe unique de 35 mm, dit le "LEICA du pauvre". Première occasion de montrer le Pays de Bray sous une vision humaine (la focale de 35mm correspond assez fidèlement au champ de l'oeil humain) et démontrer simplement une énième fois que très peu de moyens peuvent suffire à produire des images très intéressantes.

Contrairement aux autres années, mes congés ont débuté par plusieurs jours de repos à ne rien faire, tout d'abord à cause d'une très grosse fatigue et secondo, à cause d'une météo peu clémente. J'ai réalisé quelques images dans le Val D'Oise malgré tout le dimanche 20 septembre, jour où la météo se présenta sous d'assez bons hospices. Après deux jours de nouveau sous la pluie, le mercredi 23 septembre fut très moyennement ensoleillé (suffisant pour faire des images) mais je fus malheureusement occupé par mes dossiers administratifs en cours pour mon futur déménagement (achat d'appartement oblige) et très justement cette année, j'ai compté également mettre à jour le logiciel interne + la carte de mon GPS TOMTOM ainsi que revoir complètement ma base de données en points GPS afin de parfaire la préparation de mes affaires, tant pour mes images dans le Pays de Bray que dans l'exploration photographique future du département du Val-de-Marne. 

Selon les dernières projections météorologiques que j'avais obtenu la veille, le jeudi 24 septembre était prévu acceptable pour la photo, malgré des risques de seulement 0,5mm de pluie vers 17h00. Il n'en sera justement rien de tout cela. Dès le départ vers 13h00 de mon parcours vers le Pays de Bray, j'ai subi des chutes de pluie. En arrivant vers 14h30 sur le secteur, quelques éclaircies rassurantes malgré un ciel menaçant : Je prends quelques photos depuis un point GPS bien connu. Et je tente de poursuivre un programme pouvant être intéressant visant de rallier plusieurs points GPS pour leur donner une bien plus précise dénomination sur mon GPS que celle, mystérieuse, enregistrée quelques années plus tôt comme "balise" ou "curiosité". Je redécouvre des lieux fabuleux où se pressent les lumières de nuages structurés et des bovins Charolais. Je tente les compositions audacieuses avec l'unique focale de 35 mm à ma disposition.





La période de septembre et octobre est souvent l'occasion pour les autorités d'effectuer des travaux sur les routes et avec la pluie qui commence à tomber de plus en plus depuis 16h00, je commence à me dire qu'il est bon de rebrousser chemin pour aller me mettre au chaud chez moi. Malheureusement, en empruntant une très longue départementale me permettant de me réaligner peu à peu sur cette route du retour, je tombe en pleins travaux de macadam. Un ouvrier m'annonce qu'il me faut rebrousser chemin et tenter un autre parcours intermédiaire pour rejoindre le village visé pour mon retour. Du coup, commence les ennuis car les chutes de pluie atteignent les 4mm sur la chaussée et je dois amorcer l'une des vitesses les plus rapides pour les essuies-glaces. Je souhaite m'arrêter prudemment sur le bord herbeux d'un champ à la terre très tendre pour régler mon GPS afin de me définir ce fameux parcours de contournement mais mon véhicule s'embourbe, les roues tournent désespérément dans la glaise bien molle et je ne peux me dépêtrer de ce piège. Je dois mon seul point de salut à un jeune agriculteur (que je salue très très chaleureusement) qui me voyant dans cette situation désespérée viendra me tenir main forte en pleine tempête de pluie pour dégager mon véhicule en le poussant fortement à deux en dehors de cette zone inhospitalière. Une voiturette de tourisme possède des inconvénients (telle qu'une vitesse de pointe, bridée à 55 km/h) mais dans ce cas précis, elle possède un avantage de taille : Son faible poids de 350 kg à vide. Avec un véhicule ordinaire d'environ une tonne, pas sûr que la force seule combinée de deux individus auraient suffit à me dégager d'un tel piège. Sitôt reparti avec le GPS finement programmé, je n'ai pas demandé mon reste en affrontant l'une des conditions pluvieuses les plus horribles depuis mes débuts d'autonomie en 2008 (pluie battante avec au moins 5mm sur la chaussée pendant un peu plus de 90 minutes de trajet).
Je me souviendrais longtemps de ce jeudi 24 septembre 2015.
J'espère que les prochains jours seront plus cléments avec moi, tant d'un point de vue climatique que photographique...


4 septembre 2015 : La beauté dans la saisie du banal

La veille, Eric KIM, l'un des photographes de rue les plus talentueux du moment a rédigé un article fort intéressant sur l'intérêt de la photo de rue, en langue anglaise : Sur la capture de la beauté dans le banal. Cet article fait curieusement écho à mes propres conclusions des dernières semaines en m'investissant un peu plus à fond dans la photo de rue avec mon FUJIFILM X100T : Inutile de voyager à travers le monde un peu partout dans des régions merveilleuses pour faire des photos intéressantes. La photo intéressante se trouve très certainement dans la beauté du banal et donc souvent pas plus loin qu'à l'angle de votre rue ou dans des lieux habituels de votre existence (lieu de travail, domicile, transports en commun habituellement empruntés, magasins,...). Pas besoin forcément d'ailleurs de la présence d'humains dans une photo car la photographie d'objets communs du quotidien peuvent suffire à obtenir des photos très fortes. Cela entre d'ailleurs en parfaite corrélation avec l'avis de mon propre mentor, B.F.Peterson : Des choses banales peuvent tous devenir de grandes photos, il s'agit juste d'oublier les a-priori et de laisser son imagination visuelle opérer.

Depuis 2009, en sillonnant le Pays de Bray, j'avais déjà réalisé que le simple fait de m'attarder sur l'activité des agriculteurs, sur des machines et surtout de photographier des bovins avait bien plus d'impact auprès de l'opinion publique que de partir à la recherche d'événements, de paysages ou de déplacements plus complexes.

Mon futur déménagement en cette fin d'année 2015 dans le Val-de-Marne, à seulement 20 minutes de train de la capitale, va de toutes les manières me contraindre inévitablement à revoir ma pratique photographique, la nature de mes sujets, dans des milieux à-priori bien moins photogéniques et notamment, adieu les bovins ! L'année 2015 sonne un certain adieu du Pays de Bray et la fin de cette période bucolique. Le milieu urbain qui n'est pas forcément beau au premier regard peut prendre des tournures très intéressantes dans le champ d'un appareil photo. La banalité possède son charme et c'est ce travail sur la banalité qui représentera certainement mon nouvel espace d'expression photographique dans les années à venir afin de ressourcer la pratique de mon art. J'ai d'ailleurs déjà considérablement évolué sur mon outillage photographique : Au lieu de collectionner les optiques et de me mouvoir avec difficulté avec jusqu'à deux gros boîtiers reflex et leurs six objectifs dans une lourde valise sur roulettes, je me suffis désormais à la légèreté, au champ unique d'un objectif de 35mm couvert par le FUJIFILM X100T (et son viseur optique télémétrique) qui m'accompagne dorénavant en permanence où que j'aille, dans une petite sacoche discrète. Maintenant que je suis constamment accompagné de cet appareil, je ne déclenche pas forcément plus qu'auparavant mais ma relation à la photographie a pris une toute autre dimension : Je pratique la photo différemment car j'ai la conviction que la richesse de l'image se situe à seulement quelques pas de mon regard et on l'oublie hélas bien trop souvent. On cherche beaucoup trop l'extraordinaire et on passe à côté de la beauté du banal qui nous tend les bras. Un appareil facile à mouvoir permet de se réapproprier totalement l'espace photographique, sans le poids de la contextualité découlant de l'encombrement matériel et c'est souvent à ce moment-là que les yeux s'ouvrent sur le merveilleux monde de la beauté du banal car un simple objectif fixe de 28, 35 ou 50mm suffit pour cela.

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