Autres réjouissances : Photos de rue, OVF et autres perfectionnements

Après le 29 septembre, j'ai finalement abandonné le Pays de Bray définitivement à cause d'une météo devenant de nouveau incertaine et également surtout emporté par le soucis de couvrir d'autres sujets comme la photographie sur le vif. Jusqu'au dernier jour du 11 octobre 2015, j'ai profité de mes quelques échecs et de mes réussites pour perfectionner ma technique en photographie de rue.

Dreux, Chaumont-en-Vexin, Paris et Saint-Germain-en-Laye seront les lieux de ce perfectionnement.








Fervent des cadrages au cordeau dès la prise de vue car perfectionniste, j'ai très largement utilisé le viseur électronique (EVF) du FUJIFILM X100T depuis son acquisition en février 2015. Le viseur du X100T étant hybride (ce qui fait sa force), en pratiquant la photographie de rue, je me suis rendu compte que cette pratique qui demande une grande réactivité pour saisir "l'instant décisif" exige qu'on valorise très majoritairement l'intuition de la composition structurelle/émotionnelle sur la rigueur d'un cadrage définitif techniquement irréprochable. 


Il s'est avéré que le viseur optique (OVF), bien que relativement imprécis et atteint de parallaxe se révèle terriblement efficace pour la photographie de rue car il laisse l'intuition totalement maître du moment de déclencher dans le cadre blanc rétro-éclairé mais permet également l'anticipation de la sortie ou de l'entrée de certains sujets dans l'image ; le cadrage définitif étant finalement réalisé au développement des RAW sur ordinateur. Echecs et réussites, ils m'ont permis de résoudre un petit nombre d'imperfections de la configuration de mon X100T et d'optimiser surtout l'aspect de l'OVF pour un rapport réactivité/précision maximal en le débarrassant d'un bon nombre d'informations distrayantes.

Des congés finalement tant instructifs que productifs, l'apprentissage étant éternel.

26, 27 et 29 septembre 2015 : Le temps des premières réjouissances


Après une première exploration du Pays de Bray, jeudi 24 septembre, assez pessimiste, une météo des plus favorables annonça le temps des premières réjouissances photographiques à partir du 26 septembre. Pour en profiter pleinement, ce fut tout d'abord un petit tour en Champagne chez mon récoltant (le récoltant familial depuis 1987). Certes déjà présenté, il y a quelques années sur le même blog mais quand il s'agit du merveilleux résultat du X100T en rendu "Classic Chrome" (mon "LEICA du pauvre" que je ne présente plus), c'est toujours un prétexte de plus pour en reparler !


Après le plein en bouteilles effectué, rien de mieux en cette météo particulièrement radieuse de profiter de l'architecture locale de la Champagne pour exercer son oeil. La candidate fut l'Abbaye Saint-Pierre d'Orbais de style roman tardif, édifiée à partir de la fin du XIIème siècle. Dalles, décors et vitraux représentent les moments forts de cet épisode architectural.





Le lendemain, biensûr, pas moyen d'échapper à la tentation : Il faut retourner en Pays de Bray pour profiter enfin de conditions tout à fait dignes pour saluer comme il convient toute la richesse de ce territoire avant de lui dire un long et grand au revoir, pour assez longtemps à mon avis. Enfin, l'occasion de retourner également au plein usage de la couleur après les images monochromes très sombres du 24 septembre. 
Un tracteur retournant la terre et deux races de vaches seront au menu !





En cette période de l'année, les ombres sont longues très tôt en soirée et la lumière dorée se manifeste dès 17h00. Pour un photographe rompu à cette période de l'année, c'est bien entendu tout à fait voulu car la lumière violente de l'été n'est absolument pas adaptée à la réalisation d'images intéressantes. Fin septembre et début octobre, c'est le début des lumières "photogéniques" à des horaires précoces. Ayant pendant cinq ans, de 2009 à 2014, couvert le Pays de Bray avec des reflex et plusieurs objectifs, je dois dire que travailler uniquement avec le cadrage d'un 35mm est très dépaysant ! 

Ceci étant, je ne me sens nullement bridé dans ma créativité car je n'ai ressenti curieusement que seulement deux fois la frustration de l'absence d'une longue focale pour mes amis les bovins...Pour déjà trois centaines de clichés en quelques sorties ! Deux jours plus tard, le 29 septembre, je récidive en jouant du noir et blanc sur mes sujets préférés et j'ose par delà même la FUJICHROME VELVIA dont je n'apprécie pourtant pas toujours la trop grande saturation des couleurs à mon goût mais parfois, cette grande force colorifique peut magnifier certaines images.







J'ose rêver que ces réjouissances puissent se prolonger suffisamment longtemps...Si ce n'est une semaine de plus. Tout ceci appartient encore au futur, nous le verrons bien assez tôt !

24 septembre 2015 : Première opération en Pays de Bray


Depuis le vendredi 18 septembre au soir et ceci, jusqu'au 11 octobre au soir prochain, me voici en congés annuels.
Comme d'habitude, c'est l'occasion de remplir les cartes mémoires et de me consacrer pleinement à la photographie du Pays de Bray, lieu devenu récurrent depuis l'été 2009. Cette sixième édition 2015 est d'une saveur très particulière car il s'agit très certainement de la dernière car au courant de cet hiver, je vais sans doute déménager dans le Val-de-Marne (94) mais également parce-qu'il s'agit de la seule édition qui ne sera pas couverte par mes deux reflex et leurs nombreux objectifs. Ces deux dernières années, j'avais déjà beaucoup réduit ma productivité sur ce secteur mais mon éloignement géographique sera fort évidemment fatal à la poursuite de mes travaux sur le Pays de Bray. Pour sortir tout naturellement des sentiers battus, cette dernière édition sera totalement réalisée au compact professionnel FUJIFILM X100T et à sa focale fixe unique de 35 mm, dit le "LEICA du pauvre". Première occasion de montrer le Pays de Bray sous une vision humaine (la focale de 35mm correspond assez fidèlement au champ de l'oeil humain) et démontrer simplement une énième fois que très peu de moyens peuvent suffire à produire des images très intéressantes.

Contrairement aux autres années, mes congés ont débuté par plusieurs jours de repos à ne rien faire, tout d'abord à cause d'une très grosse fatigue et secondo, à cause d'une météo peu clémente. J'ai réalisé quelques images dans le Val D'Oise malgré tout le dimanche 20 septembre, jour où la météo se présenta sous d'assez bons hospices. Après deux jours de nouveau sous la pluie, le mercredi 23 septembre fut très moyennement ensoleillé (suffisant pour faire des images) mais je fus malheureusement occupé par mes dossiers administratifs en cours pour mon futur déménagement (achat d'appartement oblige) et très justement cette année, j'ai compté également mettre à jour le logiciel interne + la carte de mon GPS TOMTOM ainsi que revoir complètement ma base de données en points GPS afin de parfaire la préparation de mes affaires, tant pour mes images dans le Pays de Bray que dans l'exploration photographique future du département du Val-de-Marne. 

Selon les dernières projections météorologiques que j'avais obtenu la veille, le jeudi 24 septembre était prévu acceptable pour la photo, malgré des risques de seulement 0,5mm de pluie vers 17h00. Il n'en sera justement rien de tout cela. Dès le départ vers 13h00 de mon parcours vers le Pays de Bray, j'ai subi des chutes de pluie. En arrivant vers 14h30 sur le secteur, quelques éclaircies rassurantes malgré un ciel menaçant : Je prends quelques photos depuis un point GPS bien connu. Et je tente de poursuivre un programme pouvant être intéressant visant de rallier plusieurs points GPS pour leur donner une bien plus précise dénomination sur mon GPS que celle, mystérieuse, enregistrée quelques années plus tôt comme "balise" ou "curiosité". Je redécouvre des lieux fabuleux où se pressent les lumières de nuages structurés et des bovins Charolais. Je tente les compositions audacieuses avec l'unique focale de 35 mm à ma disposition.





La période de septembre et octobre est souvent l'occasion pour les autorités d'effectuer des travaux sur les routes et avec la pluie qui commence à tomber de plus en plus depuis 16h00, je commence à me dire qu'il est bon de rebrousser chemin pour aller me mettre au chaud chez moi. Malheureusement, en empruntant une très longue départementale me permettant de me réaligner peu à peu sur cette route du retour, je tombe en pleins travaux de macadam. Un ouvrier m'annonce qu'il me faut rebrousser chemin et tenter un autre parcours intermédiaire pour rejoindre le village visé pour mon retour. Du coup, commence les ennuis car les chutes de pluie atteignent les 4mm sur la chaussée et je dois amorcer l'une des vitesses les plus rapides pour les essuies-glaces. Je souhaite m'arrêter prudemment sur le bord herbeux d'un champ à la terre très tendre pour régler mon GPS afin de me définir ce fameux parcours de contournement mais mon véhicule s'embourbe, les roues tournent désespérément dans la glaise bien molle et je ne peux me dépêtrer de ce piège. Je dois mon seul point de salut à un jeune agriculteur (que je salue très très chaleureusement) qui me voyant dans cette situation désespérée viendra me tenir main forte en pleine tempête de pluie pour dégager mon véhicule en le poussant fortement à deux en dehors de cette zone inhospitalière. Une voiturette de tourisme possède des inconvénients (telle qu'une vitesse de pointe, bridée à 55 km/h) mais dans ce cas précis, elle possède un avantage de taille : Son faible poids de 350 kg à vide. Avec un véhicule ordinaire d'environ une tonne, pas sûr que la force seule combinée de deux individus auraient suffit à me dégager d'un tel piège. Sitôt reparti avec le GPS finement programmé, je n'ai pas demandé mon reste en affrontant l'une des conditions pluvieuses les plus horribles depuis mes débuts d'autonomie en 2008 (pluie battante avec au moins 5mm sur la chaussée pendant un peu plus de 90 minutes de trajet).
Je me souviendrais longtemps de ce jeudi 24 septembre 2015.
J'espère que les prochains jours seront plus cléments avec moi, tant d'un point de vue climatique que photographique...


4 septembre 2015 : La beauté dans la saisie du banal

La veille, Eric KIM, l'un des photographes de rue les plus talentueux du moment a rédigé un article fort intéressant sur l'intérêt de la photo de rue, en langue anglaise : Sur la capture de la beauté dans le banal. Cet article fait curieusement écho à mes propres conclusions des dernières semaines en m'investissant un peu plus à fond dans la photo de rue avec mon FUJIFILM X100T : Inutile de voyager à travers le monde un peu partout dans des régions merveilleuses pour faire des photos intéressantes. La photo intéressante se trouve très certainement dans la beauté du banal et donc souvent pas plus loin qu'à l'angle de votre rue ou dans des lieux habituels de votre existence (lieu de travail, domicile, transports en commun habituellement empruntés, magasins,...). Pas besoin forcément d'ailleurs de la présence d'humains dans une photo car la photographie d'objets communs du quotidien peuvent suffire à obtenir des photos très fortes. Cela entre d'ailleurs en parfaite corrélation avec l'avis de mon propre mentor, B.F.Peterson : Des choses banales peuvent tous devenir de grandes photos, il s'agit juste d'oublier les a-priori et de laisser son imagination visuelle opérer.

Depuis 2009, en sillonnant le Pays de Bray, j'avais déjà réalisé que le simple fait de m'attarder sur l'activité des agriculteurs, sur des machines et surtout de photographier des bovins avait bien plus d'impact auprès de l'opinion publique que de partir à la recherche d'événements, de paysages ou de déplacements plus complexes.

Mon futur déménagement en cette fin d'année 2015 dans le Val-de-Marne, à seulement 20 minutes de train de la capitale, va de toutes les manières me contraindre inévitablement à revoir ma pratique photographique, la nature de mes sujets, dans des milieux à-priori bien moins photogéniques et notamment, adieu les bovins ! L'année 2015 sonne un certain adieu du Pays de Bray et la fin de cette période bucolique. Le milieu urbain qui n'est pas forcément beau au premier regard peut prendre des tournures très intéressantes dans le champ d'un appareil photo. La banalité possède son charme et c'est ce travail sur la banalité qui représentera certainement mon nouvel espace d'expression photographique dans les années à venir afin de ressourcer la pratique de mon art. J'ai d'ailleurs déjà considérablement évolué sur mon outillage photographique : Au lieu de collectionner les optiques et de me mouvoir avec difficulté avec jusqu'à deux gros boîtiers reflex et leurs six objectifs dans une lourde valise sur roulettes, je me suffis désormais à la légèreté, au champ unique d'un objectif de 35mm couvert par le FUJIFILM X100T (et son viseur optique télémétrique) qui m'accompagne dorénavant en permanence où que j'aille, dans une petite sacoche discrète. Maintenant que je suis constamment accompagné de cet appareil, je ne déclenche pas forcément plus qu'auparavant mais ma relation à la photographie a pris une toute autre dimension : Je pratique la photo différemment car j'ai la conviction que la richesse de l'image se situe à seulement quelques pas de mon regard et on l'oublie hélas bien trop souvent. On cherche beaucoup trop l'extraordinaire et on passe à côté de la beauté du banal qui nous tend les bras. Un appareil facile à mouvoir permet de se réapproprier totalement l'espace photographique, sans le poids de la contextualité découlant de l'encombrement matériel et c'est souvent à ce moment-là que les yeux s'ouvrent sur le merveilleux monde de la beauté du banal car un simple objectif fixe de 28, 35 ou 50mm suffit pour cela.

Juillet et août 2015 : Photo de rue et syndrome de Garry Winogrand

Gare du Nord, le 7 août 2015
En ce mois d'août, après plusieurs mois de silence sur ce blog, il me semblait important de reprendre un peu la plume, d'autant plus comme tous mes silences, qu'il est souvent synonyme de progrès notables dans mon existence artistique. Les prémices très subtiles au début de juin, juillet, ont accouchés brutalement de leurs premiers produits véritables dès le début du mois d'août 2015.

Photographe très longtemps sauvage à cause de mon passé douloureux avec mes semblables et de mes légers traits autistiques de haut niveau, nul n'aurait imaginé cette tardive conversion à la photographie de rue, où l'humain devient bien justement l'acteur principal dans mes images. Depuis mes débuts photographiques officiels en 2005, l'humain était continuellement prohibé, exclu de mon champ d'expression et quand les premières marques de ma lente sociabilisation ont commencé à se dessiner, ce fut pour me réfugier dans l'agriculture ainsi qu'auprès d'animaux de la ferme qui deviendront mon indissociable emblême artistique : Les bovins.
Cette connexion directe à l'humain intervient bien justement où toute ma vie se prépare à basculer massivement dans une évolution de vie bien certainement la plus déterminante depuis ma naissance (notamment changement radical de lieu de domiciliation par l'abandon de la maison familiale) ; évolution seulement possible si j'ose remettre en cause fondamentalement toute la pyramide de mon intéraction historiquement désastreuse avec les autres sur laquelle est basée tout mon chemin existentiel depuis trois décennies. Tout photographe se trahit par la nature de ses images car photographier, c'est exposer son regard propre du monde et l'apparition soudaine de l'humain dans mes images pourrait en dire beaucoup à un(e) psychologue sur le bouleversement brutal de mon système de pensée par rapport à mes semblables. Du statut de total indésirable, l'humain est passé ces derniers mois à celui d'acteur bienvenu, au point d'ailleurs qu'il me soit finalement devenu divertissant de jouer au chat et à la souris avec lui. Une autre raison ayant pu favoriser ce basculement est certainement mon investissement dans le Fujifilm X100T, véritable "LEICA du pauvre" dont la discrétion et la compactibilité ont beaucoup facilité mon ouverture à cette branche de la photographie.

Gare du Nord, le 13 août 2015

La photographie de rue fait appel à des techniques particulières visant à être le plus discret possible pour saisir l'humain sans paraître trop intrusif et agressif dont la première est d'apprendre à déclencher à l'aveugle, sans même utiliser l'écran arrière LCD du boitier...Chose justement d'autant plus simple quand on travaille toujours avec la même focale fixe dont la pratique permet à terme de deviner le champ couvert ! Contrairement à la plupart des branches de la photographie, l'imperfection des cadrages en photographie de rue ne saurait être redhibitoire à partir du moment où l'émotion de la scène se révèle parfaitement restituée. En photographie de rue, au contraire de ma pratique académique des dix dernières années visant à un certain perfectionnisme, il faut apprendre à lacher prise avec la notion de perfection, être instinctif, presque animal au moment de déclencher et ne surtout pas réfléchir car la chance sourit bien souvent beaucoup plus à celui qui laisse faire la providence du "lancé de dés" que celui qui réfléchit trop sur les cadrages.

Gare du Nord, le 13 août 2015

Ainsi, mon inspiration dans la photographie de rue se résume à la vision de l'un des plus grands dans cette branche : L'américain Garry Winogrand (1928-1984). Un grand nombre de ses images présentait des plans clairement penchés, preuve qu'aucun "défaut" ne se veut redhibitoire quand la prise est bonne. Atteint du syndrôme de Garry Winogrand quand il s'agit de ce type de photographie, ma démarche se résume finalement tout à fait à l'identique. Comme Garry Winogrand, dans ma façon d'appréhender la photographie de rue (contrairement à mes travaux dans le Pays de Bray qui possédent constamment des messages sous-jacents pour la défense de l'agriculture), je ne vise à faire passer aucun message car seule l'obtention d'une image avec des humains m'intéresse. J'ai décidé de photographier hommes, femmes, les groupes, les foules ; autant d'inconnus, autant d'anonymes...Juste pour l'image ! Bien-sûr, parfois, certaines de mes images pourront trouver tout naturellement un sens mais ce n'est pas mon objectif principal.

Parvis du Louvre, le 1er août 2015

En photographie de rue, comme Garry Winogrand, savoir « à quoi ressemblent les choses quand elles sont photographiées » est un sujet simplement suffisamment excitant en lui-même et suffit à satisfaire ce jeu de chasse. Au travers de cette formule énigmatique, Garry Winogrand résumait son intention, résume mon intention : ne pas connaître les gens, ne pas rentrer dans leur intimité, ne pas chercher à composer quelque chose qui ait un sens, mais simplement rester l'étranger, celui qui passe et qui voit, puis qui donne à voir.

Gare du Nord, le 7 août 2015


Mes premiers pas dans cette branche ont trouvé naturellement un terrain très accueillant pour s'épanouir en Gare du Nord, suite tout d'abord initialement à mon désir de garder un souvenir des oeuvres de Street Art de la voie 36 mais comme toujours, ma témérité que je sous-estime trop souvent pour aller vers les autres m'a poussé à très largement me dépasser au point d'envisager désormais d'aller encore plus loin, toujours plus loin dans mon audace photographique. Me déplacer toujours avec un appareil à portée de main et saisir de parfaits inconnus, il y a encore quelques mois, je n'y pensais même pas ; Demain, je suis en droit de me demander ce qu'il me sera finalement possible de faire avec un appareil photo...!

10 mai 2015 : Une histoire de choix de films


Je ne suis pas du genre d'individu à me lancer tête baissée dans une opération sans la mûrir longuement. Préparant tranquillement mon reportage d'entreprise du mois de juin depuis début mai, je profite de mes propres reportages pour poursuivre mon approfondissement personnel du côté du rendu des couleurs des différents films proposés par l'interface d'un boitier FUJIFILM X-Series Prémium, à savoir le X100T dans mon cas tout à fait personnel. Quand on réalise ses prises de vues en RAW (format .RAF pour FUJIFILM), il est possible depuis la dernière version de RAW FILE CONVERTER EX 2.0 de choisir le rendu d'un film, même après la prise de vue. Cependant, pour gagner beaucoup de temps de développement de ces RAW et sur la publication finale, notamment en reportage où la prise de vue à la volée est de mise, il convient de réaliser le choix du film une bonne fois pour toutes sur le boitier dès la réalisation des images, surtout si on cumule comme certains photojournalistes, les RAW+JPEG. A ce propos, mon reportage m'a permis de faire connaissance avec le rendu particulièrement réaliste et surtout très doux de la FUJICHROME ASTIA. Depuis le début de mon utilisation du X100T, j'ai placé ma nette préférence comme beaucoup de X-PHOTOGRAPHERS sur le rendu colorifique de la mythique KODACHROME 64 (profil "CLASSIC CHROME") dont le rendu s'accorde particulièrement aux lumières diffuses d'intérieur des églises. Cependant, à de nombreuses reprises, j'ai pu constater l'incompatibilité de la KODACHROME avec les visages humains que je trouve trop contrastés et trop rouges à mon goût. Vu que le reportage couleur que je prépare pour mon entreprise réunit la plupart du temps des visages humains, il m'a fallu reconsidérer sporadiquement mon choix de pellicule pour un rendu beaucoup plus neutre. Initialement, je me suis fié aux recommandations de FUJIFILM et j'ai d'abord testé le rendu de la FUJICHROME PROVIA, désignée comme la pellicule standard, dans le village de Gerberoy (Oise), le 10 mai 2015. En étudiant les résultats des RAF sur mon ordinateur, je trouvais les contrastes de la PROVIA encore trop "brutaux" pour une vraie polyvalence pour un reportage réunissant à la fois des sujets humains, des intérieurs, des extérieurs. A partir de recherches sur internet, j'ai été aiguillé vers le rendu de la FUJICHROME ASTIA. En testant l'ASTIA sur plusieurs de mes RAF de Gerberoy avec RAW FILE CONVERTER EX 2.0, le rendu parfaitement neutre que je cherchais pour mon reportage m'a sauté au visage comme une évidence. Cette pellicule présente l'intérêt d'avoir plus de caractère dans les couleurs que la PROVIA tout en représentant un très bon consensus de rendu pour la plupart des yeux qui se poseront sur mes images.

La FUJICHROME ASTIA dans la pratique à Gerberoy (Oise) :






Je ne m'aventurai pas à montrer des visages humains réalisés avec la FUJICHROME ASTIA mais les rougeurs et les trop forts contrastes sur les visages que l'on pouvait observer avec la KODACHROME 64 ont disparus, laissant apparaître des tons chair parfaitement doux. 

6 mai 2015 : Flash TTL FUJIFILM EF-42

Le FUJIFILM X100T est devenu mon compagnon préféré de prises de vues depuis début 2015. Changer de marque de boitier implique bien souvent d'adjoindre les accessoires associés pour retrouver la flexibilité créative que je possède avec mes boitiers NIKON. Notamment pour un flash, la compatibilité de mes flashs NIKON n'est pas de mise avec un produit FUJIFILM. De ce fait, il m'a fallu obligatoirement investir dans un flash de la marque pour bénéficier notamment de la fameuse mesure TTL (Through The Lens - Mesure à travers l'objectif). Comme dans le cadre de mes flashs NIKON, la mesure TTL représente la garantie d'obtenir des clichés très bien exposés par une parfaite évaluation par le couple boitier-flash, en quelques dixièmes de secondes, de l'intensité lumineuse supplémentaire à délivrer dans la scène.

Le FUJIFILM EF-42 représente un très beau cousin du NIKON SB-900 que j'utilise avec mes reflex, doté d'une tête cobra très flexible que l'on peut incliner de 0° à +100° et que l'on peut orienter sur 360° soit le choix d'un départ de lumière s'inscrivant dans le recouvrement complet d'une demie-sphère. Du coup, comme avec le NIKON SB-900, il en résulte la possibilité d'envoyer la décharge de lumière artificielle dans n'importe quelle direction dans la pièce, ce qui s'avère pour le moins très hautement créatif. J'ai investi dans le FUJIFILM EF-42, tout d'abord donc pour cette souplesse d'orientation de la source lumineuse mais également pour son alimentation autonome avec 4 piles, dissociée de celle du X100T et aussi, surtout pour sa formidable réserve de puissance (nombre guide de 42 à 100 ISO). Tous ses atouts s'avèrent incontournables dans une période où je me dirige tout droit vers la couverture de la future journée du personnel de l'entreprise pour laquelle je travaille, en juin prochain. On ignore encore très justement la teneur de la météorologie qui aura lieu ce jour là (grand soleil, nuages, pluie ?) mais dans le cas extrême d'une condamnation à des scènes intérieures à cause d'une pluie battante, le FUJIFILM EF-42 pourra s'avérer un compagnon quasi-incontournable pour pallier au manque de lumière, bien que le X100T soit particulièrement remarquable jusque dans les plus hautes sensibilités ISO. Compagnon d'autant plus agréable à utiliser que malgré sa forte et très confortable puissance, il présente un encombrement globalement moindre par rapport au NIKON SB-900, ce qui facilite son transport. Il s'agit très vraisembablement d'un flash SUNPACK rebaptisé par FUJIFILM. Je saluerai par ailleurs, l'interface autonome simple mais diaboliquement efficace du FUJIFILM EF-42 pour les réglages de puissance et son paramétrage. Pour comparaison, l'interface du NIKON demande beaucoup plus d'apprentissage, tandis que celle du FUJIFILM est beaucoup plus intuitive. Certes, certains me diront pour défendre le NIKON SB-900 qu'il permet la gestion de certaines subtilités que le FUJIFILM ne permet pas mais en tout état de cause, les subtilités sont parfois source de complications inutiles car au passage à la pratique, le EF-42 remplit parfaitement son rôle de flash cobra haut de gamme et permet d'obtenir des clichés tout à fait similaires à ce que j'étais habitué avec NIKON sur le plan d'une gestion exemplaire de la lumière artificielle.

28 avril 2015 : Hommage à nos amis Australiens, Néo-Zélandais et Britanniques



Profitant d'une météorologie parfaite pour la photographie avec des cumulus et un grand soleil, je me suis aventuré le 28 avril 2015 sur un certain nombre de lieux de mémoire emblématiques pour 1914-1918 dans la Somme (80 - Région Picardie) :

  1. Mémorial National Australien à Villers-Bretonneux
  2. Australian Corps Mémorial à Le Hamel
  3. Monument de la troisième division Australienne à Sailly-Le-Sec
  4. Cimetière Côte 80 d'Etinehem
  5. Monument de la 58ème division Britannique de Chipilly
  6. Ville de Péronne avec son église et son mémorial de la Grande Guerre
On remarquera malgré le fait que les Australiens habitent aux antipodes des lieux où leurs aïeux ont perdu la vie, le respect et la ferveur incroyables dont ils peuvent faire preuve pour l'histoire et la mémoire de leurs morts. En France, nous apparaissons vraiment fades et d'un détachement tout simplement suréaliste (pour ne pas dire incompréhensible) par rapport à nos propres morts qui se révèlent paradoxalement numériquement plus nombreux.





Le Mémorial National Australien de Villers-Bretonneux suffit à lui seul à nous laisser cette image brillante d'un peuple sachant faire rappel régulier à l'histoire et rendre un hommage des plus appuyés pour leurs anciens contingents ayant été renforcer considérablement le front occidental face aux allemands, dirigés d'une main de maître par le Général Monash. Numériquement inférieurs par rapports aux allemands, cet excellent tactitien saura briser un par un avec 5 divisions les différents verrous défensifs de l'ennemi dont le point d'orgue est célébré à l'aube tous les ans depuis 1921, un 25 avril, sur les lieux même de ce Mémorial sous le nom de l'ANZAC DAY mais également partout dans le monde, principalement en Australie, en Nouvelle-Zélande et Nouvelle-Calédonie. Le choix du 25 avril pour l'ANZAC DAY n'est pas un hasard car les Australiens n'oublieront jamais Villers-Bretonneux car elle représente une fierté pour leur pays car première victoire militaire de ce jeune pays, né de la fédération officielle de ses colons le 1er janvier 1901. 
Le 25 avril 1918, en effet, une division australienne prend part à une grande offensive avec les Anglais, les Français et les Marocains et parvient à repousser l'armée allemande en marche vers Amiens. Offensive victorieuse dont on sait aujourd'hui avec le recul sur l'histoire, l'aspect décisif de leur victoire sur l'armistice du 11 novembre 1918 car si les Allemands avaient pris Amiens, la tournure de la guerre aurait pu être différente, tout du moins aurait-elle pu durer beaucoup plus longtemps avant que les Allemands acceptent d'avoir perdu la guerre.

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