11 septembre 2014 : Pays de Bray


Quoi de plus normal pour moi de photographier très régulièrement les agriculteurs en plein travail. Pourtant, mon propre travail de photographe intrigue parfois, au point de provoquer une réaction quelque-peu intattendue d'un jeune agriculteur en ce 11 septembre 2014 après-midi. Analysé tout d'abord sous le régime de la suspicion, l'interrogatoire du jeune agriculteur se veut énergétique mais après lui avoir détaillé longuement le but de mes photos, l'ambiance s'est brutalement détendue. Je serai en ce titre toujours autant surpris par la bassesse des gens qui n'y connaissent rien à l'agriculture et qui se permettent de la dénigrer, sans penser que rien n'arrive tout seul dans leurs assiettes. Ce jeune agriculteur me révéla me porter tout d'abord suspicion car il serait arrivé que des personnes très très mal attentionnées le photographie en train de travailler pour ensuite le dénoncer, notamment pour l'odeur du fumier qu'il répend sur les cultures. La bêtise humaine n'a décidémment aucune limite car si ces personnes avaient seulement conscience que l'écoulement du fumier permet un enrichissement de la terre en vue de faire fructifier les cultures futures, elles se montreraient bien plus tolérantes.  Misère ! Quelle drôle de société de consommation dans laquelle sommes-nous où les gens évoluent continuellement toujours plus dans le virtuel, en ayant oubliés que la simple pomme de terre qu'ils trouvent dans leur supermarché provient d'un terrain nourri avec soin et amour par un agriculteur. En finalité, j'ai multiplié les prises de vues de cet agriculteur chargeant et écoulant régulièrement le contenu de sa machine sur son terrain. 
Pas seulement heureux en tant que photographe, j'ai également fait un heureux, je le crois, ce jour-là, d'être ma vedette d'un jour et d'être pour une fois considéré simplement pour le merveilleux travail qu'il fait pour nourrir terre et semblables.


Je le sais pourtant ; le bovin est tout autant un animal très curieux n'hésitant jamais à s'approcher à distance immédiate de l'humain, tout comme il est un animal très craintif qui peut fuir littéralement celui qui ne serait pas délicat dans son approche. Il s'agissait vraisemblablement d'un troupeau de très jeunes mâles Prim'Hostein et ma trop grande vivacité pour les approcher provoqua leur fuite brutale sur des dizaines de mètres dans le bruit sourd de leur galop...


Une trentaine de kilomètres plus loin, dans le Bray Normand, mon imprudence fut remplacée par une grande satisfaction : Un troupeau de bovins de race Normande. La lumière dorée du couchant se dessinant lentement sur le coup de 18h00 parait la scène de belles couleurs pour mes cadrages. Occasion de compiler attitudes animales et paysages à partir de ce mélange exquis...

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