3 juin 2014 : Pays de Bray - L'appel de la source

Mon dernier passage dans mon territoire de prédilection (le Pays de Bray) remontait à de longs mois. Ce mardi 3 juin 2014, je n'avais pas pris initialement ma journée pour un moment de plaisir et d'évasion mais plutôt pour être aux côtés de ma compagne pour la soutenir dans l'affrontement d'une épreuve. Pris d'une baisse de moral très sensible car les épreuves sont toujours des instants difficiles à vivre et ceci même pour le rôle secondaire de spectateur, je n'ai pas souhaité me laisser aller à l'abattement : Au lieu de rester chez moi, je me suis mis au volant de ma voiturette de tourisme et j'ai filé sur les routes de campagne. A 65 km de mon domicile, j'ai pu retrouver avec une joie spontanée mes vaches et leurs jeunes veaux, les fermes et ces paysages qui me vident si bien la tête lorsque celle-ci est pleine de mauvaises pensées et de désarroi.


Cela ne fait pas le moindre doute quand je vous dis que l'appareil ne fait pas le photographe. La théorie, j'adore quand celle-ci s'affirme dans la pratique. Dans mon sac à dos, j'avais emmené ma paire de jumelles 8x43 et ma longue-vue 20-60x80 car je comptais surtout faire de cette sortie en voiturette, un moment simple d'observation et de ressourcement cognitif. Toutefois, j'avais fait preuve de vigilance en emmenant avec moi mon compact NIKON Coolpix P7100, au cas où il y aurait quelque-chose d'intéressant à photographier. Depuis deux ans que je possède ce petit appareil, force est de constater maintes et maintes fois qu'il ne faut jamais se séparer totalement d'un appareil photo, car aussi modeste soit-il, posséder toujours au moins les moyens de pouvoir prendre des images devrait être la règle car quand la bonne image ou la bonne lumière se présente, on ne peut pas l'anticiper. La preuve en est avec cette composition bovine autour de cette ferme près de laquelle je passe à proximité tous les étés depuis 2010. Il s'agit bien de la première fois, tout du moins depuis que je connais cette ferme que cette composition se présentait avec cette vision de bric à brac en arrière-plan que je trouve tellement pittoresque que j'en viens à me dire que c'est ceci une très bonne photo. Chacun aura son point de vue sur la question bien-sûr mais il s'agit en tous les cas du mien, le plus profond car quand je me retrouve seul avec moi-même, avec mes méditations intérieures dans ce territoire, il se passe en moi à chaque fois le même pouvoir de détachement, d'émerveillement et de liberté retrouvés par rapport aux événements du quotidien qui me brisent les jambes.


Il aurait si difficile de prévoir une lumière si photogénique pour ce mardi si triste que j'en tire à chaque fois le même enseignement quand j'échoue en Pays de Bray : Ce territoire possède une âme intransposable ailleurs, il semble me parler tandis que bien d'autres semblent muets. Surtout, il ne s'agit pas de la première fois que j'en conclu sur l'aide d'un esprit supérieur dans la réalisation de bon nombre de mes oeuvres car personnellement, je ne fais guère d'effort si ce n'est celui de rester réceptif à mon environnement et surtout rester perméable à ce que je vois, à ce que j'entend, à ce que je sens car à ma très modeste place à hauteur d'homme, je dois mon unique salut à ma sagesse de rester fidèle ainsi que sincère à ce que réceptionnent mes cinq sens fondamentaux, si ce n'est le sixième quand on se montre suffisamment humble pour être en mesure de pouvoir l'imaginer en dehors de tout concept d'équations...

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