26 et 27 avril 2014 : Honfleur, Dozulé et Lizieux

Eglise de Dozulé - Copyright Arnaud FIOCRET
Le séjour en Basse-Normandie débute à Dozulé. Contrairement à beaucoup de mes sorties culturelles en ce mois d'avril 2014, je serai moins prolixe sur mes sujets. J'ai siégé deux jours dans un hôtel à Honfleur pour ne finalement retenir que Dozulé et Lizieux dans mes mémoires. Pour ces deux communes, j'ai été ébloui, soit pour son église, soit pour sa basilique. Honfleur m'a laissé le sentiment d'une ville touristique surfaite, sans réel attrait, si ce n'est pour faire fonctionner le porte-monnaie. Tout du moins, en photo, désolé, mais Honfleur n'a pas emballé mes sensibilités.

Dozulé est une commune du Pays d'Auge d'environ 2000 habitants. A l'origine, elle s'appelait Le Plessis-Esmangard. La ville changea de nom lorsque Edouard III d'Angleterre et ses troupes débarquèrent en 1346. Pendant leur périple en Normandie, ils mirent le feu au village et les habitants l'appelèrent Dos Brulé (la montagne qui brûle) suite à cet incendie. Au gré des siècles, par corruption du langage, la commune finira par prendre le nom de Dozulé. Cette commune est devenue à partir du milieu des années 80, un lieu de recueillement pour les pélerins venus de toute l'Europe car une habitante, Madeleine Aumont, affirma avoir vécu du 28 mars 1972 au 6 août 1982 des apparitions du Christ sur la Haute Butte de Dozulé.
A la demande de l'abbé L'Horset, prêtre de l'époque, elle a transcrit ces visions dans des cahiers.
L'église de Dozulé m'a beaucoup touché pour ses lumières intérieures, son chemin de croix et la pertinence de ses transepts.

Bovins de race normande à proximité de Lizieux - Copyright Arnaud FIOCRET
Sur la route pour Lizieux, j'ai croisé un joli troupeau de bovins de race normande au milieu de pommiers en fleurs. Une composition radieuse sous un beau soleil de printemps comme nous pourrions espérer en croiser plus souvent. La lumière, parfaite, me laissait totalement libre cours aux cadrages les plus audacieux. Ce fut ce jour l'occasion de montrer à ma compagne la relation particulièrement fusionnelle que je peux entretenir avec ces animaux.

Basilique Saint-Thérèse de Lizieux - Copyright Arnaud FIOCRET
La basilique Sainte-Thérèse de Lizieux est l'exemple d'une architecture religieuse riche très récente, mi néo-romane, mi néo-bizantine datant du début du XXème siècle. Il s'agit du sanctuaire érigé en l'honneur de la canonisation de Sainte-Thérèse. Initialement, cette basilique rencontra bien des oppositions dans le clergé local mais c'était sans compter sur la détermination de l'évêque d'alors, Mgr Lemonnier et l'intervention du Pape Pie XI lui-même, qui avait canonisé Thérèse le 17 mai 1925. Mgr Lemonnier chargea un architecte de Paris d'établir un avant-projet mais l'édifice aux proportions trop exiguës ne correspondait pas à l'estime portée pour la Sainte la plus aimée du monde. 
Du coup, le second projet de l'architecte Louis-Marie Cordonnier, de réputation internationale, remporte la décision finale de Mgr Lemonnier.
Quelques mois plus tard, Mgr Suhard succède à Mgr Lemonnier et celui-ci poursuit la décision de son prédécesseur ; Les travaux débutent en 1929.

En novembre 1929, Pie XI fait savoir à Mgr Suhard qu'il faut faire très grand, très beau et le plus vite possible. En visitant cet édifice, on ne peut que constater que les souhaits de Pie XI ont été respectés. D'une superficie totale de 4500 mètres-carrés, un dôme de 90 m et une longueur de 104 m, la basilique impose des dimensions en rapport avec l'estime portée à Sainte-Thèrèse. Le 11 juillet 1937, le cardinal Pacelli (futur Pie XII) procède à la bénédiction solennelle de l'édifice. Grand nombre de pélerins aiment s’attarder sur les mosaïques et les vitraux qui ont été réalisés dans les ateliers de Pierre Gaudin (1908-1973), un artiste formé dans les ateliers d’art sacré dirigés par Maurice Denis et Georges Desvallières. A leur école, Pierre Gaudin a retrouvé la grande tradition des maîtres-verriers du Moyen Âge : jouer avec la couleur des vitraux pour créer une lumière qui favorise le recueillement…
Pour le passionné d'art religieux que j'ai toujours été, je fus pleinement comblé.

Je concluerai simplement en me disant que la visite d'un monument religieux laisse souvent très songeur, surtout quand on est très observateur et que certains phénomènes se produisent. Je ne saurai expliquer tout particulièrement pourquoi, trois rayons de soleil surgirent dans le dôme le temps que je fasse mes photos et qu'ils s'éteignirent ensuite "définitivement", le ciel se chargeant de nuages très précipitamment. Message de Dieu...

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