13 avril 2014 : Zoo d'Amiens

Gibbon Iar - Copyright Arnaud FIOCRET
Le Parc Zoologique d'Amiens fut l'objectif d'un week-end court dont le dimanche 13 avril 2014 représente le squelette central. Créé en 1952, il découle de la décision du maire de l'époque, Maurice Vast, d'aménager le jardin de la "Petite Hotoie" alors à l'abandon au sortir de la seconde guerre mondiale. Rénové plusieurs fois, dans les années 1970 puis 1990, il accueille dorénavant plus de 400 animaux du monde entier, pour la plupart dans la reconstitution de leur espace naturel. Ouvert tous les ans, de février à novembre inclus, on peut y observer notamment 4 mammifères en (presque) totale liberté représentant pour la même bonne raison, d'excellents sujets photographiques car la composition photo n'est pas limitée par la réflectivité de vitres ni par la taille de ces mêmes surfaces, car hélas, certains animaux sont beaucoup plus fugitif et s'accommodent très mal de la présence de l'homme. Il convient alors de leur imposer une captivité plus contraignante afin qu'ils ne s'évaporent pas dans la nature.

On ouvrira ainsi le bal avec le premier de ces mammifères, le Gibbon à mains blanches. L'analyse de l'arbre phylogénétique de cet animal le place très proche de l'homme (tout est relatif bien sûr) car du règne animal jusqu'à l'ordre des primates, notre filiation est identique. Le Gibbon à mains blanches appartient à la famille des Hylobatidae cousine de la nôtre, celle des Hominidae. Selon le statut CITES, il s'agit d'un animal en danger. Le gibbon est l’anthropoïde le plus primitif et le plus petit. La lignée évolutive du gibbon a divergé de celle de l'homme il y a environ 18 millions d'années, soit 6 millions d'années avant l'orang-outan et 10 millions d'années avant le chimpanzé et le gorille. Fidèle, le Gibbon n'a qu'une femelle pour toute sa vie et la durée de la grossesse est estimée à environ 210 jours pour un seul petit. On le trouve à l'état naturel en Thaïlande, dans le Laos, en indonésie, sur l'île de Sumatra, sur l'ïle de Bornéo, Java...

On est immédiatement frappé par l'étonnante agilité du Gibbon Iar. Il me fut très souvent impossible de le suivre dans le viseur de mon télé-objectif de 300mm. Pour le figer, il convient de travailler en mode rafale rapide (6 images/seconde) exclusivement. Il peut faire des bonds de 10 à 15 mètres entre deux arbres, par "brachiation". La structure de son pelage, trop peu contrasté, est parfois difficile à saisir pour l'autofocus et j'ai pu remarquer de nombreuses erreurs de mesure du système lorsque la luminosité devenait faible.

Le second mammifère, de plus petit taille, qui se classe parmi les marsupiaux est le suricate. Il n'est absolument pas en danger selon le statut de conservation UICN. Mesurant de 26 à 38 centimètres, le suricate est un petit carnivore vivant dans le sud-ouest de l'Afrique (désert de Namib). Il s'agit d'un animal très sociable, très altruiste, avec un sens du groupe particulièrement développé mangeant entre autres des insectes, des souris, des rats, des oiseaux, des petits reptiles et des tubercules ou bulbes de plantes qu'il fouille dans le sol avec ses pattes munies de fortes griffes non rétractiles de deux centimètres de longueur. Ils sont ainsi capables de déplacer leur propre poids de terre en 20 secondes. Une paupière transparente protège leurs yeux lorsqu'ils creusent le sable. 

Pour chercher leur nourriture, ils doivent creuser le sol, parfois assez profondément. 
Ils ont donc la tête enfouie dans le sable et ne peuvent localiser les prédateurs. Des "sentinelles" ont pour rôle de prévenir les autres membres du groupe de la présence de prédateur(s) par des cris spécifiques. Il s'agit précisément de l'une d'entre elles dont j'ai tiré le portrait en très gros plan avec la focale de 300 mm et une grande ouverture pour obtenir une très nette isolation du sujet.

Tête de suricate - Copyright Arnaud FIOCRET
Le troisième mammifère est aquatique. Il s'agit de l'otarie de Californie. A l'identique du suricate, il n'est pas en danger selon le statut de conservation UICN. L'otarie de Californie est une grosse otarie que l'on observer notamment dans le port de San Francisco. Elle se nourrit principalement de calamars et de poissons. Elle demeurera ma cible la plus difficile à photographier, même les déclenchements en rafale n'y pouvaient pas grand-chose. Il a fallu comprendre les habitudes de l'animal dans le bassin du zoo, déterminer à quels endroits de celui-ci il serait susceptible de sortir le plus souvent pour espérer capturer son visage, sortant majestueusement de l'eau.

Otarie de Californie - Copyright Arnaud FIOCRET
Le quatrième et dernier mammifère est le plus lourd et le plus massif de tous ceux précédemment étudiés. Il se situe dans la même situation que le Gibbon Iar aux yeux de l'UICN, c'est à dire en danger. L'Eléphant d'Asie se distingue de celui d'Afrique, notamment par la taille de ses oreilles. Les mâles mesurent de 2,5 à 3,5 mètres (3 m en moyenne) contre 2 à 3 mètres (2,5 m en moyenne) de haut au garrot pour les femelles. Le poids varie de 3 à 5 tonnes (4 tonnes en moyenne) pour les mâles contre 2 à 3,5 tonnes (2,75 tonnes en moyenne) pour les femelles, pour une longueur comprise de 5,5 à 6,5 mètres (6 mètres en moyenne). La seule trompe de l'éléphant est un organe préhensile dépourvu d'os pesant plus de 100 kg, comportant pas moins de 150 000 muscles.

L'éléphant domestiqué peut apprendre plus de trente ordres différents. 
Prélevé dans la nature, chaque pachyderme se voit désigner un unique dresseur qui l'accompagnera durant toute sa vie, appelé mahout ou cornac. L'animal est très respecté et considéré comme vénérable. Il a pleinement sa place dans la société. Aujourd'hui, les éléphants sont principalement employés dans le tourisme et pour ces besoins, ils deviennent volontiers des acteurs de cirque de rue en devenant footballeurs, basketteurs, masseurs, boxeurs, jongleurs, musiciens...Peintres aussi. Les plus doués manient le pinceau avec leur trompe, guidés par leur cornac.

Eléphant d'Asie - Copyright Arnaud FIOCRET
En cours de prise de vues, la vessie de l'éléphant d'Asie aperçu au zoo d'Amiens, s'est brutalement vidée, me laissant juge du volume impressionnant de celle-ci. On pouvait apercevoir d'autres comportements intéressants chez cet animal telle que sa façon toute personnelle de se badigeonner le corps de sable avec sa trompe et de danser d'une façon très suspecte (maladie de Parkinston de l'éléphant ???).

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