L'observation par digiscopie : Sagesse par l'humble choix

J'ai brièvement parlé de la digiscopie lors de mon article précédent mais qu'est-ce donc cette technique d'imagerie finalement ? La digiscopie consiste dans 90% du temps à utiliser un  compact dont on rapproche très fortement l'objectif de la pupille de sortie de l'oculaire pour récupérer l'image sur le capteur. Déjà pratiqué en astronomie, domaine dans lequel elle porte le nom de "montage afocal" en 2003-2004, il s'agit d'une technique fiable.
Aujourd'hui, ma longue-vue d'ornithologie m'impose une évolution de mon regard et de ma façon de pratiquer la photographie puisque je l'ai avant tout achetée pour l'observation de l'avifaune et sporadiquement/optionnellement pour l'image ; dans ce sens, le retour à ce vieil amour n'est pas désagréable. La photographie occupe réellement le rôle de second plan dans ce nouvel investissement car je ne m'attends pas à produire des miracles. L'utilisation de cette longue-vue, j'ose la projeter au mieux à 25% de photo contre 75% de visuel car il convient de bien différencier la digiscopie, technique d'observateur qui aime prendre une photo tout juste lorsque l'occasion se présente (sans forcément être à la recherche obligatoirement de l'obtention d'une image), de la technique orientée directement vers la photographie de la reflexoscopie que j'ai pratiqué par le passé en 2005 avec ma lunette 80 ED d'astronomie.

Je fais le choix personnel aujourd'hui de m'orienter vers une destination modeste : la digiscopie, car je n'attend pas de ma longue-vue d'être un téléobjectif photographique irréprochable à plein temps (surtout en l'absence de lentille(s) ED dans sa composition mais toutefois des traitements multicouches, multisurfaces) mais un outil léger de randonneur, de simple ornitho amateur du Dimanche sans prétention, de témoin silencieux m'accompagnant presque partout afin de m'émerveiller simplement par sa permission de pouvoir approcher des sujets de la nature forts difficiles grâce des facteurs d'agrandissements importants. J'ignore encore par contre de quelle manière je vais pratiquer la digiscopie (je suis partagé) : mon reflex numérique en utilisant la bague T2 fournie avec la longue-vue pour permettre la récupération de l'image sur le capteur du reflex par projection oculaire ou bien utiliser mon excellent compact expert NIKON P7100 par l'emploi d'un support universel très largement commercialisé dans les plus grandes enseignes de l'optique ??? Ma préférence va immédiatement à la seconde solution mais qui sait ? Dans les deux cas, si la technique diverge quelque-peu entre avantages et inconvénients, je ne m'attend pas à des miracles car finalement par la digiscopie, je n'entrevois pas de collecter des images mémorables mais de recueillir de simples souvenirs d'observations pour les partager. Ainsi, est-il déjà certain que mon portfolio consacré au NIKON P7100 se dotera à l'avenir d'une nouvelle galerie timidement et très simplement appelée "observations".

Du haut de mes 30 ans, je ne suis pourtant pas vieux mais j'avoue me sentir essoufflé et n'avoir jamais eu autant de mal à avancer dans le développement de mes images et dans la tenue de mes projets. Je suis noyé par les projets multiples qu'insuffle cette existence si passionnante. Après tout ce que j'ai pu déjà faire de ma courte existence de grand curieux et cela notamment au plus haut niveau en astronomie et photographie, à la vue des sommes parfois colossales s'élevant à plusieurs milliers d'euros englouties sans scrupules par le passé dans du matériel pas forcément utilisé à temps plein, sans parler de tout ce qui peut me passionner aux alentours, il existe bien un moment où on finit par plafonner par sagesse car le porte-monnaie ne fait pas tout. Faire le maximum avec le minimum est un bon motif. En conséquence, je ne souhaitais pas investir dans une longue-vue haut de gamme, même si j'en ai les moyens car la sagesse fut la plus forte et surtout parce-que je ne me sais pas suffisamment investi en ornithologie pour qu'un tel investissement puisse se justifier, même à long terme. Cela étant, à 500 € la longue-vue achromatique totalement étanche de 80mm d'ouverture, je me considère malgré tout comme un privilégié car peu de personnes peuvent se permettre de mettre si coquette somme dans un outil optique dont la qualité certifiée de construction puisse se tenir pour une vie et cela même, si un puriste ne faisant que cela puisse bien-sûr toujours justifier l'achat d'une longue-vue apochromatique, trois fois plus chère. Pourvu que ma curiosité mais également ma patience sur le terrain soient récompensées par de belles rencontres avec la nature, je n'en attends pas plus de cette longue-vue dont la qualité technico-visuelle n'est pas à bouder car elle s'avère à mon sens très compétitive pour de l'achromatique...

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