7 juillet 2013 - De l'optique : Rapports de distances et mon évaluation finale de la longue-vue Fréhel 20-60x80

Mon exploration du Pays de Bray, le 7 juillet 2013 aura été l'occasion d'évaluer la longue-vue achromatique Fréhel 20-60x80 en paysage sur cibles éloignées par temps craquant de soleil, au point que ce jour-ci, j'étais revenu très marqué par un très violent coup de soleil. 
Les bras soufrèrent le plus, le cou et visage plus moyennement. Après une météorologie très capricieuse depuis des mois avec une forte tendance au froid, à la pluie, au vent, il ne me paru pas surprenant que je me fasse piéger si bêtement. 

Il apparaît évident que notre atmosphère terrestre ne nous protège plus de certains rayonnements dont nous étions protégés jadis. Dès que le soleil perce, les UV sont beaucoup plus intenses, beaucoup plus dangereux. Les UVa, rayonnement conduisant naturellement au bronzage sont dès lors accompagnés des UVb, nocifs et extrêmement pénétrants dans les tissus. Que notre couche d'ozone soit percée n'est pas un mythe mais une triste vérité et les dérèglements du climat ne sont pas en reste ; observer, photographier, filmer en plein territoire du Pays de Bray, au milieu des champs de blé et ceci pendant de longues heures n'étaient alors pas sans risque car les possibilités de protection, outre l'anticipation de la crème solaire ou des manches longues, sont quasi-nulles et l'exposition aux rayonnements, totale. Même à travers les vitres de ma voiture, le bombardement des UV fut continuel et mes bras en auront donc payé la plus lourde addition.

Aux abords d'une route de campagne que j'ai de nombreuses fois emprunté depuis ma prise de position en Pays de Bray en 2009, j'ai déployé ce dimanche après-midi mon artillerie d'observateur, à savoir longue-vue et trépied pour les diriger vers une cible éloignée : Des vaches en train de brouter l'herbe d'un champ situées à plusieurs centaines de mètres de mon point d'observation. Dépourvu de télémètre optique, la distance assez précise de mes cibles a été déterminée ultérieurement se trouvant dans une fourchette comprise entre 250 et 300 mètres grâce à la fonction extrêmement fiable de métrage de Google Earth.


A cette distance, au grossissement minimum de 20x, les vaches semblent brutalement si proches. Quand on parle grossissement optique, on oublie souvent de dire que la règle de calcul est ultra-simple : Il suffit de diviser la distance réelle de l'objet depuis le point d'observation par la valeur de grossissement de la longue-vue. On en déduit immédiatement que les vaches situées réellement à une distance moyenne de 275 mètres sont perçues à 20x comme si nous étions situés virtuellement à moins de 15 mètres de la cible ! Pour me permettre d'évaluer toutes ces correspondances de grossissements, de focales et de distances en fonction de mes différents équipements, j'en suis venu à construire un tableur Excel.

Tableur de rapports optiques - Copyright Arnaud FIOCRET
Ce tableur permet de voir d'un seul coup d'oeil, ces différents rapports mathématiques sur des distances réelles à l'oeil nu comprises entre 10 et 1500 mètres en fonction des grossissements couverts par ma paire de jumelles 8x ou bien ma longue-vue zoom de 20x à 60x. Dans le plus extrême des scénarios, on notera par exemple qu'un oiseau situé à 30 mètres de nous sera perçu à 60x comme s'il serait situé à seulement 50 cm de nous. Après des tests très appliqués, notamment sur le troupeau de vaches comme cible situé à presque 300 mètres, à des grossissements variés situés sur la plage ZOOM de la longue-vue, j'ai pu constater que les images sont superbes à 20x et que la qualité des images se détériore très nettement au delà de 35x. La qualité du ZOOM de la longue-vue achromatique Fréhel 20-60x80 est moyenne et la résolution est sans nul doute limitée par le simple achromatisme de cet instrument, dénué de correction optimale de l'aberration chromatique comme sur les modèles apochromatiques dotés d'au moins une lentille ED dans la constitution de leur objectif. 20x se révèle dès lors un grossissement déjà très puissant pouvant répondre à toutes les situations correspondant à un téléobjectif de 1000 mm de focale, on constatera le grossissement fixe de 30x comme régulièrement retenu par la plupart des observateurs sur leur longue-vue haut de gamme. Quand on constate l'action d'un grossissement de 20x sur les distances et les difficultés rencontrées pour localiser parfois un oiseau, il devient évident que les grossissements supérieurs à 35x ont été configurés pour des cibles situées très loin ou bien extrémement petites. Or, bien souvent, on commence bien souvent à utiliser une paire de jumelles ou une longue-vue lorsque la cible est à vue...C'est à dire relativement proche pour un animal de petite taille.

En somme, je pense sincèrement que Fréhel aurait gagné en qualitatif sur sa longue-vue s'il ne s'était pas laissé emporté par la foudre du marketing en proposant une gamme de grossissements si large avec un oculaire ZOOM si moyen. Fréhel aurait eu tout à gagner à resserrer intelligemment ses facteurs de grossissements autour d'une gamme plus étroite telle que 15-30x ou bien même à oser proposer un grossissement fixe de 20x avec lequel l'objectif achromatique de ce produit donne le meilleur de lui-même. Au delà de 35x, le chromatisme prend le dessus, la résolution baisse et le champ de l'oculaire devient un trou de serrure au point que l'oeilleton rétractable ne présente plus aucun utilité pour le porteur de lunettes ! Dans des cas bien particulier, le grossissement de 60x permettra de dépanner en s'approchant de sujets réellement délicats comme une grenouille (expérience vécue bien-sûr) mais il ne faudra pas s'attendre à une image de qualité. On peut remercier néanmoins Fréhel d'avoir pensé à la double mise au point dont une, de type micrométrique, car pour le coup lorsque le grossissement devient important, elle se révèle indispensable pour atteindre le point de netteté.

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