30 juin 2013 : Première lumière de ma longue-vue d'ornithologie au bois de Morval



Ce dimanche 30 juin 2013, le lendemain d'une exploration d'un lac situé à l'Isle-Adam depuis le rivage de ce dernier j'ai pu notamment apercevoir en compagnie de ma compagne une mouette rieuse à son plein centre à la paire de jumelles 8x42 mais également des sujets plus communs telles que des Bernaches du Canada, je m'étais levé tôt pour me rendre de nouveau à l'heure d'ouverture (10h) du magasin Nature & Découvertes pour discuter de l'achat du second instrument tant attendu pour parfaire ma panoplie de passionné : Une longue-vue d'ornithologie. Déjà largement reconnu pour mes quelques images réalisées en reflexoscopie en 2005 en montant mon premier reflex NIKON D70 à l'arrière d'une remarquable lunette 80ED construite initialement pour l'astronomie, j'avais laissé le domaine de la photographie animale un peu en jachère depuis toutes ces années, me consacrant alors bien largement à la photographie d'illustration comme vous le savez si bien (ou bien, comme vous avez pu le découvrir en parcourant soigneusement mon site internet) et cela jusqu'aux moindres méandres du Pays de Bray, embrassant au passage un intérêt certain pour les bovins.

Bien que je sois particulièrement outillé en optiques diverses, je me suis toujours efforcé avec un certain soin de choisir les outils optimaux pour chacune de mes activités. En ce qui concerne l'observation et la photographie de nature, bien qu'une lunette 80ED présente une qualité optique supérieure indéniable pour saisir les moindres petits détails d'un oiseau ou autre sujet sauvage, il convient de se rendre compte à long terme qu'il ne s'agit pas d'une optique vouée à être transportée aisément, pas plus que de devoir subir les aléas du randonneur pouvant survenir lors de toute excursion en pleine nature (pluie, chute dans l'eau, chute légère...) mais également présentant certaines limitations pour respecter totalement la nature. L'étanchéité parfaite d'une longue-vue d'ornithologie et cela même jusqu'à une certaine profondeur d'immersion est l'un des critères clés du choix d'un tel instrument. L'étanchéité est obtenue en construisant un système optique dont aucune pièce n'est démontable ni interchangeable en employant un oculaire zoom avec une plage de grossissements figée (couramment 15-45x ou 20-60x selon les modèles) sur lequel l'humidité, la buée et les poussières n'ont pas d'emprise grâce à des joints toriques traités à l'azote comme ma paire de jumelles 8x42, contrairement à la lunette 80ED dont on peut choisir à loisir les oculaires à focale fixe que l'on souhaite monter dessus mais dont la vulnérabilité aux agressions extérieures est totale. La polyvalence de la 80ED se retourne directement contre-elle lorsqu'il s'agit de faire de la photographie ou de l'observation en milieu sauvage. Enfin, la reflexoscopie présente des limites en photographie de nature car le grossissement obtenu avec la 80ED + un reflex est d'environ 12x (600mm), ce qui impose au photographe de s'approcher fortement de sa cible au risque de la déranger ; tandis que l'emploi d'une longue-vue d'ornithologie + compact (digiscopie) permet d'atteindre des agrandissements bien plus importants (jusqu'à 60x) favorables au respect des animaux observés et à la surveillance de cibles particulièrement craintives.

Ce que je trouve de particulièrement avantageux à la longue-vue du naturaliste, c'est également sa légèreté et sa compactibilité, au point que je puisse la loger dans le plus ordinaire de mes sacs à dos et sitôt le sac sur le dos, je ne ressens pas la moindre gêne...Comme si mon sac à dos était finalement vide ! Cela surprend la première fois puisque je suis habitué plutôt à du lourd ! Pour me déplacer aisément, je me suis doté d'un trépied léger se portant en bandoulière et cela suffit largement (juste un mot : génial !). Avec la 80ED, la gêne est le poids du tube mais aussi l'énorme bras de levier engendré par sa longueur lorsqu'elle est montée sur un pied : Résultat, il faut aussi s'embarrasser avec la 80ED d'un pied très lourd trop peu transportable alors incompatible aux très longues marches. Dans ce domaine, la longue-vue s'impose donc pleinement comme bien plus maniable, conviviale et puissante. Bref, vous l'auriez compris, je n'achète jamais par hasard du nouvel outillage quand je souhaite pratiquer une passion à fond car il vaut mieux s'entourer du matériel le mieux construit pour cela.

Pertinemment, je sais que cette longue-vue présentera une qualité optique en deçà de ma 80ED d'astronomie car une longue-vue terrestre ED, cela se paie à la caisse et je n'avais pas envie de mettre beaucoup de mon argent dans l'achat de celle-ci. Je me suis limité à une composition optique plus ordinaire. Une longue-vue ED coûte au bas mot 900 € et dans l'investissement de la mienne, j'ai consenti d'en lâcher 500 car il s'agit bien souvent d'un investissement pour très longtemps et il ne fallait pas le bâcler non plus sous prétexte que j'étais frileux de monter trop dans les prix. Par conséquent, je souhaitais au moins 80mm d'ouverture, ce qui semble le minimum pour obtenir un outil lumineux pour un grossissement mini de 20x. Comme pour ma paire de jumelles 8x42, la marque Fréhel réussit le pari de proposer une longue-vue de construction ordinaire et pourtant très efficace.

L'après-midi de ce dimanche fut consacré à l'exploration du bois de Morval, réputé pour sa mare et son dolmen afin de tester la nouvelle artillerie. Les photos illustrant cet article ont toutes été réalisées à partir de l'appareil photo de mon téléphone et leur traitement cosmétique, à partir de ma tablette communicante Android sur laquelle j'ai installé d'excellents logiciels gratuits mobiles.

Allée couverte et Dolmen - Guiry-en-Vexin
Plaquette officielle du Dolmen - Guiry-en-Vexin
Le dolmen se limitait à une simple curiosité puisque le but principal depuis le début était la mare autour de laquelle j'espérais tester les performances de ma nouvelle acquisition. C'est en redescendant dans le bois que je localisa enfin la très large étendue d'eau de laquelle on pouvait entendre les croassements continuels de grenouilles. Bien souvent, on les entends bien plus qu'on ne les voient. Je me mis en tâche de les dénicher à partir tout d'abord de mes 8x42. Il me fallut huit bonnes minutes de recherches avant d'en apercevoir une au milieu des herbes débouchant dans la mare et je fus bien surpris de découvrir un animal si petit, si peu discernable à 8x. Pour en avoir le coeur net, la longue-vue fraîchement acquise portera le coup de grâce avec ses 60x, en me dévoilant finalement deux belles grenouilles dans le même champ très étroit avec leurs bulles et leurs yeux exorbités. Pour une première sortie, il s'agit d'une bien belle petite première victoire ! Soixante fois...Un tel grossissement me paraissait totalement sur-dimensionné pour du terrestre lorsque je l'ai achetée et pourtant, en l'espace d'un après-midi, ma vision changea fortement lorsque je fus bien heureux très justement qu'elle grossisse autant car il fallait au moins cela pour profiter pleinement du spectacle des grenouilles. 
Résoudre certaines énigmes de la nature semble demander finalement des performances en agrandissement presque semblables à celles envisagées en astronomie puisqu'au même grossissement, la Lune occupe tout le champ de l'oculaire avec résolution parfaite des cratères ! Fou !!

La longue-vue d'ornithologie Fréhel 20-60x80 au bord de la mare - 30 juin 2013
Le fond de la mare laissait transparaître une large activité. Des poissons cohabitent ainsi avec une faune assez large. Néanmoins, l'absence d'oiseaux fut le seul manque de la ballade... A retenir pour revenir. Le passage à l'acte photographique représente la future étape obligée. Après la reflexoscopie, me voici prêt à rentrer dans l'ère de la digiscopie, bien plus respectueuse de la nature, bien plus facile à mettre en oeuvre par la légéreté du compact, bien plus orientée observation et finalement, bien plus puissante...

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