17 juillet 2013 : Test de la longue-vue FREHEL 20-60x80 sur la lune

Le 17 juillet 2013, profitant d'un ciel du soir parfaitement dégagé après quelques jours d'un voile, une lune gibbeuse croissante se présenta sous ses meilleurs hospices pour un test optique de la longue-vue FREHEL 20-60x80 sur notre satellite naturel. En qualité d'astronome amateur averti, le test optique sur la Lune fait parti de ceux, incontournables, que je fais subir à chaque nouvelle optique dès que l'occasion se présente.

Nature & Découvertes vante les capacités polyvalentes de cette longue-vue terrestre, à la fois concernant son potentiel en observation de la nature mais aussi en observation astronomique. Or, mes tests en Pays de Bray avaient montré qu'au delà de 35x, la longue-vue tenait difficilement la qualité en observation terrestre. Sur la lune, comment cette optique se comporte t-elle ? Par expérience, je sais qu'il existe toujours une corrélation très forte de rendement entre l'utilisation diurne et nocturne d'un instrument car une optique est très bonne, bonne, moyenne ou mauvaise mais ne peut en aucun cas muter fortement d'une condition d'observation à une autre. Par contre, j'ai toutefois déjà constaté que la lune pouvait laisser découvrir de nouvelles qualités ou défauts d'un instrument. J'étais plutôt content de cette phase lunaire car mon cratère Copernic, mon préféré, était illuminé sur le terminateur ; ce cirque de 90 km de diamètre présente un merveilleux ensemble de détails permettant le test d'une optique ou de tout moyen photographique. Je tiens pour mémoire et référence, l'observation de cette formation lunaire à maintes reprises dans mon Célestron 8 et ma lunette SKYWATCHER 80ED. L'observation de la lune dans une longue-vue terrestre de la facture de la FREHEL (c'est à dire, simplement achromatique) peut réserver notamment la surprise d'être plus sombre et cela se confirme dès le premier coup d'oeil ; ceci est dû à la traversée de la lumière lunaire au travers du jeu de prismes redresseurs de facture moyenne équipant la FREHEL que nous n'utilisons jamais sur une lunette astronomique car en astronomie, l'orientation du sujet n'a pour la plupart du temps aucune importance. 

En critère de grossissement, j'ai l'habitude d'observer la lune dans son ensemble au Célestron 8 à 50x ; les 60x maximum de la longue-vue laissent donc imaginer que la Lune présentera un diamètre très confortable compatible avec une parfaite résolution de sa typologie générale contrastant entre cratères et mers. Si l'image de la lune est charmante à 60x pour un observateur novice n'ayant pas d'éléments de référence (elle occupe tout le champ de l'oculaire !), la résolution de l'image atteinte est malheureusement bien en deçà d'une 80ED et il faut faire chuter le grossissement à 40x pour que la longue-vue délivre une image lunaire au piqué de nature astronomique. A ce grossissement, la lune située à environ 400 000 km de la terre est alors perçue de la même manière que si nous n'étions plus qu'à 10 000 km de notre futur alunissage. A 20x, biensûr, la longue-vue délivre son maximum de potentiel et la lune est superbe.

Conclusion : Dans sa globalité, la longue-vue FREHEL 20-60x80 autorise des observations très intéressantes de notre satellite naturel dans sa globalité pour novices, débutants, curieux du ciel car son usage en astronomie itinérante est envisageable. Pour m'émerveiller de temps en temps sur une phase lunaire au cours d'un voyage, elle constitue un instrument réellement polyvalent, léger, transportable, à condition de ne pas trop en exiger et surtout de ne pas en attendre toutefois des performances astronomiques de haut niveau. J'ose imaginer que pour l'observation de l'activité de la photosphère solaire (tâches et facules) ou celle d'une éclipse (à condition d'utiliser un filtre solaire 1/100 000ème homologué tel que l'astrosolar !), cette longue-vue peut s'avérer un excellent compagnon dans votre bagage cabine pouvant vous suivre à travers le monde. A plus forte raison en astronomie, pensez à limiter la longue-vue FREHEL au visuel ; Pour la photo lunaire ou solaire, optez sans hésitation pour une solution plus performante...

7 juillet 2013 - De l'optique : Rapports de distances et mon évaluation finale de la longue-vue Fréhel 20-60x80

Mon exploration du Pays de Bray, le 7 juillet 2013 aura été l'occasion d'évaluer la longue-vue achromatique Fréhel 20-60x80 en paysage sur cibles éloignées par temps craquant de soleil, au point que ce jour-ci, j'étais revenu très marqué par un très violent coup de soleil. 
Les bras soufrèrent le plus, le cou et visage plus moyennement. Après une météorologie très capricieuse depuis des mois avec une forte tendance au froid, à la pluie, au vent, il ne me paru pas surprenant que je me fasse piéger si bêtement. 

Il apparaît évident que notre atmosphère terrestre ne nous protège plus de certains rayonnements dont nous étions protégés jadis. Dès que le soleil perce, les UV sont beaucoup plus intenses, beaucoup plus dangereux. Les UVa, rayonnement conduisant naturellement au bronzage sont dès lors accompagnés des UVb, nocifs et extrêmement pénétrants dans les tissus. Que notre couche d'ozone soit percée n'est pas un mythe mais une triste vérité et les dérèglements du climat ne sont pas en reste ; observer, photographier, filmer en plein territoire du Pays de Bray, au milieu des champs de blé et ceci pendant de longues heures n'étaient alors pas sans risque car les possibilités de protection, outre l'anticipation de la crème solaire ou des manches longues, sont quasi-nulles et l'exposition aux rayonnements, totale. Même à travers les vitres de ma voiture, le bombardement des UV fut continuel et mes bras en auront donc payé la plus lourde addition.

Aux abords d'une route de campagne que j'ai de nombreuses fois emprunté depuis ma prise de position en Pays de Bray en 2009, j'ai déployé ce dimanche après-midi mon artillerie d'observateur, à savoir longue-vue et trépied pour les diriger vers une cible éloignée : Des vaches en train de brouter l'herbe d'un champ situées à plusieurs centaines de mètres de mon point d'observation. Dépourvu de télémètre optique, la distance assez précise de mes cibles a été déterminée ultérieurement se trouvant dans une fourchette comprise entre 250 et 300 mètres grâce à la fonction extrêmement fiable de métrage de Google Earth.


A cette distance, au grossissement minimum de 20x, les vaches semblent brutalement si proches. Quand on parle grossissement optique, on oublie souvent de dire que la règle de calcul est ultra-simple : Il suffit de diviser la distance réelle de l'objet depuis le point d'observation par la valeur de grossissement de la longue-vue. On en déduit immédiatement que les vaches situées réellement à une distance moyenne de 275 mètres sont perçues à 20x comme si nous étions situés virtuellement à moins de 15 mètres de la cible ! Pour me permettre d'évaluer toutes ces correspondances de grossissements, de focales et de distances en fonction de mes différents équipements, j'en suis venu à construire un tableur Excel.

Tableur de rapports optiques - Copyright Arnaud FIOCRET
Ce tableur permet de voir d'un seul coup d'oeil, ces différents rapports mathématiques sur des distances réelles à l'oeil nu comprises entre 10 et 1500 mètres en fonction des grossissements couverts par ma paire de jumelles 8x ou bien ma longue-vue zoom de 20x à 60x. Dans le plus extrême des scénarios, on notera par exemple qu'un oiseau situé à 30 mètres de nous sera perçu à 60x comme s'il serait situé à seulement 50 cm de nous. Après des tests très appliqués, notamment sur le troupeau de vaches comme cible situé à presque 300 mètres, à des grossissements variés situés sur la plage ZOOM de la longue-vue, j'ai pu constater que les images sont superbes à 20x et que la qualité des images se détériore très nettement au delà de 35x. La qualité du ZOOM de la longue-vue achromatique Fréhel 20-60x80 est moyenne et la résolution est sans nul doute limitée par le simple achromatisme de cet instrument, dénué de correction optimale de l'aberration chromatique comme sur les modèles apochromatiques dotés d'au moins une lentille ED dans la constitution de leur objectif. 20x se révèle dès lors un grossissement déjà très puissant pouvant répondre à toutes les situations correspondant à un téléobjectif de 1000 mm de focale, on constatera le grossissement fixe de 30x comme régulièrement retenu par la plupart des observateurs sur leur longue-vue haut de gamme. Quand on constate l'action d'un grossissement de 20x sur les distances et les difficultés rencontrées pour localiser parfois un oiseau, il devient évident que les grossissements supérieurs à 35x ont été configurés pour des cibles situées très loin ou bien extrémement petites. Or, bien souvent, on commence bien souvent à utiliser une paire de jumelles ou une longue-vue lorsque la cible est à vue...C'est à dire relativement proche pour un animal de petite taille.

En somme, je pense sincèrement que Fréhel aurait gagné en qualitatif sur sa longue-vue s'il ne s'était pas laissé emporté par la foudre du marketing en proposant une gamme de grossissements si large avec un oculaire ZOOM si moyen. Fréhel aurait eu tout à gagner à resserrer intelligemment ses facteurs de grossissements autour d'une gamme plus étroite telle que 15-30x ou bien même à oser proposer un grossissement fixe de 20x avec lequel l'objectif achromatique de ce produit donne le meilleur de lui-même. Au delà de 35x, le chromatisme prend le dessus, la résolution baisse et le champ de l'oculaire devient un trou de serrure au point que l'oeilleton rétractable ne présente plus aucun utilité pour le porteur de lunettes ! Dans des cas bien particulier, le grossissement de 60x permettra de dépanner en s'approchant de sujets réellement délicats comme une grenouille (expérience vécue bien-sûr) mais il ne faudra pas s'attendre à une image de qualité. On peut remercier néanmoins Fréhel d'avoir pensé à la double mise au point dont une, de type micrométrique, car pour le coup lorsque le grossissement devient important, elle se révèle indispensable pour atteindre le point de netteté.

7 juillet 2013 - Pays de Bray : Photo, vidéo et observation

Le 7 juillet 2013, parti à 8h30 et revenu à 19h, j'ai sillonné le Pays de Bray Picard. Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas attardé en ce territoire si cher à mon coeur. Ce fut l'occasion de suivre un très long circuit à travers ma campagne préférée pour observer, photographier et même filmer au détour des routes empruntées. 

Cette année, la sortie des bovins fut particulièrement tardive (timidement en avril et le plus gros des troupeaux en mai) avec la météo et ce fut avec beaucoup d'émotion et sans toutefois de réelle surprise en ce mois de juillet, presque cinq mois après mon précédent passage dans la zone que j'ai pu retrouver mes animaux favoris broutant dans les champs. J'ai passé ma première partie de journée le long de l'étendue d'eau du Moulin de la Forge (proximité de la commune LE VAUMAIN) car il y a trois ans de cela, en 2010, j'y avais aperçu un héron cendré et je pensais pouvoir y tester ma longue-vue FREHEL 20-60x80mm. Peine perdue, la récolte sera pauvre mais j'ai tout de même eu ma petite consolation en jouant à cache-cache avec un lièvre, apparemment très joueur, entre les bottes de paille, avec pour instrument de contemplation ma paire de jumelles FREHEL 8x43 se révélant toujours plus excellente et indispensable, de sorties en sorties. Expérience oblige, je suis parvenu à répartir l'essentiel de mon matériel de reportage intelligemment dans un sac à dos bien plus petit, bien plus pratique et bien plus léger, laissant le reste à la maison quand celui-ci ne se révèle pas à-priori obligatoirement très utile. 
Ainsi, sur mon dos, avec un poids parfaitement maîtrisé, il m'est possible dorénavant d'emporter :
  • Mon reflex NIKON D7000 avec un objectif pré-monté
  • Un second objectif pour le reflex
  • Mon compact NIKON Coolpix P7100
  • Un jeu de filtres (polarisant + UV)
  • Mon camescope SONY HDV
  • Le kit de nettoyage pour mes optiques
  • Tous mes jeux de batteries pour alimenter les 3 appareils
  • Télécommande sans fil pour les appareils NIKON
  • Un jeu de cassettes pour le camescope
  • Mon nouveau trépied de randonnée polyvalent à niveaux à bulle acheté avec la longue-vue amarré bien confortablement à l'arrière du sac

Il y a deux mois, lors de mon très court séjour à Tours suivi de mon passage au zoo de Beauval, j'avais commencé à expérimenter cette nouvelle organisation et celle-ci s'est alors encore améliorée à l'usure de la pratique. Le nouveau progrès est indéniablement mon nouveau trépied à niveaux à bulle venant remplacer une solution fonctionnelle avec mon compact mais beaucoup moins polyvalente qui consistait à utiliser un Gorillapod. Moins tourné vers une photographie exclusive comme ce fut le cas jusqu'en 2011, j'ai naturellement cherché à diversifier mes possibilités créatives, notamment par mon investissement dans une autre activité annexe : La vidéo. Cette évolution était dans l'air du temps depuis 2008 et il m'aura fallu quelques années avant de me décider enfin à abandonner un peu de mon perfectionnisme en photo pour m'installer un peu derrière la caméra. En fait, je me suis rendu compte qu'en 2008, je n'étais pas mûr en photo donc comment aurais-je pu l'être pour la vidéo ? Curieusement, ce que j'ai appris en photo me sert aujourd'hui à faire la différence en vidéo puisqu'il s'agit pour les deux activités de maîtriser mise en scène et cadrage. Pour l'épanouissement de cette seconde activité, il s'est révélé indispensable de réorganiser ma façon de procéder en emportant désormais tout juste ce dont j'ai besoin pour survenir à l'accomplissement de mes buts. Cette décision allège mon dos et me permet d'en accomplir paradoxalement beaucoup plus ! Pour l'instant, pour emporter ma paire de jumelles et ma longue-vue, je n'ai pas trouvé mieux que d'utiliser un second sac à dos installé sur un petit chariot afin de pouvoir trainer sans trop de fatigue tout ce matériel d'observation derrière moi pendant une randonnée, à défaut d'avoir trouvé la solution idéale (un plus gros sac pour réunir tout le matériel sur mon dos ou toute autre solution moins encombrante dans tous les cas).

Cette année, la sortie des bovins fut tardive avec la météo et ce fut avec beaucoup d'émotion et sans toutefois de réelle surprise en ce mois de juillet, presque cinq mois après mon précédent passage que j'ai pu enfin retrouvé mes amis "beugleurs". Quelques photos de vaches charolaises ainsi que presque 10 min de séquences en présence d'un beau couple (taureau + vache charolais) et leur jeune veau, voici venue l'une des récoltes les plus intéressantes de la journée. J'ignore si les habitants du Pays de Bray semblent se reconvertir progressivement dans les chevaux plutôt que de poursuivre l'élevage de bovins mais en un seul après-midi, jamais il ne m'étais encore venu l'occasion d'observer autant d'ânes, de mulets et de chevaux sur une surface aussi étroite !

5 juillet 2013 - La question est tranchée : Digiscopie par reflex avec la longue-vue Fréhel 20-60X80mm

Depuis le 5 juillet 2013, j'ai pu trancher définitivement la question de la digiscopie par compact ou par reflex, en me rendant au fameux magasin parisien "La maison de l'Astronomie"  dans lequel j'ai investi dans un support pour digiscopie avec compact. Le support universel particulièrement robuste est conçu par une marque de qualité de laquelle je possède un certain nombre de produits pour l'astronomie (bagues allonge, l'excellente lentille de barlow construite en partenariat avec CARL-ZEISS, crémaillère de mise au point se montant derrière mon Célestron 8,...etc). Fidèle à la réputation de la marque, pas de surprise avec ce support pour installer mon NIKON COOLPIX P7100 à l'arrière de ma longue-vue Fréhel 20-60x80mm. Cependant, la déception et échec du montage vient précisément du très important vignetage engendré par l'oculaire zoom de la longue-vue. Ce vignettage, malgré toutes les expériences possibles (zoomer dans le cercle image ou/et coller l'objectif du compact contre l’œilleton de l'oculaire) demeure rédhibitoire au succès d'une digiscopie avec compact. Cet échec découle directement de la conception et composition optique de la longue-vue - nullement du compact et encore moins du Baader Adaptateur universel Microstage II tout simplement irréprochable.

En ce sens, je comprend mieux l'initiative prise par Fréhel d'équiper d'office ces longues-vues d'un adaptateur photo T1 s'emmanchant parfaitement sur l'oculaire zoom de celle-ci, permettant l'utilisation d'un reflex pour pratiquer la digiscopie par projection oculaire. En effectuant le test avec mon vieux NIKON D90, j'ai pu constater le parfait fonctionnement de cette solution dans le sens où le boitier reflex, dénué d'objectif, récupère directement l'image en sortie d'oculaire ce qui n'induit alors aucun vignetage, même pas un assombrissement sur les bords. A ma grande surprise, le poids nettement supérieur d'un reflex ne déstabilise pas pour autant l'ensemble boitier + appareil. Néanmoins, la qualité de prise de vue d'un reflex présente l'effet pervers de révéler les défauts intrinsèques de l'optique seulement achromatique de la longue-vue avec des riselets prononcés et une perte de définition bien visible dans les images produites. Il fallait s'y attendre et c'est bien pour cela pourquoi j'indiquais à très juste titre dans mon billet précédent que je ne m'attendais point à des miracles photographiques de la part de cette longue-vue, celle-ci offrant déjà des prestations intéressantes par tous temps pour l'observation telle que l'étanchéité extérieure, l'anti-embuage ou bien une très bonne transportabilité sur le terrain (compacte, légère mais malgré tout, puissante).

Boitier NIKON D90 + Longue-vue FREHEL 20-60x80mm (Focale de l'oculaire ZOOM réglée sur 20x)
On doit l'aspect fort flatteur de cette image de test, au fort traitement d'accentuation appliqué à celle-ci et à mon petit talent en traitement d'image mais ne croyez pas une seule seconde obtenir de bons clichés avec cette longue-vue car très rapidement le chromatisme, des reflets parasites et l'imprécision de la mise au point manuelle au foyer limitent grandement les espoirs. La longue-vue FREHEL est un bon instrument d'observation mais certainement pas un outil de prises de vues. Pour la photographie de l'avifaune, la reflexoscopie au foyer d'une 80ED est toute indiquée car la focale résultante du format DX obtenue équivaut parfaitement au cadrage obtenu avec la longue-vue FREHEL réglée sur son grossissement minimal soit 20x.
Conclusion, dans des proportions d'usage très limitées, cette longue-vue sera utilisée photographiquement par la technique de la digiscopie par reflex, la seule à être fonctionnelle. Oubliée par voie de conséquence, la future galerie initialement prévue pour le NIKON COOLPIX P7100...

L'observation par digiscopie : Sagesse par l'humble choix

J'ai brièvement parlé de la digiscopie lors de mon article précédent mais qu'est-ce donc cette technique d'imagerie finalement ? La digiscopie consiste dans 90% du temps à utiliser un  compact dont on rapproche très fortement l'objectif de la pupille de sortie de l'oculaire pour récupérer l'image sur le capteur. Déjà pratiqué en astronomie, domaine dans lequel elle porte le nom de "montage afocal" en 2003-2004, il s'agit d'une technique fiable.
Aujourd'hui, ma longue-vue d'ornithologie m'impose une évolution de mon regard et de ma façon de pratiquer la photographie puisque je l'ai avant tout achetée pour l'observation de l'avifaune et sporadiquement/optionnellement pour l'image ; dans ce sens, le retour à ce vieil amour n'est pas désagréable. La photographie occupe réellement le rôle de second plan dans ce nouvel investissement car je ne m'attends pas à produire des miracles. L'utilisation de cette longue-vue, j'ose la projeter au mieux à 25% de photo contre 75% de visuel car il convient de bien différencier la digiscopie, technique d'observateur qui aime prendre une photo tout juste lorsque l'occasion se présente (sans forcément être à la recherche obligatoirement de l'obtention d'une image), de la technique orientée directement vers la photographie de la reflexoscopie que j'ai pratiqué par le passé en 2005 avec ma lunette 80 ED d'astronomie.

Je fais le choix personnel aujourd'hui de m'orienter vers une destination modeste : la digiscopie, car je n'attend pas de ma longue-vue d'être un téléobjectif photographique irréprochable à plein temps (surtout en l'absence de lentille(s) ED dans sa composition mais toutefois des traitements multicouches, multisurfaces) mais un outil léger de randonneur, de simple ornitho amateur du Dimanche sans prétention, de témoin silencieux m'accompagnant presque partout afin de m'émerveiller simplement par sa permission de pouvoir approcher des sujets de la nature forts difficiles grâce des facteurs d'agrandissements importants. J'ignore encore par contre de quelle manière je vais pratiquer la digiscopie (je suis partagé) : mon reflex numérique en utilisant la bague T2 fournie avec la longue-vue pour permettre la récupération de l'image sur le capteur du reflex par projection oculaire ou bien utiliser mon excellent compact expert NIKON P7100 par l'emploi d'un support universel très largement commercialisé dans les plus grandes enseignes de l'optique ??? Ma préférence va immédiatement à la seconde solution mais qui sait ? Dans les deux cas, si la technique diverge quelque-peu entre avantages et inconvénients, je ne m'attend pas à des miracles car finalement par la digiscopie, je n'entrevois pas de collecter des images mémorables mais de recueillir de simples souvenirs d'observations pour les partager. Ainsi, est-il déjà certain que mon portfolio consacré au NIKON P7100 se dotera à l'avenir d'une nouvelle galerie timidement et très simplement appelée "observations".

Du haut de mes 30 ans, je ne suis pourtant pas vieux mais j'avoue me sentir essoufflé et n'avoir jamais eu autant de mal à avancer dans le développement de mes images et dans la tenue de mes projets. Je suis noyé par les projets multiples qu'insuffle cette existence si passionnante. Après tout ce que j'ai pu déjà faire de ma courte existence de grand curieux et cela notamment au plus haut niveau en astronomie et photographie, à la vue des sommes parfois colossales s'élevant à plusieurs milliers d'euros englouties sans scrupules par le passé dans du matériel pas forcément utilisé à temps plein, sans parler de tout ce qui peut me passionner aux alentours, il existe bien un moment où on finit par plafonner par sagesse car le porte-monnaie ne fait pas tout. Faire le maximum avec le minimum est un bon motif. En conséquence, je ne souhaitais pas investir dans une longue-vue haut de gamme, même si j'en ai les moyens car la sagesse fut la plus forte et surtout parce-que je ne me sais pas suffisamment investi en ornithologie pour qu'un tel investissement puisse se justifier, même à long terme. Cela étant, à 500 € la longue-vue achromatique totalement étanche de 80mm d'ouverture, je me considère malgré tout comme un privilégié car peu de personnes peuvent se permettre de mettre si coquette somme dans un outil optique dont la qualité certifiée de construction puisse se tenir pour une vie et cela même, si un puriste ne faisant que cela puisse bien-sûr toujours justifier l'achat d'une longue-vue apochromatique, trois fois plus chère. Pourvu que ma curiosité mais également ma patience sur le terrain soient récompensées par de belles rencontres avec la nature, je n'en attends pas plus de cette longue-vue dont la qualité technico-visuelle n'est pas à bouder car elle s'avère à mon sens très compétitive pour de l'achromatique...

30 juin 2013 : Première lumière de ma longue-vue d'ornithologie au bois de Morval



Ce dimanche 30 juin 2013, le lendemain d'une exploration d'un lac situé à l'Isle-Adam depuis le rivage de ce dernier j'ai pu notamment apercevoir en compagnie de ma compagne une mouette rieuse à son plein centre à la paire de jumelles 8x42 mais également des sujets plus communs telles que des Bernaches du Canada, je m'étais levé tôt pour me rendre de nouveau à l'heure d'ouverture (10h) du magasin Nature & Découvertes pour discuter de l'achat du second instrument tant attendu pour parfaire ma panoplie de passionné : Une longue-vue d'ornithologie. Déjà largement reconnu pour mes quelques images réalisées en reflexoscopie en 2005 en montant mon premier reflex NIKON D70 à l'arrière d'une remarquable lunette 80ED construite initialement pour l'astronomie, j'avais laissé le domaine de la photographie animale un peu en jachère depuis toutes ces années, me consacrant alors bien largement à la photographie d'illustration comme vous le savez si bien (ou bien, comme vous avez pu le découvrir en parcourant soigneusement mon site internet) et cela jusqu'aux moindres méandres du Pays de Bray, embrassant au passage un intérêt certain pour les bovins.

Bien que je sois particulièrement outillé en optiques diverses, je me suis toujours efforcé avec un certain soin de choisir les outils optimaux pour chacune de mes activités. En ce qui concerne l'observation et la photographie de nature, bien qu'une lunette 80ED présente une qualité optique supérieure indéniable pour saisir les moindres petits détails d'un oiseau ou autre sujet sauvage, il convient de se rendre compte à long terme qu'il ne s'agit pas d'une optique vouée à être transportée aisément, pas plus que de devoir subir les aléas du randonneur pouvant survenir lors de toute excursion en pleine nature (pluie, chute dans l'eau, chute légère...) mais également présentant certaines limitations pour respecter totalement la nature. L'étanchéité parfaite d'une longue-vue d'ornithologie et cela même jusqu'à une certaine profondeur d'immersion est l'un des critères clés du choix d'un tel instrument. L'étanchéité est obtenue en construisant un système optique dont aucune pièce n'est démontable ni interchangeable en employant un oculaire zoom avec une plage de grossissements figée (couramment 15-45x ou 20-60x selon les modèles) sur lequel l'humidité, la buée et les poussières n'ont pas d'emprise grâce à des joints toriques traités à l'azote comme ma paire de jumelles 8x42, contrairement à la lunette 80ED dont on peut choisir à loisir les oculaires à focale fixe que l'on souhaite monter dessus mais dont la vulnérabilité aux agressions extérieures est totale. La polyvalence de la 80ED se retourne directement contre-elle lorsqu'il s'agit de faire de la photographie ou de l'observation en milieu sauvage. Enfin, la reflexoscopie présente des limites en photographie de nature car le grossissement obtenu avec la 80ED + un reflex est d'environ 12x (600mm), ce qui impose au photographe de s'approcher fortement de sa cible au risque de la déranger ; tandis que l'emploi d'une longue-vue d'ornithologie + compact (digiscopie) permet d'atteindre des agrandissements bien plus importants (jusqu'à 60x) favorables au respect des animaux observés et à la surveillance de cibles particulièrement craintives.

Ce que je trouve de particulièrement avantageux à la longue-vue du naturaliste, c'est également sa légèreté et sa compactibilité, au point que je puisse la loger dans le plus ordinaire de mes sacs à dos et sitôt le sac sur le dos, je ne ressens pas la moindre gêne...Comme si mon sac à dos était finalement vide ! Cela surprend la première fois puisque je suis habitué plutôt à du lourd ! Pour me déplacer aisément, je me suis doté d'un trépied léger se portant en bandoulière et cela suffit largement (juste un mot : génial !). Avec la 80ED, la gêne est le poids du tube mais aussi l'énorme bras de levier engendré par sa longueur lorsqu'elle est montée sur un pied : Résultat, il faut aussi s'embarrasser avec la 80ED d'un pied très lourd trop peu transportable alors incompatible aux très longues marches. Dans ce domaine, la longue-vue s'impose donc pleinement comme bien plus maniable, conviviale et puissante. Bref, vous l'auriez compris, je n'achète jamais par hasard du nouvel outillage quand je souhaite pratiquer une passion à fond car il vaut mieux s'entourer du matériel le mieux construit pour cela.

Pertinemment, je sais que cette longue-vue présentera une qualité optique en deçà de ma 80ED d'astronomie car une longue-vue terrestre ED, cela se paie à la caisse et je n'avais pas envie de mettre beaucoup de mon argent dans l'achat de celle-ci. Je me suis limité à une composition optique plus ordinaire. Une longue-vue ED coûte au bas mot 900 € et dans l'investissement de la mienne, j'ai consenti d'en lâcher 500 car il s'agit bien souvent d'un investissement pour très longtemps et il ne fallait pas le bâcler non plus sous prétexte que j'étais frileux de monter trop dans les prix. Par conséquent, je souhaitais au moins 80mm d'ouverture, ce qui semble le minimum pour obtenir un outil lumineux pour un grossissement mini de 20x. Comme pour ma paire de jumelles 8x42, la marque Fréhel réussit le pari de proposer une longue-vue de construction ordinaire et pourtant très efficace.

L'après-midi de ce dimanche fut consacré à l'exploration du bois de Morval, réputé pour sa mare et son dolmen afin de tester la nouvelle artillerie. Les photos illustrant cet article ont toutes été réalisées à partir de l'appareil photo de mon téléphone et leur traitement cosmétique, à partir de ma tablette communicante Android sur laquelle j'ai installé d'excellents logiciels gratuits mobiles.

Allée couverte et Dolmen - Guiry-en-Vexin
Plaquette officielle du Dolmen - Guiry-en-Vexin
Le dolmen se limitait à une simple curiosité puisque le but principal depuis le début était la mare autour de laquelle j'espérais tester les performances de ma nouvelle acquisition. C'est en redescendant dans le bois que je localisa enfin la très large étendue d'eau de laquelle on pouvait entendre les croassements continuels de grenouilles. Bien souvent, on les entends bien plus qu'on ne les voient. Je me mis en tâche de les dénicher à partir tout d'abord de mes 8x42. Il me fallut huit bonnes minutes de recherches avant d'en apercevoir une au milieu des herbes débouchant dans la mare et je fus bien surpris de découvrir un animal si petit, si peu discernable à 8x. Pour en avoir le coeur net, la longue-vue fraîchement acquise portera le coup de grâce avec ses 60x, en me dévoilant finalement deux belles grenouilles dans le même champ très étroit avec leurs bulles et leurs yeux exorbités. Pour une première sortie, il s'agit d'une bien belle petite première victoire ! Soixante fois...Un tel grossissement me paraissait totalement sur-dimensionné pour du terrestre lorsque je l'ai achetée et pourtant, en l'espace d'un après-midi, ma vision changea fortement lorsque je fus bien heureux très justement qu'elle grossisse autant car il fallait au moins cela pour profiter pleinement du spectacle des grenouilles. 
Résoudre certaines énigmes de la nature semble demander finalement des performances en agrandissement presque semblables à celles envisagées en astronomie puisqu'au même grossissement, la Lune occupe tout le champ de l'oculaire avec résolution parfaite des cratères ! Fou !!

La longue-vue d'ornithologie Fréhel 20-60x80 au bord de la mare - 30 juin 2013
Le fond de la mare laissait transparaître une large activité. Des poissons cohabitent ainsi avec une faune assez large. Néanmoins, l'absence d'oiseaux fut le seul manque de la ballade... A retenir pour revenir. Le passage à l'acte photographique représente la future étape obligée. Après la reflexoscopie, me voici prêt à rentrer dans l'ère de la digiscopie, bien plus respectueuse de la nature, bien plus facile à mettre en oeuvre par la légéreté du compact, bien plus orientée observation et finalement, bien plus puissante...

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