17 juillet 2013 : Test de la longue-vue FREHEL 20-60x80 sur la lune

Le 17 juillet 2013, profitant d'un ciel du soir parfaitement dégagé après quelques jours d'un voile, une lune gibbeuse croissante se présenta sous ses meilleurs hospices pour un test optique de la longue-vue FREHEL 20-60x80 sur notre satellite naturel. En qualité d'astronome amateur averti, le test optique sur la Lune fait parti de ceux, incontournables, que je fais subir à chaque nouvelle optique dès que l'occasion se présente.

Nature & Découvertes vante les capacités polyvalentes de cette longue-vue terrestre, à la fois concernant son potentiel en observation de la nature mais aussi en observation astronomique. Or, mes tests en Pays de Bray avaient montré qu'au delà de 35x, la longue-vue tenait difficilement la qualité en observation terrestre. Sur la lune, comment cette optique se comporte t-elle ? Par expérience, je sais qu'il existe toujours une corrélation très forte de rendement entre l'utilisation diurne et nocturne d'un instrument car une optique est très bonne, bonne, moyenne ou mauvaise mais ne peut en aucun cas muter fortement d'une condition d'observation à une autre. Par contre, j'ai toutefois déjà constaté que la lune pouvait laisser découvrir de nouvelles qualités ou défauts d'un instrument. J'étais plutôt content de cette phase lunaire car mon cratère Copernic, mon préféré, était illuminé sur le terminateur ; ce cirque de 90 km de diamètre présente un merveilleux ensemble de détails permettant le test d'une optique ou de tout moyen photographique. Je tiens pour mémoire et référence, l'observation de cette formation lunaire à maintes reprises dans mon Célestron 8 et ma lunette SKYWATCHER 80ED. L'observation de la lune dans une longue-vue terrestre de la facture de la FREHEL (c'est à dire, simplement achromatique) peut réserver notamment la surprise d'être plus sombre et cela se confirme dès le premier coup d'oeil ; ceci est dû à la traversée de la lumière lunaire au travers du jeu de prismes redresseurs de facture moyenne équipant la FREHEL que nous n'utilisons jamais sur une lunette astronomique car en astronomie, l'orientation du sujet n'a pour la plupart du temps aucune importance. 

En critère de grossissement, j'ai l'habitude d'observer la lune dans son ensemble au Célestron 8 à 50x ; les 60x maximum de la longue-vue laissent donc imaginer que la Lune présentera un diamètre très confortable compatible avec une parfaite résolution de sa typologie générale contrastant entre cratères et mers. Si l'image de la lune est charmante à 60x pour un observateur novice n'ayant pas d'éléments de référence (elle occupe tout le champ de l'oculaire !), la résolution de l'image atteinte est malheureusement bien en deçà d'une 80ED et il faut faire chuter le grossissement à 40x pour que la longue-vue délivre une image lunaire au piqué de nature astronomique. A ce grossissement, la lune située à environ 400 000 km de la terre est alors perçue de la même manière que si nous n'étions plus qu'à 10 000 km de notre futur alunissage. A 20x, biensûr, la longue-vue délivre son maximum de potentiel et la lune est superbe.

Conclusion : Dans sa globalité, la longue-vue FREHEL 20-60x80 autorise des observations très intéressantes de notre satellite naturel dans sa globalité pour novices, débutants, curieux du ciel car son usage en astronomie itinérante est envisageable. Pour m'émerveiller de temps en temps sur une phase lunaire au cours d'un voyage, elle constitue un instrument réellement polyvalent, léger, transportable, à condition de ne pas trop en exiger et surtout de ne pas en attendre toutefois des performances astronomiques de haut niveau. J'ose imaginer que pour l'observation de l'activité de la photosphère solaire (tâches et facules) ou celle d'une éclipse (à condition d'utiliser un filtre solaire 1/100 000ème homologué tel que l'astrosolar !), cette longue-vue peut s'avérer un excellent compagnon dans votre bagage cabine pouvant vous suivre à travers le monde. A plus forte raison en astronomie, pensez à limiter la longue-vue FREHEL au visuel ; Pour la photo lunaire ou solaire, optez sans hésitation pour une solution plus performante...

7 juillet 2013 - De l'optique : Rapports de distances et mon évaluation finale de la longue-vue Fréhel 20-60x80

Mon exploration du Pays de Bray, le 7 juillet 2013 aura été l'occasion d'évaluer la longue-vue achromatique Fréhel 20-60x80 en paysage sur cibles éloignées par temps craquant de soleil, au point que ce jour-ci, j'étais revenu très marqué par un très violent coup de soleil. 
Les bras soufrèrent le plus, le cou et visage plus moyennement. Après une météorologie très capricieuse depuis des mois avec une forte tendance au froid, à la pluie, au vent, il ne me paru pas surprenant que je me fasse piéger si bêtement. 

Il apparaît évident que notre atmosphère terrestre ne nous protège plus de certains rayonnements dont nous étions protégés jadis. Dès que le soleil perce, les UV sont beaucoup plus intenses, beaucoup plus dangereux. Les UVa, rayonnement conduisant naturellement au bronzage sont dès lors accompagnés des UVb, nocifs et extrêmement pénétrants dans les tissus. Que notre couche d'ozone soit percée n'est pas un mythe mais une triste vérité et les dérèglements du climat ne sont pas en reste ; observer, photographier, filmer en plein territoire du Pays de Bray, au milieu des champs de blé et ceci pendant de longues heures n'étaient alors pas sans risque car les possibilités de protection, outre l'anticipation de la crème solaire ou des manches longues, sont quasi-nulles et l'exposition aux rayonnements, totale. Même à travers les vitres de ma voiture, le bombardement des UV fut continuel et mes bras en auront donc payé la plus lourde addition.

Aux abords d'une route de campagne que j'ai de nombreuses fois emprunté depuis ma prise de position en Pays de Bray en 2009, j'ai déployé ce dimanche après-midi mon artillerie d'observateur, à savoir longue-vue et trépied pour les diriger vers une cible éloignée : Des vaches en train de brouter l'herbe d'un champ situées à plusieurs centaines de mètres de mon point d'observation. Dépourvu de télémètre optique, la distance assez précise de mes cibles a été déterminée ultérieurement se trouvant dans une fourchette comprise entre 250 et 300 mètres grâce à la fonction extrêmement fiable de métrage de Google Earth.


A cette distance, au grossissement minimum de 20x, les vaches semblent brutalement si proches. Quand on parle grossissement optique, on oublie souvent de dire que la règle de calcul est ultra-simple : Il suffit de diviser la distance réelle de l'objet depuis le point d'observation par la valeur de grossissement de la longue-vue. On en déduit immédiatement que les vaches situées réellement à une distance moyenne de 275 mètres sont perçues à 20x comme si nous étions situés virtuellement à moins de 15 mètres de la cible ! Pour me permettre d'évaluer toutes ces correspondances de grossissements, de focales et de distances en fonction de mes différents équipements, j'en suis venu à construire un tableur Excel.

Tableur de rapports optiques - Copyright Arnaud FIOCRET
Ce tableur permet de voir d'un seul coup d'oeil, ces différents rapports mathématiques sur des distances réelles à l'oeil nu comprises entre 10 et 1500 mètres en fonction des grossissements couverts par ma paire de jumelles 8x ou bien ma longue-vue zoom de 20x à 60x. Dans le plus extrême des scénarios, on notera par exemple qu'un oiseau situé à 30 mètres de nous sera perçu à 60x comme s'il serait situé à seulement 50 cm de nous. Après des tests très appliqués, notamment sur le troupeau de vaches comme cible situé à presque 300 mètres, à des grossissements variés situés sur la plage ZOOM de la longue-vue, j'ai pu constater que les images sont superbes à 20x et que la qualité des images se détériore très nettement au delà de 35x. La qualité du ZOOM de la longue-vue achromatique Fréhel 20-60x80 est moyenne et la résolution est sans nul doute limitée par le simple achromatisme de cet instrument, dénué de correction optimale de l'aberration chromatique comme sur les modèles apochromatiques dotés d'au moins une lentille ED dans la constitution de leur objectif. 20x se révèle dès lors un grossissement déjà très puissant pouvant répondre à toutes les situations correspondant à un téléobjectif de 1000 mm de focale, on constatera le grossissement fixe de 30x comme régulièrement retenu par la plupart des observateurs sur leur longue-vue haut de gamme. Quand on constate l'action d'un grossissement de 20x sur les distances et les difficultés rencontrées pour localiser parfois un oiseau, il devient évident que les grossissements supérieurs à 35x ont été configurés pour des cibles situées très loin ou bien extrémement petites. Or, bien souvent, on commence bien souvent à utiliser une paire de jumelles ou une longue-vue lorsque la cible est à vue...C'est à dire relativement proche pour un animal de petite taille.

En somme, je pense sincèrement que Fréhel aurait gagné en qualitatif sur sa longue-vue s'il ne s'était pas laissé emporté par la foudre du marketing en proposant une gamme de grossissements si large avec un oculaire ZOOM si moyen. Fréhel aurait eu tout à gagner à resserrer intelligemment ses facteurs de grossissements autour d'une gamme plus étroite telle que 15-30x ou bien même à oser proposer un grossissement fixe de 20x avec lequel l'objectif achromatique de ce produit donne le meilleur de lui-même. Au delà de 35x, le chromatisme prend le dessus, la résolution baisse et le champ de l'oculaire devient un trou de serrure au point que l'oeilleton rétractable ne présente plus aucun utilité pour le porteur de lunettes ! Dans des cas bien particulier, le grossissement de 60x permettra de dépanner en s'approchant de sujets réellement délicats comme une grenouille (expérience vécue bien-sûr) mais il ne faudra pas s'attendre à une image de qualité. On peut remercier néanmoins Fréhel d'avoir pensé à la double mise au point dont une, de type micrométrique, car pour le coup lorsque le grossissement devient important, elle se révèle indispensable pour atteindre le point de netteté.

7 juillet 2013 - Pays de Bray : Photo, vidéo et observation

Le 7 juillet 2013, parti à 8h30 et revenu à 19h, j'ai sillonné le Pays de Bray Picard. Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas attardé en ce territoire si cher à mon coeur. Ce fut l'occasion de suivre un très long circuit à travers ma campagne préférée pour observer, photographier et même filmer au détour des routes empruntées. 

Cette année, la sortie des bovins fut particulièrement tardive (timidement en avril et le plus gros des troupeaux en mai) avec la météo et ce fut avec beaucoup d'émotion et sans toutefois de réelle surprise en ce mois de juillet, presque cinq mois après mon précédent passage dans la zone que j'ai pu retrouver mes animaux favoris broutant dans les champs. J'ai passé ma première partie de journée le long de l'étendue d'eau du Moulin de la Forge (proximité de la commune LE VAUMAIN) car il y a trois ans de cela, en 2010, j'y avais aperçu un héron cendré et je pensais pouvoir y tester ma longue-vue FREHEL 20-60x80mm. Peine perdue, la récolte sera pauvre mais j'ai tout de même eu ma petite consolation en jouant à cache-cache avec un lièvre, apparemment très joueur, entre les bottes de paille, avec pour instrument de contemplation ma paire de jumelles FREHEL 8x43 se révélant toujours plus excellente et indispensable, de sorties en sorties. Expérience oblige, je suis parvenu à répartir l'essentiel de mon matériel de reportage intelligemment dans un sac à dos bien plus petit, bien plus pratique et bien plus léger, laissant le reste à la maison quand celui-ci ne se révèle pas à-priori obligatoirement très utile. 
Ainsi, sur mon dos, avec un poids parfaitement maîtrisé, il m'est possible dorénavant d'emporter :
  • Mon reflex NIKON D7000 avec un objectif pré-monté
  • Un second objectif pour le reflex
  • Mon compact NIKON Coolpix P7100
  • Un jeu de filtres (polarisant + UV)
  • Mon camescope SONY HDV
  • Le kit de nettoyage pour mes optiques
  • Tous mes jeux de batteries pour alimenter les 3 appareils
  • Télécommande sans fil pour les appareils NIKON
  • Un jeu de cassettes pour le camescope
  • Mon nouveau trépied de randonnée polyvalent à niveaux à bulle acheté avec la longue-vue amarré bien confortablement à l'arrière du sac

Il y a deux mois, lors de mon très court séjour à Tours suivi de mon passage au zoo de Beauval, j'avais commencé à expérimenter cette nouvelle organisation et celle-ci s'est alors encore améliorée à l'usure de la pratique. Le nouveau progrès est indéniablement mon nouveau trépied à niveaux à bulle venant remplacer une solution fonctionnelle avec mon compact mais beaucoup moins polyvalente qui consistait à utiliser un Gorillapod. Moins tourné vers une photographie exclusive comme ce fut le cas jusqu'en 2011, j'ai naturellement cherché à diversifier mes possibilités créatives, notamment par mon investissement dans une autre activité annexe : La vidéo. Cette évolution était dans l'air du temps depuis 2008 et il m'aura fallu quelques années avant de me décider enfin à abandonner un peu de mon perfectionnisme en photo pour m'installer un peu derrière la caméra. En fait, je me suis rendu compte qu'en 2008, je n'étais pas mûr en photo donc comment aurais-je pu l'être pour la vidéo ? Curieusement, ce que j'ai appris en photo me sert aujourd'hui à faire la différence en vidéo puisqu'il s'agit pour les deux activités de maîtriser mise en scène et cadrage. Pour l'épanouissement de cette seconde activité, il s'est révélé indispensable de réorganiser ma façon de procéder en emportant désormais tout juste ce dont j'ai besoin pour survenir à l'accomplissement de mes buts. Cette décision allège mon dos et me permet d'en accomplir paradoxalement beaucoup plus ! Pour l'instant, pour emporter ma paire de jumelles et ma longue-vue, je n'ai pas trouvé mieux que d'utiliser un second sac à dos installé sur un petit chariot afin de pouvoir trainer sans trop de fatigue tout ce matériel d'observation derrière moi pendant une randonnée, à défaut d'avoir trouvé la solution idéale (un plus gros sac pour réunir tout le matériel sur mon dos ou toute autre solution moins encombrante dans tous les cas).

Cette année, la sortie des bovins fut tardive avec la météo et ce fut avec beaucoup d'émotion et sans toutefois de réelle surprise en ce mois de juillet, presque cinq mois après mon précédent passage que j'ai pu enfin retrouvé mes amis "beugleurs". Quelques photos de vaches charolaises ainsi que presque 10 min de séquences en présence d'un beau couple (taureau + vache charolais) et leur jeune veau, voici venue l'une des récoltes les plus intéressantes de la journée. J'ignore si les habitants du Pays de Bray semblent se reconvertir progressivement dans les chevaux plutôt que de poursuivre l'élevage de bovins mais en un seul après-midi, jamais il ne m'étais encore venu l'occasion d'observer autant d'ânes, de mulets et de chevaux sur une surface aussi étroite !

5 juillet 2013 - La question est tranchée : Digiscopie par reflex avec la longue-vue Fréhel 20-60X80mm

Depuis le 5 juillet 2013, j'ai pu trancher définitivement la question de la digiscopie par compact ou par reflex, en me rendant au fameux magasin parisien "La maison de l'Astronomie"  dans lequel j'ai investi dans un support pour digiscopie avec compact. Le support universel particulièrement robuste est conçu par une marque de qualité de laquelle je possède un certain nombre de produits pour l'astronomie (bagues allonge, l'excellente lentille de barlow construite en partenariat avec CARL-ZEISS, crémaillère de mise au point se montant derrière mon Célestron 8,...etc). Fidèle à la réputation de la marque, pas de surprise avec ce support pour installer mon NIKON COOLPIX P7100 à l'arrière de ma longue-vue Fréhel 20-60x80mm. Cependant, la déception et échec du montage vient précisément du très important vignetage engendré par l'oculaire zoom de la longue-vue. Ce vignettage, malgré toutes les expériences possibles (zoomer dans le cercle image ou/et coller l'objectif du compact contre l’œilleton de l'oculaire) demeure rédhibitoire au succès d'une digiscopie avec compact. Cet échec découle directement de la conception et composition optique de la longue-vue - nullement du compact et encore moins du Baader Adaptateur universel Microstage II tout simplement irréprochable.

En ce sens, je comprend mieux l'initiative prise par Fréhel d'équiper d'office ces longues-vues d'un adaptateur photo T1 s'emmanchant parfaitement sur l'oculaire zoom de celle-ci, permettant l'utilisation d'un reflex pour pratiquer la digiscopie par projection oculaire. En effectuant le test avec mon vieux NIKON D90, j'ai pu constater le parfait fonctionnement de cette solution dans le sens où le boitier reflex, dénué d'objectif, récupère directement l'image en sortie d'oculaire ce qui n'induit alors aucun vignetage, même pas un assombrissement sur les bords. A ma grande surprise, le poids nettement supérieur d'un reflex ne déstabilise pas pour autant l'ensemble boitier + appareil. Néanmoins, la qualité de prise de vue d'un reflex présente l'effet pervers de révéler les défauts intrinsèques de l'optique seulement achromatique de la longue-vue avec des riselets prononcés et une perte de définition bien visible dans les images produites. Il fallait s'y attendre et c'est bien pour cela pourquoi j'indiquais à très juste titre dans mon billet précédent que je ne m'attendais point à des miracles photographiques de la part de cette longue-vue, celle-ci offrant déjà des prestations intéressantes par tous temps pour l'observation telle que l'étanchéité extérieure, l'anti-embuage ou bien une très bonne transportabilité sur le terrain (compacte, légère mais malgré tout, puissante).

Boitier NIKON D90 + Longue-vue FREHEL 20-60x80mm (Focale de l'oculaire ZOOM réglée sur 20x)
On doit l'aspect fort flatteur de cette image de test, au fort traitement d'accentuation appliqué à celle-ci et à mon petit talent en traitement d'image mais ne croyez pas une seule seconde obtenir de bons clichés avec cette longue-vue car très rapidement le chromatisme, des reflets parasites et l'imprécision de la mise au point manuelle au foyer limitent grandement les espoirs. La longue-vue FREHEL est un bon instrument d'observation mais certainement pas un outil de prises de vues. Pour la photographie de l'avifaune, la reflexoscopie au foyer d'une 80ED est toute indiquée car la focale résultante du format DX obtenue équivaut parfaitement au cadrage obtenu avec la longue-vue FREHEL réglée sur son grossissement minimal soit 20x.
Conclusion, dans des proportions d'usage très limitées, cette longue-vue sera utilisée photographiquement par la technique de la digiscopie par reflex, la seule à être fonctionnelle. Oubliée par voie de conséquence, la future galerie initialement prévue pour le NIKON COOLPIX P7100...

L'observation par digiscopie : Sagesse par l'humble choix

J'ai brièvement parlé de la digiscopie lors de mon article précédent mais qu'est-ce donc cette technique d'imagerie finalement ? La digiscopie consiste dans 90% du temps à utiliser un  compact dont on rapproche très fortement l'objectif de la pupille de sortie de l'oculaire pour récupérer l'image sur le capteur. Déjà pratiqué en astronomie, domaine dans lequel elle porte le nom de "montage afocal" en 2003-2004, il s'agit d'une technique fiable.
Aujourd'hui, ma longue-vue d'ornithologie m'impose une évolution de mon regard et de ma façon de pratiquer la photographie puisque je l'ai avant tout achetée pour l'observation de l'avifaune et sporadiquement/optionnellement pour l'image ; dans ce sens, le retour à ce vieil amour n'est pas désagréable. La photographie occupe réellement le rôle de second plan dans ce nouvel investissement car je ne m'attends pas à produire des miracles. L'utilisation de cette longue-vue, j'ose la projeter au mieux à 25% de photo contre 75% de visuel car il convient de bien différencier la digiscopie, technique d'observateur qui aime prendre une photo tout juste lorsque l'occasion se présente (sans forcément être à la recherche obligatoirement de l'obtention d'une image), de la technique orientée directement vers la photographie de la reflexoscopie que j'ai pratiqué par le passé en 2005 avec ma lunette 80 ED d'astronomie.

Je fais le choix personnel aujourd'hui de m'orienter vers une destination modeste : la digiscopie, car je n'attend pas de ma longue-vue d'être un téléobjectif photographique irréprochable à plein temps (surtout en l'absence de lentille(s) ED dans sa composition mais toutefois des traitements multicouches, multisurfaces) mais un outil léger de randonneur, de simple ornitho amateur du Dimanche sans prétention, de témoin silencieux m'accompagnant presque partout afin de m'émerveiller simplement par sa permission de pouvoir approcher des sujets de la nature forts difficiles grâce des facteurs d'agrandissements importants. J'ignore encore par contre de quelle manière je vais pratiquer la digiscopie (je suis partagé) : mon reflex numérique en utilisant la bague T2 fournie avec la longue-vue pour permettre la récupération de l'image sur le capteur du reflex par projection oculaire ou bien utiliser mon excellent compact expert NIKON P7100 par l'emploi d'un support universel très largement commercialisé dans les plus grandes enseignes de l'optique ??? Ma préférence va immédiatement à la seconde solution mais qui sait ? Dans les deux cas, si la technique diverge quelque-peu entre avantages et inconvénients, je ne m'attend pas à des miracles car finalement par la digiscopie, je n'entrevois pas de collecter des images mémorables mais de recueillir de simples souvenirs d'observations pour les partager. Ainsi, est-il déjà certain que mon portfolio consacré au NIKON P7100 se dotera à l'avenir d'une nouvelle galerie timidement et très simplement appelée "observations".

Du haut de mes 30 ans, je ne suis pourtant pas vieux mais j'avoue me sentir essoufflé et n'avoir jamais eu autant de mal à avancer dans le développement de mes images et dans la tenue de mes projets. Je suis noyé par les projets multiples qu'insuffle cette existence si passionnante. Après tout ce que j'ai pu déjà faire de ma courte existence de grand curieux et cela notamment au plus haut niveau en astronomie et photographie, à la vue des sommes parfois colossales s'élevant à plusieurs milliers d'euros englouties sans scrupules par le passé dans du matériel pas forcément utilisé à temps plein, sans parler de tout ce qui peut me passionner aux alentours, il existe bien un moment où on finit par plafonner par sagesse car le porte-monnaie ne fait pas tout. Faire le maximum avec le minimum est un bon motif. En conséquence, je ne souhaitais pas investir dans une longue-vue haut de gamme, même si j'en ai les moyens car la sagesse fut la plus forte et surtout parce-que je ne me sais pas suffisamment investi en ornithologie pour qu'un tel investissement puisse se justifier, même à long terme. Cela étant, à 500 € la longue-vue achromatique totalement étanche de 80mm d'ouverture, je me considère malgré tout comme un privilégié car peu de personnes peuvent se permettre de mettre si coquette somme dans un outil optique dont la qualité certifiée de construction puisse se tenir pour une vie et cela même, si un puriste ne faisant que cela puisse bien-sûr toujours justifier l'achat d'une longue-vue apochromatique, trois fois plus chère. Pourvu que ma curiosité mais également ma patience sur le terrain soient récompensées par de belles rencontres avec la nature, je n'en attends pas plus de cette longue-vue dont la qualité technico-visuelle n'est pas à bouder car elle s'avère à mon sens très compétitive pour de l'achromatique...

30 juin 2013 : Première lumière de ma longue-vue d'ornithologie au bois de Morval



Ce dimanche 30 juin 2013, le lendemain d'une exploration d'un lac situé à l'Isle-Adam depuis le rivage de ce dernier j'ai pu notamment apercevoir en compagnie de ma compagne une mouette rieuse à son plein centre à la paire de jumelles 8x42 mais également des sujets plus communs telles que des Bernaches du Canada, je m'étais levé tôt pour me rendre de nouveau à l'heure d'ouverture (10h) du magasin Nature & Découvertes pour discuter de l'achat du second instrument tant attendu pour parfaire ma panoplie de passionné : Une longue-vue d'ornithologie. Déjà largement reconnu pour mes quelques images réalisées en reflexoscopie en 2005 en montant mon premier reflex NIKON D70 à l'arrière d'une remarquable lunette 80ED construite initialement pour l'astronomie, j'avais laissé le domaine de la photographie animale un peu en jachère depuis toutes ces années, me consacrant alors bien largement à la photographie d'illustration comme vous le savez si bien (ou bien, comme vous avez pu le découvrir en parcourant soigneusement mon site internet) et cela jusqu'aux moindres méandres du Pays de Bray, embrassant au passage un intérêt certain pour les bovins.

Bien que je sois particulièrement outillé en optiques diverses, je me suis toujours efforcé avec un certain soin de choisir les outils optimaux pour chacune de mes activités. En ce qui concerne l'observation et la photographie de nature, bien qu'une lunette 80ED présente une qualité optique supérieure indéniable pour saisir les moindres petits détails d'un oiseau ou autre sujet sauvage, il convient de se rendre compte à long terme qu'il ne s'agit pas d'une optique vouée à être transportée aisément, pas plus que de devoir subir les aléas du randonneur pouvant survenir lors de toute excursion en pleine nature (pluie, chute dans l'eau, chute légère...) mais également présentant certaines limitations pour respecter totalement la nature. L'étanchéité parfaite d'une longue-vue d'ornithologie et cela même jusqu'à une certaine profondeur d'immersion est l'un des critères clés du choix d'un tel instrument. L'étanchéité est obtenue en construisant un système optique dont aucune pièce n'est démontable ni interchangeable en employant un oculaire zoom avec une plage de grossissements figée (couramment 15-45x ou 20-60x selon les modèles) sur lequel l'humidité, la buée et les poussières n'ont pas d'emprise grâce à des joints toriques traités à l'azote comme ma paire de jumelles 8x42, contrairement à la lunette 80ED dont on peut choisir à loisir les oculaires à focale fixe que l'on souhaite monter dessus mais dont la vulnérabilité aux agressions extérieures est totale. La polyvalence de la 80ED se retourne directement contre-elle lorsqu'il s'agit de faire de la photographie ou de l'observation en milieu sauvage. Enfin, la reflexoscopie présente des limites en photographie de nature car le grossissement obtenu avec la 80ED + un reflex est d'environ 12x (600mm), ce qui impose au photographe de s'approcher fortement de sa cible au risque de la déranger ; tandis que l'emploi d'une longue-vue d'ornithologie + compact (digiscopie) permet d'atteindre des agrandissements bien plus importants (jusqu'à 60x) favorables au respect des animaux observés et à la surveillance de cibles particulièrement craintives.

Ce que je trouve de particulièrement avantageux à la longue-vue du naturaliste, c'est également sa légèreté et sa compactibilité, au point que je puisse la loger dans le plus ordinaire de mes sacs à dos et sitôt le sac sur le dos, je ne ressens pas la moindre gêne...Comme si mon sac à dos était finalement vide ! Cela surprend la première fois puisque je suis habitué plutôt à du lourd ! Pour me déplacer aisément, je me suis doté d'un trépied léger se portant en bandoulière et cela suffit largement (juste un mot : génial !). Avec la 80ED, la gêne est le poids du tube mais aussi l'énorme bras de levier engendré par sa longueur lorsqu'elle est montée sur un pied : Résultat, il faut aussi s'embarrasser avec la 80ED d'un pied très lourd trop peu transportable alors incompatible aux très longues marches. Dans ce domaine, la longue-vue s'impose donc pleinement comme bien plus maniable, conviviale et puissante. Bref, vous l'auriez compris, je n'achète jamais par hasard du nouvel outillage quand je souhaite pratiquer une passion à fond car il vaut mieux s'entourer du matériel le mieux construit pour cela.

Pertinemment, je sais que cette longue-vue présentera une qualité optique en deçà de ma 80ED d'astronomie car une longue-vue terrestre ED, cela se paie à la caisse et je n'avais pas envie de mettre beaucoup de mon argent dans l'achat de celle-ci. Je me suis limité à une composition optique plus ordinaire. Une longue-vue ED coûte au bas mot 900 € et dans l'investissement de la mienne, j'ai consenti d'en lâcher 500 car il s'agit bien souvent d'un investissement pour très longtemps et il ne fallait pas le bâcler non plus sous prétexte que j'étais frileux de monter trop dans les prix. Par conséquent, je souhaitais au moins 80mm d'ouverture, ce qui semble le minimum pour obtenir un outil lumineux pour un grossissement mini de 20x. Comme pour ma paire de jumelles 8x42, la marque Fréhel réussit le pari de proposer une longue-vue de construction ordinaire et pourtant très efficace.

L'après-midi de ce dimanche fut consacré à l'exploration du bois de Morval, réputé pour sa mare et son dolmen afin de tester la nouvelle artillerie. Les photos illustrant cet article ont toutes été réalisées à partir de l'appareil photo de mon téléphone et leur traitement cosmétique, à partir de ma tablette communicante Android sur laquelle j'ai installé d'excellents logiciels gratuits mobiles.

Allée couverte et Dolmen - Guiry-en-Vexin
Plaquette officielle du Dolmen - Guiry-en-Vexin
Le dolmen se limitait à une simple curiosité puisque le but principal depuis le début était la mare autour de laquelle j'espérais tester les performances de ma nouvelle acquisition. C'est en redescendant dans le bois que je localisa enfin la très large étendue d'eau de laquelle on pouvait entendre les croassements continuels de grenouilles. Bien souvent, on les entends bien plus qu'on ne les voient. Je me mis en tâche de les dénicher à partir tout d'abord de mes 8x42. Il me fallut huit bonnes minutes de recherches avant d'en apercevoir une au milieu des herbes débouchant dans la mare et je fus bien surpris de découvrir un animal si petit, si peu discernable à 8x. Pour en avoir le coeur net, la longue-vue fraîchement acquise portera le coup de grâce avec ses 60x, en me dévoilant finalement deux belles grenouilles dans le même champ très étroit avec leurs bulles et leurs yeux exorbités. Pour une première sortie, il s'agit d'une bien belle petite première victoire ! Soixante fois...Un tel grossissement me paraissait totalement sur-dimensionné pour du terrestre lorsque je l'ai achetée et pourtant, en l'espace d'un après-midi, ma vision changea fortement lorsque je fus bien heureux très justement qu'elle grossisse autant car il fallait au moins cela pour profiter pleinement du spectacle des grenouilles. 
Résoudre certaines énigmes de la nature semble demander finalement des performances en agrandissement presque semblables à celles envisagées en astronomie puisqu'au même grossissement, la Lune occupe tout le champ de l'oculaire avec résolution parfaite des cratères ! Fou !!

La longue-vue d'ornithologie Fréhel 20-60x80 au bord de la mare - 30 juin 2013
Le fond de la mare laissait transparaître une large activité. Des poissons cohabitent ainsi avec une faune assez large. Néanmoins, l'absence d'oiseaux fut le seul manque de la ballade... A retenir pour revenir. Le passage à l'acte photographique représente la future étape obligée. Après la reflexoscopie, me voici prêt à rentrer dans l'ère de la digiscopie, bien plus respectueuse de la nature, bien plus facile à mettre en oeuvre par la légéreté du compact, bien plus orientée observation et finalement, bien plus puissante...

27 juin 2013 - Travail d'un soir : Arbre des espèces d'oiseaux


J'ignore si cet arbre consacré aux espèces d'oiseaux de France rejoindra un jour une page de mon portail internet officiel mais dans un premier temps, je le publie immédiatement sur mon blog car il s'agit de mes travaux de synthèse de ce soir car je souhaitais absolument y voir très clair en ornithologie en ce qui concerne l'étendue des types de volatiles que je serai susceptible de rencontrer dans la nature au fur et à mesure de mes explorations dans le champ de mes jumelles ou de mes autres instruments d'optique. On remarquera du premier coup d'oeil la proéminence de la sous-fammille des Passeriformes (Les Passereaux) parmi les volatiles. Les Passereaux est le type d'oiseaux tout à fait courant peuplant nos jardins à la campagne comme à la ville. Pour entrer en contact avec les individus des autres sous-familles, il ne faut pas hésiter à voyager un peu partout en France ou tout simplement à multiplier les changements de milieux naturels (mare, forêt, plaine, haute-montagne...).

Ornidroid : Un logiciel gratuit pour téléphone et tablette Android pour l'ornithologue

Equipé d'une tablette Android de sept pouces, l'ASUS NEXUS 7, depuis avril 2013, mes débuts en ornithologie découlèrent en toute logique sur des recherches en direction des solutions culturelles open source communément trouvées sur le grand marché GOOGLE PLAY. Les solutions électroniques remplacent peu à peu les solutions papier, bien que je reste infiniment convaincu qu'il reste bien plus pratique pour l'observateur d'avoir recours pour les identifications de ses cibles à des planches papier plastifiées dans certaines conditions météorologiques difficiles puisque les téléphones ainsi que les tablettes sont assez facilement sujets à l'oxydation en milieu humide (sous-bois, pluie soutenue...).

Si l'offre est nulle du côté des races bovines, le monde de l'open source Android propose par contre un merveilleux logiciel gratuit recensant environ 450 espèces d'oiseaux observables en Europe, se basant notamment sur l'encyclopédie Wikipédia pour sa base de données photographiques.

Pour chaque espèce, Ornidroid propose :
  • une ou plusieurs photos, zoomables pour observer les détails précis d'un oiseau
  • un ou plusieurs enregistrements sonores issus de la base de données en ligne xeno-canto.org
  • une courte description pour aider à l'identification
  • la liste des traductions du nom de l'espèce dans 19 langues
Si vous ne souhaitez pas, comme moi, devoir charger les images et les sons au fur et à mesure de vos besoins à partir de votre connexion cellulaire 3G (si votre appareil Android en est pourvu), la meilleure méthode reste encore de télécharger une bonne fois pour toutes chez vous en WIFI la quasi-totalité de la base des données (images et sons) de 200 Mo dans la mémoire interne de votre appareil afin que cette application soit totalement utilisable hors-ligne en parfaite indépendance par rapport à un réseau. Cette méthode s'avère d'autant plus pratique si vous utilisez régulièrement cette application sur le terrain comme base de travail principale.

Pour l'installation, rendez-vous sur le site principal de l'application : https://github.com/giletvin/ornidroid/wiki/Installation

L'application sur GOOGLE PLAY : 

2013 : Le point sur mes activités...

Vous l'avez sans doute remarqué pour cette année 2013 : Mon portfolio tarde à s'actualiser puisque même le diaporama de ce blog ne s'enrichit plus, mon portail internet général avance très lentement au rythme de mises à jour devenues rares et mes articles ainsi que déplacements en Pays de Bray deviennent excessivement timides. Pourtant paradoxalement, vous avez pu constater aussi que j'étais toujours partant pour des projets. Ce n'est pas qu'une illusion, il s'agit d'une réalité : A partir de la fin 2011, j'avais déjà eu beaucoup de peine à suivre un programme photographique dynamique en me lançant dans l'édification de mon portail internet OBSERVATION ET IMAGERIE - TEMOIGNAGES

Depuis novembre 2012, ma vie personnelle a été bouleversée avec ma rencontre avec mon adorable compagne actuelle, au point que mon beau projet de parcourir les intérieurs des églises de Paris avec mon NIKON Coolpix P7100 en fut suspendu jusqu'à nouvel ordre car je ne peux tout faire. S'occuper de mon amour est une tâche tout aussi importante, si ce n'est plus, que de devoir me préoccuper simplement de mes projections intellectuelles puisqu'une femme est un être humain (et cela n'attend pas toujours comme le matériel). Réellement, si mes travaux photo ne semblent pas avancer, ce n'est pas par manque de matière mais par manque de temps au milieu d'un océan de passions pour dédaigner enfin m'occuper du développement et de la publication d'une sélection toujours sévère de mes meilleures images contenues dans presque 20 Go de négatifs numériques d'inédits accumulés depuis mon reportage d'octobre 2012 au sein de la cathédrale de Rouen. Parallélement, mon esprit est tiraillé par des exposés techniques n'avançant presque pas mais également par mes tâches professionnelles pour mon employeur et vous obtenez alors la situation actuelle : Le découragement...Alors que ma vie est un formidable vivier d'idées, de projets, de passions, d'émotions positives.

Depuis cet hiver, il ne va pas sans dire que la météorologie est également étrange et minable. Ayant pour drôle d'habitude de ne sortir au volant de ma petite voiturette de tourisme que lorsque le temps est de la partie, de février à novembre en général, car c'est toutefois plus commode pour pratiquer la photographie d'évoluer sous la lumière solaire, je ne peux pas dire que l'année 2013 soit un exemple de météo favorable pour pratiquer mon art. Puisque l'existence est pleine d'intérêts divers et que j'ai pour tendance de me réinventer très facilement sans cesse de nouveaux sujets grâce à ma curiosité toute naturelle et cela tandis que mon dossier photographique sur Paris est plutôt voué à l'abandon, il me fallut trouver une ligne directrice afin de retrouver mon MOI profond dans une activité "innovante" qui puisse être praticable par temps clair comme par temps couvert, par temps sec comme par temps humide et sans pour cela me fixer la pression inflexible de devoir produire de bonnes images sur ma carte mémoire. Aujourd'hui, une nouvelle réalité semble se dessiner face à moi :  Produire des images remarquables, c'est bien mais apprendre à vivre, c'est encore mieux. Pourquoi ne pas aller à la rencontre finalement de la structure de base de mes centres d'intérêts : L'observation ?

L'achat fort récemment de ma propre paire de jumelles 8x42 tout à fait étanche représente un premier pas à l'étrier dans cette nouvelle direction au bon milieu de cette vie de grand passionné de nature, d'astronomie, de vaches, d'oiseaux, de vieilles pierres...Sans cesse remise en cause ou remaniée au gré des courants existentiels imposés par les conjonctures du moment. Découvrir, expérimenter, me mesurer à l'inédit est bel et bien le chemin continuel de mes pratiques puisque je ne compte déjà plus à l'âge de seulement 30 ans, le nombre d'instruments d'optique, le nombre de dispositifs, le nombre de bricolages et le nombre de logiciels de traitement d'images ayant fait mon bonheur durant des nuits, des jours et des milliers d'heures d'expérimentations parfois délirantes à me casser la tête pour tenter de lever le voile et maîtriser ce qui pouvait l'être à mon niveau de simple utilisateur.

Il n'y a pas plus tard que la veille, je me disais que la nature est vraiment trop belle en observant au travers de cet instrument fraîchement investi ce magnifique Verdier d'Europe tout heureux, posé sur sa branche dans l'un des arbres du jardin familial, pendant que se déchaînait une très grosse chute de pluie qu'il observait d'un regard brillant, paisible et satisfait. Le bonheur authentique, absolu, n'est finalement jamais loin et il conviendrait peut-être de me libérer parfois de ces chaînes virtuelles du perfectionnisme artistique pour me consacrer plutôt à la pleine utilisation d'un élément dont je regrette souvent l'emploi trop restrictif depuis son achat en juin 2008 : Ma voiturette de tourisme.
Ne m'en servant pas pour me rendre sur mon lieu de travail, je me suis souvent bataillé pour lui trouver un usage régulier puisqu'une voiture qui roule trop peu s'abîme bien plus vite qu'une voiture roulant très régulièrement et ce n'est pas la première fois que je m'exaspère sur ses longs, trop longs séjours dans le garage. Or, lorsque la saison de la photographie arrivant, c'est toujours avec joie que je redécouvre le confort de la pleine mobilité offerte par la possession d'un tel véhicule.

Le nouveau programme préliminaire 2013 afin que tout ce petit monde retrouve sa place de pleine utilité ? L'ornithologie certainement ! L'avantage de cette activité ? Qu'il pleuve à torrent ou qu'il fasse très sec, elle est pratiquement tout le temps praticable, ce qui fait que les prétextes de motivation pour prendre le volant de ma voiturette sont parfaitement trouvés. Quant à la photographie, on verra désormais en fonction des occasions qui se présenteront car il y a une bonne quantité à développer et mettre en ligne. A ce propos d'ailleurs, mes premières recherches pour commencer cette nouvelle activité m'ont déjà conduit à découvrir la liste des sentiers de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) de la Haute-Normandie dont certains dans mon fameux Pays de Bray...De nouveaux murs s'effondrent laissant apparaître des perspectives nouvelles et mes connaissances mutent ; Seule inconnue : Les prochains grands virages de ma vie personnelle et les obstacles imprévus !

Parfois, j'espère juste que mes interlocuteurs arrivent à me suivre dans mes démarches car les chemins linéaires ne sont guère mon fort !

23 juin 2013 : Retour à l'observation pure de la nature !

Ce milieu d'année 2013 s'illustre par mon retour en force dans le domaine de l'observation pure. Courant de mon enfance, mes parents ont possédé une excellente paire de jumelles 7x50 de type "Prismes de PORRO". Ces jumelles, bien que très performantes avec leur pupille de sortie de 7,1 mm (luminosité compatible jusqu'au domaine de l'astronomie) étaient encombrantes mais aussi très lourdes rendant leur utilisation inappropriée sur le très long terme d'une randonnée.

Depuis 1999, habitué à la manipulation de grosses artilleries optiques autorisant la production d'images (télescope, lunette ED, monture allemande informatisée...), j'ai pendant très longtemps boudé la paire de jumelles, bien qu'il m'arriva plutôt fréquemment d'utiliser celle de mes parents sporadiquement lorsque mes nuits consistaient à repérer des objets célestes lumineux et très étendus. Tombé dans la marmite de la photographie artistique à partir de 2005, la présence d'une paire de jumelles au sein de mon catalogue d'outils tardera à venir et il aura fallu attendre l'été 2013 soit le dimanche 23 juin 2013 pour que cette "déficience" soir résolue.
Absorbé par une passion frénésique pour l'image, j'en ai presque oublié pendant huit ans que l'observation attentive de notre nature peut réserver à elle toute seule beaucoup de satisfaction.

Photographe des terrains pittoresques d'une normandie sauvage mais certainement pas artiste de salon, l'achat de cette paire de jumelles se devait d'être finement mûri car il ne s'agit pas d'un investissement à prendre à la lègère et il fallait que celle-ci soit capable de m'accompagner jusque dans les conditions météorologiques les plus extrêmes (boue, pluie violente, air salin, ambiance poussiéreuse,...), ce dont la bonne vieille paire de jumelles 7x50 de mes parents n'est point adaptée, tout en garantissant une parfaite maniabilité de part sa légéreté (moins du kilogramme) mais également une très bonne luminosité pour que celle-ci soit parfaitement utilisable dans des conditions de lumière, même très précaires (sous-bois, crépuscule, ciel très couvert et...Même la nuit !). Le grossissement se devait d'être également modéré (7 ou 8 fois mais guère plus) pour que son utilisation à main levée soit parfaite, sans devoir recourir à l'usage d'un trépied. En somme, le nombre de mes critères d'exigence guidant mon choix était excessivement élevé mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il me serait difficile de trouver le modèle respectant chacun de ceux-ci.

J'ai trouvé mon bonheur dans un magasin comptant parmi les cinq enseignes les plus populaires de France : Nature & Découvertes, ayant élaboré sa propre gamme de paire de jumelles depuis 1990 prénommée Fréhel, en partenariat avec la marque d'instruments optique de très haut de gamme (télescopes, lunettes de visée, télémètres, GPS, équipements de visée nocturne...) bien justement renommée Bushnell, fondée au Japon en 1948 par David P. Bushnell. Pour répondre à mes exigences de randonneur spécialisé, ma recherche s'arrêta sur la composition optique et mécanique intéressante des jumelles 8x42 Fréhel Performance. Cette paire de jumelles présente le critère de base que j'attendais d'une paire de jumelles : Une résistance à toutes épreuves par une véritable étanchéité à l'eau et aux poussières garantissant son utilisation endurante dans les milieux très sales comme aux abords de fermes et cela même sous les pluies les plus intenses et...Même par immersion totale sous 1,5 m de profondeur pendant 3 minutes grâce à l'emploi de joints toriques purgés à l'azote !

Optiquement, le choix d'une ouverture de 42mm pour un grossissement de 8 fois avec une construction de type "Prismes en Toit" permet d'obtenir une paire de jumelles compacte, légère (environ 670 g) mais surtout lumineuse (pupille de sortie confortable de 5,2 mm) compatible avec tous les types d'observations et cela dans presque toutes les conditions d'éclairage : Incontournable pour moi ! Dans le listing des traitements optiques, j'ai retrouvé dès l'ouverture du carton et déballage de son contenu, les bien charmants liserés verts bien plaisants à voir sur les lentilles des objectifs et des oculaires auxquels je fus tant habitué avec mes différentes instrumentations astronomiques attestant immédiatement de la qualité optique très supérieure de l'ensemble. Ces traitements ont bien entendu été appliqués à toutes les surfaces, tant sur les lentilles extérieures que à l'intérieur sur l'intégralité du chemin lumineux, de l'objectif jusqu'à l'oeil de l'opérateur. Mieux encore, j'ai noté l'existence d'un traitement de correction de phase des prismes en toit, bien meilleur que le simple traitement anti-reflet, jadis exclusivement réservé aux seuls modèles de prestige (inabordables pour l'amateur) de la marque bien célèbre Leica, il y a encore de cela quinze ans - jusqu'en 1997. Je tâcherai de le vérifier ultérieurement mais ce traitement de haut vol permet d'atteindre un contraste de très haut niveau compatible avec l'observation astronomique avec les jumelles 8x42 Fréhel Performance.

Enfin, les porteurs de lunettes comme moi à la myopie prononcée n'ont pas été oubliés dans l'élaboration de ce modèle grâce à des oeilletons d'oculaires en caoutchouc rétractables, à l'image de ceux équipant les excellents oculaires PERL-VIXEN Luthanium que j'utilise avec mon télescope Schmidt-Cassegrain (Celestron 8) depuis 1999. Confort optique garanti !

Les quelques tests pratiques effectués en ce 23 juin par mes soins sur quelques oiseaux et sur des paysages de mon Val D'Oise (95) tout proche, sous une pluie modérée par temps couvert mais aussi sous le soleil (météo très fluctuante au cours de la même journée) sont venus affirmer sans la moindre hésitation la très élogieuse fiche technique de ce bel objet particulièrement prometteur. 
En cet été et automne 2013 en devenir, il est bien certain que l'achat de cette paire de jumelles va peser très fortement sur mes nouvelles futures explorations du Pays de Bray car j'aurais désormais de quoi occuper mes sorties lorsque le temps ne sera pas toujours favorable à la photo. Ce sera l'occasion bien certainement d'effectuer des pointages inédits conduisant à la découverte de nouveaux lieux, de nouveaux points de vues en exploitant les 8x du dispositif en conjugaison d'un autre outil venu me seconder dans mes explorations, il y a quelques mois : Ma tablette tactile communicante 3G+ NEXUS 7 dotée de la version mobile Google Maps la plus aboutie à ce jour. La haute technologie est venue rejoindre ma soif d'observation et d'imagerie : BANZAI !

18 et 19 mai 2013 : Tours et Zoo de Beauval sous la pluie


Le samedi 18 mai et dimanche 19 mai 2013, je fus de sortie pour des prises de vues sur deux jours. Pour se faire, ma façon de préparer mon matériel s'améliorant sans cesse avec l'âge et le poids des expériences, j'étais parvenu pour l'occasion à me confectionner un sac à dos LOWEPRO discret, léger, petit et compact réunissant le meilleur de mon artillerie :
  1. Le reflex numérique NIKON D7000 + téléobjectif NIKON 70-300mm ED
  2. Le compact numérique NIKON COOLPIX P7100
  3. Le camescope HD SONY HDR-HC9E
  4. Le GORILLAPOD permettant d'installer mon NIKON COOLPIX P7100 pour les longues poses d'intérieur
Le samedi 18 mai fut tourné vers la ville de Tours. Je pensais initialement en faire beaucoup plus en explorant la ville à pied. Malheureusement, il en fut tout autrement car ce week-end fut particulièrement pluvieux et il fallut se résigner à patienter pendant au moins deux heures à l'hôtel avec ma compagne en fin d'après-midi, de 17h15 à 19h15. Cependant, le plus beau fut exploré entre 19h50 et 20h45 : La Basilique néo-byzantine Saint-Martin.
Avec le NIKON COOLPIX P7100 et le GORILLAPOD, j'ai réalisé un certain nombre de prises de vue d'intérieur. Ce compact, depuis ma première prise de vue nocturne sur Etretat fin mars 2013, s'avère aussi performant qu'un reflex en poses longues en mode manuel à faible sensibilité (100 ISO). Initialement acheté en juin 2012 pour réaliser exclusivement des prises de vues sur la capitale (Paris) afin de ne pas m'encombrer de mon reflex, ce compact s'impose peu à peu dans mon artillerie comme un appareil photo à part entière capable de produire des images de qualité professionnelle, au point que depuis, j'oublie souvent mon reflex au profit de ce compact.


Le dimanche 19 mai 2013, ce fut au tour de mon NIKON D7000 équipé pour l'occasion d'un téléobjectif zoom NIKON 70-300mm de se faire remarquer au Parc Zoo de Beauval. En l'espace d'un aprés-midi et début de soirée, j'ai produit l'équivalent de 6 Go d'images soit un peu plus de 270 photos de 16 millions de pixels au format brut Nikon (.NEF) d'un certain nombre d'animaux passionnants (guépard, lion, lionne, manchots, koala, vautour, okapi, pélicans, tapirs...). La pluie fut de la partie et il s'agit bien de la première fois que mon boitier connaît une telle exposition à l'humidité directe et il fallut de retour de cette expédition procéder à un nettoyage soigneux de l'objectif mais également du boitier. Quoiqu'il en soit, ce qui est dans les cartes mémoire fut une excellente moisson et fera partie de la future mise à niveau de mon portfolio dans les mois à venir.

Quant à la cinématographie, elle fut presque nulle car bien qu'accompagné, je ne pus tout faire et cela d'autant plus avec cette météo capricieuse. Toutefois, avec ma compagne, un autre objectif cinématographique à venir est en cours de maturation et il se pourrait alors que les séquences filmées ne passent pas inaperçues car le sujet visé devrait trouver un très large écho.

5 mai 2013 : Un petit tour du côté du château de Grouchy (Val-d'Oise)


Le Parc du château de Grouchy dans le Val-d'Oise (95) renferme quelques pétites dont ce petit temple sans toit occupé par une statue centrale. Il n'est pas sans rappeler le temple de la philosophie du Parc de Jean-Jacques Rousseau d'Ermenonville. La symbolique reste forte : Une femme songeuse et l'absence de toit. La philosophie est un exercice de pensée et à elle seule, il s'agit d'un édifice en perpétuelle construction et jamais abouti. Quant à l'absence de toit, il s'agit bien évidemment d'une métaphore de l'altitude que peut prendre l'exercice de pensée : Indéfinissable. Donner des limites à la pensée, c'est forcément donner raison aux déclarations de Camille Flammarion en son époque se résumant au fait que les individus limitant leurs recherches aux seules bornes des horisons connus étaient voués à être de piètres innovateurs puisque les découvertes ont justement lieu lorsqu'une infime poignée d'individus décident de franchir les bornes du connu en ayant l'audace d'explorer la sphère des inconnus. Au moment d'effectuer cette visite, j'étais justement en pleine réflexion sur mon avenir ; d'ici qu'il me faille y voir une invitation synchronique à m'élever, il n'y a qu'un pas...

25 avril 2013 : Porte ouverte sur les églises fortifiées de la Thiérache


Avez-vous connaissance de ces fameuses et célèbres églises fortifiées de la Thiérache ? Le 25 avril 2013, je me suis aventuré dans cette zone de la Picardie très caractéristique, l'un des très rares territoires de France dans lesquelles on trouve encore bien largement des églises ouvertes pour s'exercer pleinement à l'art religieux. Bien sûr, mon NIKON D7000 équipé de mon excellent NIKON 18-70mm revêtu de son filtre polarisant circulaire était de la partie pour produire les images car seul ce boitier reflex est capable de garantir les sensibilités ISO les plus élevées et les plus propres, nécessaires à l'accomplissement de mes prises de vue en intérieur sans devoir m'encombrer d'un trépied.

La Thiérache est notamment un territoire bucolique reconnu pour sa commune de Parfondeval, classée parmi les plus beaux villages de France. Seulement 155 habitants mais quel village dans l'arrondissement de Laon ! Il est avec Gerberoy (dans l'Oise), l'un des deux seuls (sur un peu plus de 100 communes au total sur toute la France) à avoir reçus ce classement très prestigieux pour toute la Picardie. Bien entendu, ce classement est mérité et la visite garanti de longues heures d'émotion.

Je vous invite pour conclure mon billet à découvrir Terascia, le site du territoire depuis 1999.


24 avril 2013 : Mouvement sur mon portail internet officiel


Après une coupure de six mois, j'ai repris le chemin des actualisations de mon site internet. Deux exposés réactualisés sur l'argentique (composition d'une pellicule et sa numérisation) ont ainsi vu le jour pour marquer ce nouveau mouvement. Mon site aurait dû connaître bien des bouleversements depuis six mois mais ce ne fut point le cas car plus rien ne me surprend sur ma façon de gérer mes travaux, pas plus que mes proches. Ma vie est un chemin sinueux à la tendance aux multiples péripéties. Six mois de répit fut le minimum requis pour que je puisse un peu souffler car la créativité est une qualité exigeant des phases de répit. L'actualisation d'un site ne doit en aucun cas être/devenir un problème pour rester un plaisir. Le plaisir de faire, le plaisir de structurer des idées, le plaisir de présenter, le plaisir de mettre en ligne sont une addition de satisfactions importantes.

Très prochainement, j'espère vous revenir avec 3 nouvelles pages concernant les catalogues d'étoiles, les catalogues d'objets et la classification des galaxies. Il me restera alors, je l'espère, à rédiger l'exposé concernant l'imagerie numérique et il en sera chose terminée pour la partie technique concernant astronomie et photographie. Déjà, mon regard regarde loin et je projéte de me réinvestir dans mes études des bovins...

31 mars et 1er avril 2013 : Etretat


Etretat fut une étape, le 31 mars 2013.

J'ai profité d'un petit séjour de deux jours avec ma compagne entre cette ville et Le Havre pour réaliser quelques images du littoral avec mon compact Nikon COOLPIX P7100. Je n'avais pas emporté mon reflex car je n'avais pas envie de m'encombrer, l'étant déjà beaucoup avec ma valise. De plus, je ne portais pas à ce lieu une importance suffisamment importante pour qu'il m'apparaisse vraiment utile d'utiliser le plus lourd et plus performant de mes outils. Encore une fois, ce compact révéla ses capacités à produire des images d'une qualité compatible avec mes exigences artistiques lorsque se présenta quelques bonnes occasions inattendues d'éclairages sublimant les falaises. Même lorsque je m'aventure vers des destinations pour lesquelles je n'adresse pas initialement le désir réellement explicite de produire et de revenir avec des images, le COOLPIX P7100 me dépanne véritablement lorsque contre toute attente, de bons clichés se présentent devant mes yeux. Presque un an après son achat, ce petit compagnon me surprend toujours autant. J'aurais dû normalement l'utiliser beaucoup plus si mon existence était plus simple, plus rectiligne et plus paisible, notamment pour la réalisation de mon portfolio portant sur les églises de Paris dont j'avais listé les 70 clochers et plus, durant l'automne 2012.

Je ne serais point prolixe. Mes quelques oeuvres collectées à Etretat feront bien évidemment partie de la future mise à jour de mon portfolio officiel constituant mon portail internet et cela suffira à boucler ma petite aventure sur ce bout de littoral par communication par les exemples...


09 et 10 mars 2013 : Amiens et les sites de la Grande Guerre 14-18 autour d'Albert

Par un beau soleil de fin d'hiver avec 17 °C au thermomètre, il était 16h30 le samedi 9 mars 2013 quand ma compagne et moi, nous avons pris la route pour Amiens. Les conditions de circulation s'avéreront excellentes tout le long de l'A16 jusqu'à notre débarquement dans la ville. Sitôt au coeur du chef-lieu du département de la Somme, l'étape du repérage de notre parking souterrain fut plus laborieuse car souvent, il faut ouvrir les yeux bien grands pour dénicher la très timide rampe d'accès dans laquelle s'engouffrer avec le véhicule. Libérés de notre voiture, l'étape suivante consista bien-sûr à rejoindre l'hôtel pour nous débarrasser de nos bagages. En réservant par téléphone notre chambre d'hôtel quelques jours plus tôt, le standardiste nous avait promis une vue nocturne des plus romantiques sur la cathédrale d'Amiens, visible depuis le lit, pour nous accompagner très agréablement dans notre sommeil. Depuis le balcon de notre chambre, je n'ai pas pu hésiter une seule seconde de sortir mon boitier reflex NIKON D7000 pour saisir cette composition superbe de la cathédrale d'Amiens s'illuminant à la tombée de la nuit.

Vue depuis l'hôtel de la Cathédrale d'Amiens
Un livret des menus faisant parfaitement
écho au cadre...
Enfin très confortablement établis sur place, nous nous sommes aventurés en soirée dans la ville jusqu'à 23h00 pour découvrir et nous restaurer dans le fameux quartier St-Leu, bien connu pour ses très nombreuses enseignes gastronomiques de qualité. A l'angle de la cathédrale, notre recherche d'authenticité et de traditionalisme Picard dans notre menu touristique trouva tout son sens dans le choix du restaurant "La Dent Creuse" (http://www.ladentcreuse.com/). Les propriétaires, particulièrement charmants (chaleur humaine bien conforme à l'esprit Picard), assurent un service continu bien agréable. Si un jour, il viendrait à votre esprit de vouloir sillonner la ville si ce n'est qu'une journée, notre dîner dans ce restaurant nous aura laissé sur un sentiment de profonde satisfaction, tant pour le cadre intérieur que pour le repas en lui-même. L'assiette de spécialités Picardes (Ficelle Picarde, Pâté en croûte, tartelette aux poireaux...) constitue à elle-seule une entrée en matière fort séduisante pour que tourisme s'orchestre de pair avec gastronomie locale. De retour du restaurant, nous nous sommes endormis assez difficilement, notamment moi car très excité d'avance d'exécuter le programme photo-culturel du lendemain, méticuleusement préparé depuis plusieurs jours concernant 5 sites d'importance capitale, relatifs à la première Bataille de la Somme (1916) dans un triangle entre les villes d'Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume, disposés précisément sur la carte ci-dessous avec leurs distances par la route :


Rétrospectivement, l'écoute de mes intuitions au moment d'assurer le co-pilotage avec mon GPS pré-renseigné auprès de ma compagne et les bons "hasards" des sinuosités de la route, voulurent que la chronologie initiale de notre "parcours découverte" fut quelque-peu modifié :

1 - Basilique Néo-Byzantine d'Albert
2 - Cratère Lochnagar - La Boisselle
3 - British Cemetery - Pozières
4 - Parc Neuvien - Beaumont-Hamel
5 - Thiepval Memorial to the Missing of the Somme

1 - Basilique Néo-Byzantine d'Albert

La première étape de notre parcours est un appel au souvenir et à l'émotion, tant historique que personnel. En juillet 2005, alors au tout début d'une carrière photographique réellement en pleine explosion que je n'imaginais pourtant pas vouée à pareille expansion, cette Basilique représente encore à ce jour la plus belle réussite de tout mon CV d'artiste-photographe. Le portfolio original de 2005 est consultable ici : La Basilique d'Albert par Arnaud FIOCRET. Il fut à l'époque le résultat de poses longues (entre 5 et 15 secondes) à faible sensibilité (100 ISO) avec l'emploi d'un trépied et de mon premier boitier reflex, le NIKON D70 (Résolution de 6,3 Millions de Pixels seulement). Mon travail en 2005 avait tellement ému mon public qu'il me projeta instantanément vers une popularité mondiale et même encore aujourd'hui, mon portfolio demeure la référence pour mettre en valeur cet édifice. Pas peu fier de cette popularité restée assez vive dans les consciences, mon retour avec ma compagne en ces murs presque huit ans après cette révélation ne fut pas évènement anodin. 

Fort de mes énormes progrès en photographie et de l'évolution considérable de mon matériel photographique depuis mes premiers pas (tant au niveau du boitier que dans les objectifs), j'ai pu réaliser quelques nouvelles vues inédites intérieures de cet édifice entre 1000 et 2500 ISO sans trépied, selon les conditions de lumière disponibles, telle que celle visible ci-contre. Compte-tenu de la nature sombre de mes visites, ce dimanche 10 mars 2013, nous pourrions presque y apercevoir un lien synchronique Jungien dans ce tableau de la colombe de la paix accroché à l'une des colonnes de marbre, à proximité du magnifique choeur de la Basilique, revêtue de sa superbe mosaïque décorant l'abside. A en admirer actuellement l'état impeccable, il est effectivement très difficile d'imaginer que cette Basilique érigée au cours de la fin du XIXème siècle fut détruite courant 1916 lors de la première bataille de la Somme à presque 50% par les nombreux obus qui s'égarèrent dans sa nef et sur son dôme soutenant la gigantesque statue en or de la "Vierge et l'enfant". 

Bien qu'il ne fasse pas particulièrement beau en ces derniers instants d'hiver (cette visite précédant d'ailleurs la dernière grand tempête de neige qui s’abattra le mardi suivant, 12 mars 2013 au point de m'empêcher de me rendre à mon lieu de travail), je reste fasciné par la lumière artificielle et naturelle se diffusant dans ce bâtiment religieux de première importance. J'avouerai mon faible tout particulier pour l'architecture Byzantine dont les lignes et perspectives rappellent tout bonnement ce que nous pouvons découvrir tout particulièrement en Turquie Occidentale (Petit rappel : La ville d'Istanbul du temps de la Grèce antique s'appelait Byzance ; L'ancien empire Romain d'Orient dont l'apogée sera atteinte en 550 s'appelait aussi Empire Byzantin). L'architecture Byzantine représente donc un harmonieux mélange d'art grec, d'art romain à consonance orthodoxe ; Une architecture cousine finalement très proche des standards russes, hongrois, de l'Europe de L'est en général. Le XIXème siècle connaîtra une renaissance de beaucoup de types d'architectures anciennes par la construction de nouveaux édifices sous le préfixe Néo-. La Basilique d'Albert représente un merveilleux exemple de la renaissance du style Byzantin, au même titre que le Sacré-Coeur à Montmartre (Paris) enregistrée sous la désignation Néo-Byzantine.

2 - Cratère Lochnagar - La Boisselle

Bienvenue en enfer !


Dès le départ, dès que vous arrivez sur le site du "Lochnagar Crater Mémorial", vous êtes plongé dans l'ambiance : Le ton est très grave, cela renifle comme une odeur de poudre. Ce cratère n'est pas l'oeuvre de la chute d'une météorite mais de l'homme, au point que le site est classé dans la catégorie "très dangereux" car certaines zones sont susceptibles de s'effondrer à cause de l'érosion naturelle du site ou bien, surtout, le site demeure dangereux car des munitions ou des charges n'ayant pas explosé pourraient être encore actives dans le sous-sol à proximité. Toutefois, en restant prudent et en se limitant à parcourir le chemin balisé, il est possible d'effectuer une petite randonnée tout le long du périmètre du cratère de mine.

Ce cratère de mine est célèbre pour avoir été creusé le 1er juillet 1916 autour de 7h20 du matin par l'explosion de deux énormes charges d'Ammonal de 27 tonnes chacune enterrées à 18 mètres de profondeur sous les lignes allemandes par les tunneliers britanniques, explosion marquant officiellement le début de la première bataille de la Somme. On dénombre à la louche environ 150 fantassins tués sur le coup par éventration des tranchées et automatiquement inhumés au fond du cratère sous l'immense volume des retombées de terre. Il faut bien avoir conscience que ce cratère est un véritable cimetière militaire à lui tout seul puisque les corps de ces fantassins dorment toujours au fond du cratère, ensevelis sous les retombées.

Le mélange explosif britannique de nitrate d'ammonium (58,6%), d'aluminium en poudre (21%), de charbon (2,4%) et de TNT (18%) a projeté la terre et les débris des destructions jusqu'à 1200 mètres d'altitude. Le cratère de mine résultant de cette explosion tel qu'il peut être encore observé aujourd'hui, mesure 91 mètres de diamètre pour 25 mètres de profondeur.


Ce cratère est l'un des témoignages encore visible du savoir-faire britannique dans le maniement des explosifs et dans la maîtrise du "tunneliage" pour placer plusieurs dizaines de tonnes de charge sous une grande profondeur. L'armée britannique détient ainsi le triste record de 10000 morts par explosion de 19 mines à base d'Ammonal durant la Première Guerre Mondiale.

Le film de l'explosion d'une mine britannique, le 1er juillet 1916 :


Les auteurs de la vidéo ont par ailleurs mené une enquête pour tenter de déterminer le lieu où pouvait être disposée assez précisément la caméra, ce 1er juillet 1916, afin de filmer cette énorme explosion de mine.

3 - British Cemetery - Pozières

Le cimetière britannique de Pozières - Photo : http://www.ww1cemeteries.com/ww1frenchextension/pozieres.htm
A partir du milieu d'après-midi, la lumière baisse drastiquement, le ciel devient de plus en plus blanchâtre, la température s'effondre, ma compagne et moi sommes frigorifiés et nos séjours auprès du chauffage de la voiture deviennent très agréables. Faire des photographies devient assez problématique et cela d'autant plus que ce cimetière n'est pas ouvert lors de notre passage. Nous sommes cantonnés à l'observer de l'extérieur, depuis les colonnes du chemin de ronde. Néanmoins, je parvins à tirer quelques images de détails architecturaux sur les hauts-reliefs du portail principal. Ces images iront très certainement ultérieurement rejoindre le portfolio officiel de mon portail internet général.

2700 hommes, c'est le nombre de fantassins britanniques enterrés dans ce cimetière. 14000 (dont 300 Sud-africains) est le nombre des noms inscrits tout le long des murs intérieurs de ce même cimetière, de fantassins britanniques disparus qui n'ont pas de sépulture.

4 - Parc Neuvien - Beaumont-Hamel

Photo : http://celine-flu.over-blog.fr/
Le vent est glacial, les rafales se multiplient. Le thermomètre de la voiture indique désormais 2 °C en fin d'après-midi. La température ressentie à l'extérieur est très certainement de -5°C. J'ai le nez qui coule abondamment toutes les cinq minutes. Cela est à peine croyable quand on se remémore les conditions de départ de la veille autour de 17°C avec un beau soleil. En moins de 24 heures, il s'agit d'un plongeon de près de vingt degrés Celsius. Dans ces conditions, j’abandonne le plaisir de la photo pour me concentrer sur l'essentiel de la visite : Marcher au travers du réseau de tranchées conservées pour ne rien rater de ce site historique sensationnel, rejoindre le panoramique avec table d'orientation surplombant toutes les tranchées symbolisé par une magnifique statue de cerf, tenter de réchauffer ma compagne qui se gèle littéralement dans sa tenue malgré un pull-over très épais et se réfugier pour finir la visite très confortablement dans la maison d'accueil contenant tout un parcours explicatif sur ce qui s'est passé en ce lieu, un certain 1er juillet 1916, du côté des bataillons Terre-Neuviens (Canada). Malgré le froid qui semble prendre surement le dessus dehors, le formidable accueil des quelques guides canadiens du parc représente une source de réconfort et de chaleur considérable.
"Vous n'avez décidément pas choisi la meilleure des journées pour venir !" s’exclama très justement l'une des guides en notre direction.

Selon le site de Somme Tourisme : "Le 1er juillet 1916, à 9h, les hommes du régiment terre-neuvien, à peine sortis de leurs tranchées, se trouvèrent pris sous le feu de mitrailleuses allemandes. Une demi-heure plus tard, ils n'étaient plus que 68 valides. Tous les officiers avaient été tués ou blessés. Proportionnellement aux effectifs engagés, cette action fut l'une des plus meurtrières de l'offensive de la Somme.".

5 - Thiepval Memorial Franco-Britannique

Le mémorial Franco-Britannique de Thiepval fut la conclusion du circuit. Il s'agit d'un énorme monument en briques rouges visible de très loin par delà les routes sinueuses, à l'architecture impressionnante (45 mètres de haut), oeuvre de l'architecte Sir Edwin Lutyens. Il porte sur ses piliers l'inscription de 73 367 disparus britanniques et sud-africains tombés entre juillet 1915 et mars 1918, n'ayant pas de sépultures connues.

A l'extérieur de ce mémorial, symétriquement, 100 tombes britanniques d'un côté, 100 tombes françaises de l'autre. Cela permet d'admirer la différence des pierres tombales en fonction de la nationalité. Comme dans tous les lieux Britanniques et notamment dans ce secteur d'Albert, le symbole du coquelicot a remplacé le symbole du bleuet. Le coquelicot a été choisi comme symbole par les Britanniques car la plupart d'entre-eux sont tombés dans ce secteur connu pour ses très vastes plaines couvertes de coquelicots. Philosophiquement parlant, le coquelicot signifie également "l'ardeur fragile". Cette signification est très profonde de sens et prend toute sa dimension car tous ces jeunes soldats Britanniques dont l'ardeur ne tenait qu'à un fil étaient bien fragiles face aux pouvoirs destructifs de l'ennemi. Beaucoup sont tombés dans la Somme sous les rafales très meurtrières des mitrailleuses allemandes.

Dans le monument lui-même, des petites croix ou des petites étoiles de bois selon la religion du fantassin disparu ornent un peu partout les murs mais également l'autel du souvenir central. Le petit témoin de bois tient pour devise "In Remembrance" signifiant "Dans le souvenir". On ne sort jamais indemne de tels parcours historiques surtout quand la pelouse est mouillée, le sol gras, le ciel voilé, le froid presque étouffant, le vent menaçant, comme la plupart de ces journées très sombres que nos aïeux auront affronté pendant un peu plus de quatre ans de conflit dans leurs tranchées souillées par le sang de leurs camarades.

Depuis le 27 septembre 2004, un centre d’accueil et d’interprétation fournit aux visiteurs les clés nécessaires à la compréhension de l’histoire de Thiepval au cours de la Première Guerre mondiale. Le centre propose également de nombreux autres services : bureau d'information, boutique, salle de projection et des sanitaires. Toute mon attention fut personnellement retenue par l'excellente animation retraçant au gré des mois et des années, l'évolution de la position des tranchées au gré des grandes batailles. Ainsi, entre 1915 et milieu 1918,  on remarque d'un seul coup d'oeil l'enlisement perpétuel des positions françaises et allemandes, se soldant continuellement par des batailles sanglantes débouchant sur des pertes énormes.

On ne peut que souhaiter une seule chose pour les générations suivantes : Plus jamais çà !

1er mars 2013 : Séquences vidéo de la nocturne du 50ème salon de l'agriculture



Ces séquences du 50ème Salon de l'agriculture (édition 2013) ont été réalisées lors de la nocturne du vendredi 1er mars 2013, entre 20h30 et 23h, avec mon camescope Haute-Définition. Le montage de ces séquences est effectué avec I-Movie (logiciel de montage grand public d'Apple). Merci à mon adorable compagne de m'avoir fait la surprise d'organiser cette soirée, me sachant très attaché aux bovins et d'avoir tout prévu dans la logistique ce jour-là pour rendre notamment possible ce petit reportage vidéo. 

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