21/12/2011 : Chaque seconde, 26m² de terres agricoles disparaissent en France

Tout comme mon autre blog "Douance, psychologie et philosophie", je vais essayer de me rendre un peu plus présent, même si gérer autant de sujets à la fois est particulièrement compliqué, voire impossible. Vivre intensément autant ma vie professionnelle que ma vie personnelle d'artiste-photographe, de lecteur, de grand rêveur mais aussi de "fainéant" est un art bien difficile et cela d'autant plus, lorsqu'on est touché d'un mal incurable : Le perfectionnisme (et encore, je me suis un peu calmé). J'ai horreur de copier bêtement des textes sans y mettre une partie de ma réflexion personnelle. Je pourrai sans nul doute dynamiser mes blogs en réfléchissant beaucoup moins par l'exploitation beaucoup plus fréquente de la fonction "Copier/coller" mais rien à faire, cela me révulse assez fortement de me faire à l'idée de devoir ne pas faire travailler ma matière gélatineuse.
En ce 21 décembre 2011, je n'ai pourtant pas pu m'empêcher de relater l'une des raisons pourquoi le photo-reportage trouve tout son intérêt et qu'il est parfois inutile d'aller à l'étranger pour se confronter à de vrais sujets existentiels, nous avons l'horreur chez nous : L'article de LA TRIBUNE relatant la mort progressive programmée de l'agriculture...


"La terre est plus que jamais un enjeu stratégique à l'heure où la demande alimentaire mondiale ne cesse d'augmenter. Pourtant, notre espace agricole diminue sans discontinuer. En cause, la pression de l'urbanisation et la course à la rentabilité."



En plus de cela, d'autres facteurs n'aident pas l'agriculture, l'exemple le plus scandaleux étant les usines polluant les terres et condamnant les agriculteurs à l'exil pur et simple car ne pouvant que s'incliner, impuissants, face à la contamination de leur bétail voué à être abattu sans pouvoir en soutirer la moindre recette financière (le lait est invendable, la chair des bêtes également). En définitive, l'agriculture française se porte très mal.

Première puissance agricole de l'Union européenne (UE), la France perd aussi « 26 mètres carrés de terres par seconde », selon la formule du syndicat Jeunes Agriculteurs, qui a mené en novembre une campagne de sensibilisation sur le sujet. Soit 82.000 hectares de terres agricoles disparus en moyenne chaque année entre 2006 et 2010, rappelle le ministère de l'Agriculture. En cinquante ans, la surface agricole utile (SAU) a ainsi diminué de 20 %, passant de 36 millions d'hectares en 1960 à 28 millions en 2010.

Le principal coupable : l'urbanisation qui, de zones industrielles en centres commerciaux, d'habitations en parkings, domine toujours plus les paysages. 40.000 hectares étaient urbanisés par an dans les années 1960, 78.000 hectares le sont actuellement. Mais la nécessité de construire routes et logements n'est pas la seule explication. La recherche de rentabilité économique - d'autant plus pressante que les agriculteurs dégagent en moyenne de faibles revenus (lire page 4) - a également conduit à l'abandon des parcelles insuffisamment productives ou rentables, au profit de la forêt notamment. Faillites, départs à la retraite, difficultés à trouver un successeur sont autant d'occasions qui amènent les exploitants à profiter de l'aubaine financière que peut représenter la vente de terres.

Les meilleurs sols perdus

Autre constat, non seulement la France perd des terres, mais l'artificialisation se porte majoritairement sur les meilleurs sols, avec une pression forte le long du littoral, autour des grandes agglomérations et des axes de communication. « L'homme s'est historiquement installé sur des terres fertiles et les villes actuelles ont grossi autour de ces premières implantations », rappelle Robert Levesque, directeur du Terres d'Europe-Scafr, le centre d'études de la fédération des Safer (sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural).

« En plus d'un impact sur la biodiversité, la disparition du foncier signifie la disparition du support pour la production alimentaire, s'alarme Carole Robert, des Chambres d'agriculture. Les consommateurs demandent des produits locaux, issus de l'agriculture raisonnée, des produits de qualité. L'agriculture française est à même d'y répondre, mais encore faut-il conserver les sols. »

La disparition du foncier interroge également l'indépendance alimentaire française et européenne. « L'Europe importe de pays tiers l'équivalent de la production de 35 millions d'hectares, explique Robert Levesque. En 1999-2000, ce chiffre était de 26 millions. » En d'autres termes, alors que la demande alimentaire mondiale est appelée à croître sous la pression démographique et que la fin programmée du pétrole promet un bel avenir aux agrocarburants, il faudra produire davantage. Et donc, posséder la terre.

La bataille pour le sol a en réalité déjà commencé si l'on considère le processus de « land grabing » (accaparement de terres) à l'oeuvre depuis une décennie (*). Des millions d'hectares ont été achetés ou loués par de grands pays importateurs - la Chine, certains pays du Moyen-Orient - souhaitant se prémunir de la hausse tendancielle des prix des denrées agricoles. Si l'Afrique était visée jusqu'à présent, l'Ukraine ou encore l'Australie sont désormais convoitées.

En France, les tensions sur les prix du foncier ont ressurgi depuis la moitié des années 2000. La baisse généralisée des taux d'intérêt a avivé l'intérêt des acquéreurs, l'attrait pour la campagne résidentielle faisant le reste. Devant l'ampleur de l'extension urbaine, certains acquéreurs n'ont pas hésité à spéculer sur le changement d'usage des terres. Puis, lors de la crise financière de 2008, « la terre a été perçue comme valeur refuge par des apporteurs de capitaux », estime Robert Levesque. Aujourd'hui, le ralentissement économique pourrait freiner les projets d'urbanisation. Selon Joël Clergue, du syndicat des Jeunes Agriculteurs, « le prix de la terre ne baisse jamais, malgré la crise ». Et pour cause, « il s'agit d'une ressource finie, rappelle Robert Levesque, l'offre sera donc toujours limitée et les prix, trop élevés ».

Copie intégrale de l'article original rédigé par Sara Sampaio (en gris), publié sur LA TRIBUNE : 

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