18/10/2011 - Bruit ISO : Privilégier la technicité ou la spontanéité ?

Bruit du Nikon D7000 à 1600 ISO
Bruit du Nikon D70 à 1600 ISO
En l'espace de six ans, la maîtrise du bruit numérique a été considérablement améliorée entre mon premier boitier reflex numérique (le NIKON D70) et le troisième (le NIKON D7000).

Les possibilités offertes aux hautes sensibilités par le NIKON D7000 sont en aucunes communes mesures avec celles offertes, il y a six ans par le NIKON D70. En 2005, lorsque j'ai débuté la photographie numérique, il était impensable de photographier l'intérieur d'une église à main levée à 1600 ISO. Le bruit numérique était horrible (il suffit de regarder la comparaison en image (ci-dessus)). Le seul moyen efficace d'effectuer ce genre d'images avec le NIKON D70 était la pose longue, le trépied stable et la sensibilité de 200 ISO. Ce fut notamment la façon de procéder en 2005 ayant conduite à produire les photographies de l'intérieur de la Basilique Néo-Byzantine d'Albert (80). Aujourd'hui, ma technique photographique pour les intérieurs de bâtiments est vouée à évoluer avec le NIKON D7000 pouvant produire réellement de belles images jusqu'à 3200 ISO. De nombreux professionnels comme Vincent Munier avec le D3s ont démontré l'avantage de posséder pareilles hautes sensibilités (jusqu'à 12 800 ISO) sur un boitier au format DX (APS-C) ou FX (plein format).

Jusqu'à l'année dernière (2010) avec le Nikon D90, j'en étais resté à la vieille règle de la longue pose à faible sensibilité par soucis de respecter la saine rigueur technique permettant d'obtenir des images d'intérieur au piqué irréprochable. Or, la résolution des capteurs CMOS est devenue si élevée et la maîtrise du bruit si efficace que tirer sur papier des images de plus de 40 cm de diagonale réalisées à 3200 ISO est possible sans granulation apparente. Autrement dit se pose aujourd'hui la question : Conserver cette technicité rigoureuse de la pose longue + trépied ou se laisser porter par les vagues de la spontanéité en exploitant les hauts ISO "propres" de mon boitier le plus récent ?

A vrai dire, désormais, j'ai l'embarras du choix mais je crois que l'une ou l'autre des solutions possèdent leurs avantages propres. Mes objectifs de qualité moyenne souffrent d'aberrations optiques sur les bords devenant d'autant plus visibles lorsqu'elles sont utilisées à pleine ouverture (valeur la plus petite), tandis qu'elles s'annulent pratiquement lorsque ceux-ci sont suffisamment fermés (au moins f/8). Bien souvent donc, les photographies à hauts ISO seront produites avec de grandes ouvertures où les défauts optiques de mes objectifs interviennent dans une dégradation des images sur les bords, tandis que la bonne vieille technique rigoureuse permet de s'affranchir non seulement du bruit numérique mais aussi des aberrations optiques éventuelles (faible ISO et petites ouvertures).

Ma tendance est appelée à évoluer surtout vers la spontanéité et les hauts ISO car il est devenu très difficile de prévoir lorsqu'une église ou tout édifice est ouvert ou non. De plus, les responsables de la visite de certains édifices interdisent le trépied, voire le flash et n'offrent que rarement le temps à un visiteur de pouvoir prendre son temps pour réaliser ses images. Beaucoup de villages ferment surtout leurs églises pour éviter dégradations volontaires et vols. Transporter un trépied sur soi tout en arpentant une ville ou un village n'est pas toujours chose aisée. La vie contient son lot de surprises et parfois, il m'est arrivé d'entrer dans des églises merveilleuses et de ne pouvoir en garder aucun souvenir photographique justement parce-que l'appareil était incapable de travailler dans ces conditions de faible lumière ou bien, c'était moi qui m'imposait obligatoirement la seule rigueur technique comme valable, préférant ne rien faire au lieu de rapporter chez moi des résultats médiocres. Le D7000 m'impose à changer progressivement de point de vue, surtout depuis mon dernier reportage réussi dans l'église de Saponay (02) composé d'images produites la plupart du temps à 2500 ISO. Cette église, habituellement, n'est pas ouverte mais ce jour-là, le destin a voulu que mon chemin croise le responsable des clés de l'édifice récemment restauré et j'ai pu alors m'y donner à coeur-joie...Malgré l'oubli de mon trépied !

Avec un tel repoussement des limites de ma créativité, on vit forcément la photographie différemment, plus librement...

1 commentaire:

gege5644 a dit…

Merci pour cette confirmation d'un meilleur piqué en photographiant à 80 iso, plutôt qu'à 400 iso par exemple. Etant possesseur d'un Canon g10,donc petit capteur maintenant que je photographie en mode manuel, toujours réglé à 80 iso, j'obtiens il me semble de meilleurs résultats.Amicalement, Jérôme.

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