22/09/2011 : Seconde exploration Brayonne et pixels "divergents"

Le lendemain, 22 septembre, les rayons du soleil encore davantage présents m'ont encouragé à poursuivre la photographie, même si finalement toute l'après-midi de prises de vues en Pays de Bray fut surtout nuageuse ! En revanche, les bons sujets continuent à se manifester malgré cette lumière photographique si mauvaise.

Pour compléter le tableau des mauvaises nouvelles, après la farce concernant la licence de NIKON Capture NX2, c'est désormais au tour de mon boitier reflex NIKON D90 de m'imposer un petit soucis. Le numérique est encore une technologie nouvelle sujette à des défauts de jeunesse. En 2005 et cela jusqu'en 2008, le principal défaut de jeunesse des reflex numériques était la sensibilité du filtre-passe bas du capteur aux poussières. Au fur et à mesure, surtout depuis les deux dernières années (2010 et 2011), absolument tous les nouveaux modèles de reflex numériques incluent un système très efficace évitant énormément le dépôt des poussières. Malheureusement, quand les poussières ne représentent plus un problème, il en existe toujours un autre : L'instabilité dans le temps du comportement des photosites. Certains photosites dans le temps meurent ou deviennent "divergents" sur la trame d'un capteur CCD ou CMOS ; ceci se traduit par des phénomènes visibles sur une image produite par l'appareil. En analysant mes images de ce 22 septembre, j'ai constaté l'apparition d'un groupe d'au moins 15 photosites ne fonctionnant plus correctement prenant l'aspect d'une défectuosité rougeâtre (particulièrement visible dans les zones sombres bien entendu).

Etat du capteur CMOS de mon NIKON D90
La défectuosité observée à 100% dans une image noire
du capteur pourrait laisser imaginer qu'elle n'est pas importante,
voire insignifiante. Or, sa taille a tendance à croître au fur et
à mesure de l'élévation de la sensibilité ISO. Par effet de
diffusion, la défectuosité semble également nettement plus
visible au sein d'un cliché réel. Sa suppression ultérieure lors
de l'édition sur ordinateur est tout à fait nécessaire.
Ce phénomène pourrait être perçu tel le signe d'un appareil photo de mauvaise facture mais en fait, il est beaucoup plus répandu voire courant. Même les boîtiers reflex professionnels NIKON D3 au prix neuf de 4500 euros peuvent être atteint par cette mésaventure. En réalité, il faut savoir que tout capteur numérique, même le meilleur de tous, n'est jamais parfait. Garantir l'idéal fonctionnement de plusieurs millions de photosites ne faisant que quelques microns chacun sur une structure plane uniforme est un véritable sport ; ce challenge devenant par ailleurs de plus en plus tendu au fur et à mesure de la progression croissante de la résolution des capteurs (jusqu'à 20 millions de pixels à ce jour pour un petit capteur APS-C). Les constructeurs font subir à chacun de leurs boîtiers, avant commercialisation, une procédure logicielle de "réinitialisation" visant à ce que ces pixels "divergents" ne viennent pas corrompre les images. Le capteur "vieillissant" aura donc tendance à présenter de nouveaux pixels défectueux dont la procédure logicielle initialement prévue à l'état neuf devient alors inopérante pour les masquer : On voit alors apparaître des pixels bleus, verts, rouges, blancs ou noirs selon la nature du "défaut" de fonctionnement des photosites polluant les photographies à des endroits bien localisés et stables.

Ennuyé par cette défectuosité apparaissant sur chacune de mes images, on remarquera encore les performances remarquables de NIKON Capture NX2, progiciel d'édition d'images, pour la faire disparaître de toutes mes photographies automatiquement en instaurant un réglage d'auto-correcteur par défaut à l'ouverture de chacun de mes RAW. Autrement, bien-sûr, on peut aussi régler définitivement le problème physiquement sur l'appareil en se rapprochant du SAV de NIKON pour faire effectuer une mise à jour du micro-programme interne au boîtier afin que celui-ci prenne connaissance des évolutions structurelles du capteur de façon à ce que plus aucune future photo ne soit affectée par des pixels récalcitrants. La fréquence de l'apparition de ce phénomène peut se produire immédiatement à l'achat, six mois après, deux ans après, six ans après, jamais... Par exemple, mon vieux NIKON D70 toujours en fonctionnement entre les mains d'un autre propriétaire a fêté ses six ans au courant du printemps 2011 et ne présente toujours pas de pixels "défectueux" tandis que mon D90 n'affichant que deux ans et demi au compteur présente déjà ce trouble. 

L'évolution commerciale est ainsi faite. Avant, on pouvait acheter un appareil photo argentique pour cinquante ans (certains automatismes et même l'autofocus n'existaient pas mais cela n'empêcha pas par exemple l'éclosion des chefs d'oeuvres de Doisneau) ; le capteur d'image étant un consommable (rouleau de film). Désormais, les performances merveilleuses de l'électronique ouvrant la porte de la créativité à n'importe qui, imposent malgré tout une remise en cause régulière du matériel photographique selon une moyenne d'environ 3-4 ans.

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