La douance : Un handicap plutôt qu'une chance !

Il est extrêmement rare que j'en vienne à m'égarer aussi longtemps à la pensée libre, en dehors de toute production photographique. Pourtant, en ce moment, je traverse une période où il me devient nécessaire de briser certains tabous...Un tabou sur moi-même en tous les cas !

Je n'ai jamais été autant électron libre qu'en ce moment précis.

Je traverse une période actuelle assez trouble où il me devient nécessaire de tirer conclusion d'un certain nombre de faits qui marquent mon existence depuis trois mois environ. Période trouble durant laquelle paradoxalement, je n'ai jamais bénéficié d'une vision aussi nette sur ma personne et sur les autres, bénéficiant d'une lucidité à toutes épreuves !

Mon pèlerinage, à la fois photographique et philosophique d'une semaine au Pays de Bray, du 7 au 13 mars 2011, m'a permis réellement de me poser les bonnes questions existentielles et d'en tirer des conclusions, même si la plupart des personnes ne s'encombrent pas avec ce genre de considérations.

Une personne a joué un rôle immense dans cette prise de conscience si violente sur moi-même. Je croyais ce passé d'enfance, ce passé d'adolescence, ce tabou obligé, réglé enfin comme une pendule lorsque je fus parvenu à l'âge adulte, voire enterré, voire mieux encore si c'est carrément l'oubli ; Mais tôt ou tard, à travers une personne que vous aimez tout particulièrement, que vous admirez passionnément, celui-ci peut resurgir brutalement, parfois avec fracas, vous rappelant que vous aviez effectivement négligé de prendre en compte votre différence trop encombrante pour passer inaperçue dans vos bagages !

Vous êtes alors contraint d'admettre qui vous êtes vraiment et de revenir aux sources pour réfléchir afin de tirer bénéfice de ce type de rencontre révélatrice sur votre chemin de vie. Cette personne répondant aux douces similitudes de l'une des plus grandes déesses grecques, a su faire mouche dans mon esprit du bout de l'une de ses flèches. N'est-il pas vrai que le meilleur miroir pour soi-même, ce sont les autres ?

Incontestablement, mon esprit s'était égaré trop longtemps dans les bras de la Lune tellement je me sentais aimé, apprécié, admiré, entouré par cette personne au visage à la peau sombre comme la nuit dont la seule présence faisait mon équilibre ainsi que ma joie. Mais le bonheur n'étant que le silence du malheur, j'en suis vite redescendu pour toucher à la réalité et en tirer les vraies raisons de croire encore en la notion d'épanouissement, alors que vous n'avez jamais été aussi proche de perdre toutes les personnes qui comptent le plus pour vous.

Croyez-le sincèrement, la douance n'a jamais rendu quelqu'un heureux !
Bien au contraire, cet état de fait qui provient directement de la façon de réagir de mon cerveau a bien des revers dans la vie quotidienne que je refilerai bien volontiers aux voisins !

A chacun son profil, à chacun sa façon de penser, à chacun sa façon de fonctionner

La société Française, pour ne parler qu'elle, est ainsi composée d'au moins 65 millions de profils différents qui s'efforcent de cohabiter sur le même territoire ainsi que sous une même et unique identité nationale, quelqu’en soient leurs différences sociales, physionomiques, culturelles, religieuses, diplômantes...Et intellectuelles ; Autant de profils avec leurs spécificités... 

Saisir le profil d'un individu, c'est le comprendre pour mieux l'intégrer au sein d'une collectivité, au lieu de le marginaliser. Marginaliser, en règle générale, a toujours pour effet extrêmement négatif la désolidarisation d'un groupe d'individus et je me sens ainsi bien mal à l'aise pour aborder mon cas personnel qui représente tout de même le même quotidien d'une fourchette de mieux en mieux identifiée, de curieux individus, qui ont bien du mal à trouver leur place dans la société des ultra-majoritaires.

Personnellement, depuis ma plus tendre enfance, mon profil atypique ne m'a pas fait que des amis et même parfois, il me conduira plusieurs fois à vivre à l'écart des autres car pour ceux qui ne sont pas éveillés à ce type particulier de profil, le rejet pour anormalité est très courant. C'est en 1994, à mon entrée en phase d'adolescence, que après bien des années d'errance dans l'ignorance, que l'on me révéla les tenants et aboutissants de ce profil ; Révélation qui me permis de l'accepter. Ma différence, sous ses aspects apparents d'important favoritisme, n'est absolument pas un atout car encore aujourd'hui, malgré les nombreuses émissions et les nombreux articles publiés sur celle-ci depuis le début des années 2000, elle souffre toujours d'énormément de préjugés. 

J'appartiens à ces "zèbres" (hommes et femmes) représentants de seulement 2,3% de la population française qui ont et auront toujours un mal fou à trouver leur place dans notre vie sociale de tous les jours à cause d'un cerveau monté à l'envers (comprenez-le avec humour !). Bien des fois, j'aurai bien envie de ne pas appartenir à cette petite population d'adultes un peu perdus voués à souffrir principalement de Dyssynchronie sociale (découlant souvent d'une Dyssynchronie scolaire vécue jusque-tard durant la vie étudiante) car Dyssynchronie rime avant tout avec handicap avec autrui.

Le plus difficile à vivre avec cette Dyssynchronie étant le fait que je ne suis pas plus intelligent qu'un autre...Mais différemment intelligent. Mon profil de fonctionnement en "arborescence" fait que je pense concrètement (quasi physiologiquement) différemment de la grande majorité de la population. D'une idée qui me traverse la tête en jaillissent tellement d'autres d'un seul coup d'une façon totalement désorganisée et incontrôlable que cela me conduit bien souvent à un sur-régime de la pensée. Mon incapacité à mettre mon cerveau en pause, en repos, en paix également, découle sur un hyper-fonctionnement intellectuel permanent qui a son revers dans ma vie sociale de tous les jours.
Résultats du grand revers de cet hyper-fonctionnement :
  • Une estime de soi basse : J'ai eu pendant très longtemps une image assez déplorable de moi-même jusqu'à ce que je parvienne à trouver mon équilibre dans une activité extra-professionnelle. Malgré tout, je manque toujours assez souvent de confiance en moi ;
  • Une hypersensibilité : Ma sensibilité exacerbée me joue des tours dans notre société individualiste (donc peu sociale) particulièrement cruelle ;
  • La culpabilité de sentir mon potentiel et de ne pas pouvoir le réaliser comme la société souhaiterait que je le réalise ;
  • Une lucidité cruelle qui m'amène notamment à une remise en cause permanente de moi-même alors que les autres ne se posent pas ces questions ;
  • Un besoin permanent d'anticipation et de maîtrise sur tout ce que je fais et sur tout ce que j'entreprends, au point que au cours de ma scolarité, dans le monde professionnel ou même dans ma vie personnelle, mon incapacité de vivre le "Carpe Diem" n'est évident pour personne ! De plus, cela a pour effet de développer chez moi un perfectionnisme presque obsessionnel dans tout ce que j'entreprends avec enthousiasme. Professionnellement parlant, je peux alors être assimilé parfois, à tord, pour une personne très lente dans mon travail, voire bourrue...
  • Difficulté de rapport avec les autres qui s'exprime par des activités solitaires, souvent par nécessité car se sentir différent éloigne des autres et se faire repérer comme différent me fait fuir. Quand des liens se nouent en entreprise ou autres, demeure le problème de l'incompréhension d'un fonctionnement différent par mon entourage professionnel, amical ou même parfois familial.
Le tableau que je dresse de moi est assez noir car il contrebalance le tableau clinquant qu'on se fait habituellement de cette petite population d'individus qu'habituellement on envie, on se dit qu'elle est vernie et que tout lui réussira.

Heureusement, pour peu qu'un employeur, qu'un collaborateur, qu'un humain tolérant tout simplement, me fasse confiance, me comprenne, mon profil atypique n'est pas que souffrance et douleur. Des tests très sérieux complémentaires m'ont révélés en 1996, un bel atout qui a aussi son revers : Un Quotient Créatif très élevé. Une double peine en quelque-sorte (!) car si on ne me donne pas les moyens d'exprimer cette boulimie permanente de créativité à un poste professionnel ou dans n'importe quelle activité (même de loisir), mon potentiel et ma motivation s'éteignent progressivement.

Voilà pourquoi, dès que j'en ai l'occasion, le temps, l'envie, je m'en vais rejoindre les doux paysages du Pays de Bray, seul endroit où mon activité cérébrale semble se raisonner, semble vouloir se reposer un peu, d'une seule et même fréquence avec celle de la nature...

Avec le nombre des années, l'humour, la créativité, l'originalité et surtout l'attachement naturel à vouloir relever des défis sont les portes de sortie de ce fonctionnement neurologique à part et de cette personnalité bien complexe...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"Le tableau que je dresse de moi est assez noir car il contrebalance le tableau clinquant qu'on se fait habituellement de cette petite population d'individus qu'habituellement on envie, on se dit qu'elle est vernie et que tout lui réussira."

Je confirme, il y en a même a qui rien ne réussi et qui finisse en dépression... enfermés chez eux car n'arrivant plus à aller vers les autres et ne faisant rien car se sentant (sachant) inutile. Contente que vous ayez trouvé une porte de sortie !

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