5 mars 2011 : Retour en Pays de Bray pour un exil intérieur...


Enfin ! Enfin ! En ce samedi 5 mars 2011 débutaient mes congés d'une semaine. La météo étant enfin favorable du même coup, j'en ai profité pour regagner mon territoire photographique emblématique du Pays de Bray pour reprendre mes reportages. Depuis décembre, j'avais été privé de photographie en extérieur par la météo puis par un sinistre automobile. Cette semaine de repos est pour moi aussi l'occasion de me vider la tête et de tenter de prendre le dessus sur une vie personnelle qui a été pas mal chamboulée depuis les trois derniers mois, entre succès mais aussi grandes désillusions d'ordre sentimental. Le moins qu'on puisse dire pour un photographe de bovins, la vie est parfois très vache et il convient de conserver un cap positif malgré ces peines qui entravent parfois le destin...


Cet exil en Pays de Bray pendant une semaine est aussi pour moi synonyme d'exil intérieur afin de m'interroger sur moi-même et sur les décisions à prendre pour l'avenir. Le Pays de Bray depuis maintenant plus deux ans m'a apporté beaucoup de stabilité dans mon existence. Tout le long d'une vie, on rencontre des gens, hommes ou femmes, qui nous apportent chacun un éclairage sur notre chemin, que ce soit dans la sphère professionnelle comme dans celle du privé. Il est alors courageux de tendre l'oreille, d'écouter et d'en tirer l'enseignement. Tel le fameux karma, les évènements heureux sont là pour nous motiver sur la voie choisie tout comme les situations au goût d'inachevé ou bien tout simplement d'échecs au goût finement amer interviennent pour nous faire réagir. La nature humaine est animée de choses fabuleuses comme la fraternité, l'amour envers son prochain, l'empathie mais aussi faite d'aspects assez sombres, tantôt tranchante, déterminée, indéboulonnable, sans concession, sans pitié mais également d'une angoissante mutabilité, instabilité et perversité.

La photo a toujours été l'occasion de m'interroger durablement sur le rôle de l'humain sur terre, surtout lorsqu'il s'agit de nature au travers de la rencontre des agriculteurs, grands acteurs de la terre. La photo ne semble trouver pour moi sa réelle force de communication (on pourrait même parler de communion) que si elle s'accompagne d'un solide égarement philosophique. 
C'est en retournant en ces paysages, en cette agriculture, dès ce samedi, que j'ai pu retoucher immédiatement à l'essentiel afin de me ressourcer. Loin des villes, la certitude du lendemain ainsi que la notion purement matérialiste s'effondre et n'existe plus. L'esprit devient plus clairvoyant, plus malléable et permet d'apprécier les vraies valeurs d'une existence avant tout gouvernée par nos rêves, aspirations et objectifs. Toute activité terrestre n'échappe pas à cette règle qui veut (et cela beaucoup plus en photo qu'ailleurs) que même avec toute la peine du monde et les meilleurs préparatifs qui soient (attente de la bonne lumière, connaissance du terrain, bonne orientation solaire,...etc) que certains buts se dérobent inlassablement en dehors du collimateur et ne peuvent pas toujours être atteints ; La notion de certitude n'existant finalement que pour les choses passées et le présent mais jamais pour les évènements à venir. Seule doit donc demeurer l'espérance qu'il faut garder à tout prix car elle a pour vocation de ne jamais décevoir et de nous conserver vivants.


C'est ainsi que ce samedi, ma route a enfin croisé spirituellement la route d'un agriculteur qui m'avait aperçu depuis deux ans le photographier et photographier le secteur où il pratique son activité. Le contact s'est fait spontanément alors qu'il était particulièrement disponible, en train de charger son tracteur apparemment en engrais. Il est certain que nous nous reverrons de nombreuses fois à l'avenir pour encore bien d'autres vues... En seulement quelques heures de l'après-midi, j'ai déclenché plus de 140 fois (une libération après près de 5 mois d'interruption). La lumière rasante et douce de ce mois de mars se révèle particulièrement adaptée à la photographie et cela notamment sur les bovins que j'ai pu surprendre.

1 commentaire:

Céline Piquet a dit…

Bonjour,
Et félicitations pour votre travail. je suis la fille de l'agriculteur dont vous avez croisé la route et j'aimerai savoir si vous pouviez me transmettre quelques photos afin que je puisse lui montrer. merci d'avance de votre réponse et bonne continuation.

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