08 octobre 2010 : La revanche sur la séance précédente

Tant la séance photographique du 3 octobre dernier fut désastreuse, tant cette séance du 8 octobre 2010 peut servir d'exemple en terme de productivité avec 20 nouvelles photos touchant à des sujets aussi variés que les paysages, les bovins ou l'architecture. En somme, une belle revanche aidée par la providence de la météo.

Parti du domicile sous le soleil, je suis arrivé en "Pays" de Bray sous le brouillard. Brouillard qui n'était rien d'autre que celui qui sévissait le matin en Ile-de-France.

Sur ma route, passage obligé, j'ai redécouvert une troisième fois le même paysage (image illustrant ce billet) sous encore de nouveaux coloris et avec une légère nappe de brouillard. C'est fou comme un même cadrage peut conduire en l'espace de seulement cinq jours à produire deux photos très différentes !

Sur ma route, c'est désormais bien l'automne avec sa couleur "rouille" et sa lumière plus feutrée et le soleil de basse altitude. Une couleur ou plutôt des couleurs, qui, nous le savons très bien, se sont toujours bien accordées avec la photo artistique. Seule la météorologie durant cette période devient plus instable et l'air plus humide, ce qui complique un peu les choses pour les photographes comme moi qui n'ont que les fins de semaine pour pratiquer leur art.

Si ce n'était qu'un problème de météorologie, ce serait facile à gérer mais malheureusement, rentrée oblige, c'est aussi la période pendant laquelle les services techniques des villages se décident à barrer les routes pour effectuer quelques travaux sur le circuit routier en vue de nous proposer une voirie en très bon état afin d'affronter la dureté de l'hiver, ce qui complique pas mal la circulation automobile d'un lieu à un autre pour partir à la chasse à mes sujets. Il faut donc jouer d'astuces pour arriver à atteindre les cibles malgré tout et cela parfois devant les yeux écarquillés de quelques habitants qui ne comprennent pas toujours pourquoi tant d'efforts pour atteindre à tout prix le but fixé.

Lassé malgré tout de cette zone temporairement semée d'embûches, j'ai fini par me décider à franchir l'Epte pour m'aventurer en Seine-Maritime. C'est à partir de ce moment que j'ai saisi l'occasion de prendre la route pour le château de Brémontier-Merval devenu Lycée Agricole du Pays de Bray, très réputé. Je me suis dit que c'était le moment ou jamais de m'y rendre car je me suis convaincu qu'un vendredi, il doit y avoir moins de monde que le week-end et que de surcroît un vendredi avec si belle météo, il n'était pas sûr en cette période automnale que je puisse avoir deux fois l'identique chance de tomber dans une période si propice à cette visite.

Conformément à ce que j'avais pressenti, quand j'ai franchi les grilles du château avec mon véhicule, il était 16h30 et les quelques étudiants du Lycée agricole qui se dirigeaient vers la sortie étaient le signe que la fin des cours avait sonné. Le parking était vide et je n'eus donc aucun mal à y trouver une place pour me stationner. Quant au parc et au château, personne à l'horizon pour encombrer mes prises de vues. Enfin, la lumière du soir, parfaitement orientée, éclairait la façade du château d'une couleur ocre très chaude et permettait toutes les prises de vues possibles sans devoir négocier avec le soleil qui se situait justement très exactement dans l'orientation la plus inintéressante du lieu. Quel bel hasard !...Euh, pardon, quelle jolie providence !

Satisfait de mon travail, j'ai poursuivi mon exploration du jour jusqu'à la butte de la Ferté Saint-Samson, route sur laquelle j'ai pu collecter encore quelques paysages sous lumière du couchant. 19h00 ayant sonné au cadran de ma montre, je me décida à rebrousser chemin progressivement jusqu'à mon domicile.

Pas à l'abri d'une nouvelle surprise, c'est en franchissant l'un des villages situés sur ma route du retour que j'ai été témoin d'un évènement dont je n'ai pu garder malheureusement aucune trace photographique car il faisait dès lors très sombre dans la campagne du Bray Normand : Un troupeau de vaches laitières "pies noires" dites "Prim'Holstein" traversant la route principale du village, poussées en queue par un vieil éleveur, étonnamment assis sur une moto de collection des années 50 qui hurlait très fort derrière, à s’époumoner, pour que les pauvres bêtes respectent la vitesse de marche imposée ainsi que la courbure de la route.
Au départ, me retrouvant au volant de mon véhicule face au troupeau, je ne comprenais rien et j'ai eu quelques moments d'angoisse au passage de ces très belles bêtes qui évoluaient à moins de 50 cm de ma portière conducteur. Ce n'est qu'au dernier moment, après que le plus gros du troupeau soit plus en avant, que j'eus le soulagement d'apercevoir le vieil homme fort sympathique me faire un grand sourire, assis sur son engin, ainsi que la certitude de vivre un moment d'humanité vraiment exceptionnel, ultime conclusion de mon exploration de ce vendredi béni.

C'est dans la nuit la plus noire et la plus absolue que je retrouva le confort d'un bon repas et d'un bon lit pour clôturer cette journée bien remplie, de soleil, de belles images et de fascinantes rencontres.

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