Starbook type S : Mes avis définitifs sur le GO TO pour monture PERL-VIXEN GP

Le Starbook Type S fut la réponse de "modernisation" de Vixen pour équiper les anciennes montures GP ou GPD ou leurs nouvelles moutures, les GP2/GPD2, d'un système GO TO.

J'ai investi dans ce produit en fin 2007. J'en attendais beaucoup (PEC, autoguidage,...). Finalement, il m'a beaucoup déçu pour la qualité de son suivi, le bruit parfois infernal de ses servo-moteurs : Deux choses incompatibles avec la photographie planétaire et stellaire, même à courte pose.

Je l'avais un peu rejeté dans les confins de mes cartons pour mieux l'oublier et cela est d'autant plus justifié lorsque je vois l'incontestable silence des moteurs pas à pas d'origine pilotés par la DD-1 et la qualité du suivi, même sans autoguidage qui en découle (lors de ma très récente séance astronomique du week-end) ! Avec cette électronique rudimentaire mais sûre, Vixen a eu ses heures de gloire du temps de l'argentique, au point que cette rigueur de suivi du mouvement sidéral sans aucune autre assistance, s'en ressent même en CCD aujourd'hui. Or, nous sommes tous conscients que la CCD est un type de détecteur qui laisse beaucoup moins passer les défauts mécaniques d'une monture comme pouvait l'autoriser l'argentique. On le voit bien notamment aussi en photographie traditionnelle où les objectifs sont obligés désormais de répondre à un cahier des charges de plus en plus rigoureux, pour être compatibles avec la rigueur du numérique.

Bref, en 2007, j'ai fini par abandonner cette console et ses moteurs, tout simplement dégoûté par le produit. Il suffit de parcourir les forums d'astronomie pour se rendre à quel point le produit a déçu les photographes du ciel au niveau de la qualité du suivi sidéral, des vibrations et du ronronnement élevé des moteurs tandis que les moteurs pas à pas d'origine sont d'un silence bien agréable !

Mais, en sortant mon matériel astronomique afin d'organiser ma nuit du 4 au 5 avril 2010, je suis retombé sur cette console que j'avais malgré tout conservée dans une boîte en carton. Depuis lors, je n'avais jamais pu en tirer grand chose de cette console, d'autant plus que je n'arrivais pas à entrer dans sa mémoire interne via un port ethernet (LAN) spécialement dédié à cela.

Mon avis trop dur vis à vis de ce Starbook Type S va un peu changer en l'espace d'une heure, lundi 5 avril 2010 au matin, en parcourant cette page et en parvenant pour la première fois à communiquer avec cette console via la carte réseau de l'un de mes deux ordinateurs. Cette découverte ne remet pas en cause la qualité médiocre du suivi sidéral du dispositif mais me permet en revanche de mieux comprendre l'objet de ma déception et de qualifier finalement le Starbook Type S comme un produit très intéressant développé par VIXEN, à condition de l'utiliser dans le contexte pour lequel il a été finalement conçu.

Avec ses fonctions comme le PEC ou un port d'entrée pour l'autoguidage, nous aurions pu croire le Starbook-S suffisamment compétent pour mener à bien des prises de vue célestes de qualité mais il n'en est rien. Les fonctions existent mais elles sont finalement inopérantes dans la pratique. Il faut définitivement se mettre dans l'idée que ce Starbook-S n'a pas été conçu pour la photographie.

En revanche, pour l'avoir bien entendu utilisé, le Starbook-S est par contre un excellent compagnon pour l'observation et pour la chasse aux objets très difficiles. Sa fonction principale GO-TO s'avère par contre tout à fait fonctionnelle sur la GP et de ce point de vue par contre, VIXEN a conçu un bon produit. De nombreux objets Messier pouvaient être explorés dans un laps de temps très court car après un alignement précis sur 3 étoiles, tous les objets se trouvaient du premier coup, généralement jamais très loin du centre de l'oculaire (Grossissement de 50x avec un Célestron 8).

Le Starbook-S est donc sans aucun doute un très bon produit pour conduire des séances d'observation (de dilettante ou scientifiques) mais certainement pas pour organiser et réaliser des séances d'acquisitions photographiques. On pourrait en fait classer le Starbook-S dans la catégories des très bons assistants automatiques au pointage d'objets fabriqués généralement pour les télescopes dobson (télescopes de gros diamètres spécifiquement conçus pour le visuel) mais certainement pas dans la catégorie des systèmes polyvalents (pointage et suivi de l'objet pendant une longue pose photographique).

Mais je pense que pour poursuivre dans tout le bien que je pense du Starbook-S (si on s'en tient bien-sûr strictement à sa fonction de pointage), c'est sa possibilité de recueillir les données orbitales d'une comète pour pouvoir ensuite la localiser automatiquement dans le ciel et de ce point de vue, si l'astronome amateur est membre d'une commission, qu'il suit des programmes rigoureux d'observations cométaires purement visuels et que la photographie ne le passionne guère (ou bien alors que des poses CCD n'excédant pas 30 secondes suffisent à son travail), le Starbook-S se révèle être un excellent compagnon de travail pour compléter une monture GP. Cet observateur peut désormais passer la grande partie de son temps à observer et à étudier les comètes qui l'intéresse, sans se soucier de devoir dans un premier temps...Les trouver !

Je dois dire que pour ma part, la tentation est très grande d'abandonner de nouveau le très bon suivi sidéral de la mouture d'origine de la GP, pour la déconcertante facilité de pointage du Starbook-S et ses servo-moteurs. Et cela d'autant plus que lundi 5 avril 2010 au matin, l'intérêt pour cette console a été ravivé par le fait que j'ai pu mettre à jour le soft interne par la dernière version 2.2 sortie il y a peu (fin mars 2010) ainsi que de pouvoir enfin accéder avec le port Ethernet à la mémoire interne de celle-ci afin d'y intégrer toutes les comètes observables du moment !

Finalement, j'ai désormais une autre opinion du Starbook-S, bien plus flatteuse que celle que j'avais par le passé. Je finis par réaliser en somme que la nécessité absolue de photographier a fini par polluer la réelle grande idée de l'astronomie qui est de savoir observer et comprendre les objets que l'on regarde. A vouloir constamment photographier, à vouloir rien que l'image pour l'image (pour faire comme les copains) car elle a bonne presse, on fini par ne plus être astronome. Le Starbook-S, avec ses défauts certes quelque peu anormaux en regard du prix de vente (assez prohibitif) de ce kit, celui-ci permet finalement de mettre le doigt sur l'essentiel de cette science : Passer moins de temps à chercher les objets connus afin de pouvoir mieux les étudier.*

La CCD permet certes l'accès à un plus grand nombre d'objets puisqu'elle permet d'atteindre la magnitude 19 dans une campagne polluée avec un télescope de 200mm tandis qu'avec une vue moyenne, on aura du mal à aller au delà de la magnitude 12 en visuel depuis un site meilleur que celui du premier cas mais il faut se rendre à l'évidence que l'observation visuelle est plus méritante, plus vivante et plus riche, même si elle ne fait pas le poids face à la sensibilité des photo-diodes d'un capteur.

Pour ma part, je garde une grande émotion et de très bons souvenirs de mes quelques observations visuelles effectuées sur des comètes avec mon Célestron 8 et je pense que le Starbook m'invite indiscutablement à revenir à des façons simples de vivre l'astronomie, en partant malgré tout d'un produit sophistiqué qui rend bien des services !

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