Nuits du 20 au 21 avril, du 23 au 24 avril 2010 : Le Starbook n'est vraiment pas fait pour la photographie longue pose !

Après avoir un moment cru que le STARBOOK type S pouvait garantir un suivi compatible avec la photographie avec quelques belles victoires photographiques, j'ai longtemps eu un avis divergent sur la question, tantôt positif, tantôt négatif mais aujourd'hui, ma conclusion est désormais définitivement négative et amère sur le STARBOOK-S.

Les deux dernières nuits sous les étoiles m'ont démontré que le STARBOOK type S n'est décidément pas fait pour la photographie longue pose.

J'avais déjà avancé le problème dans un billet précédent en m'appuyant sur des tests d'astronomes sérieux tel que Christophe Demeautis.

Dans une monture, beaucoup d'éléments entrent en jeu dans une erreur périodique (équilibrage, moto-réducteurs, moteurs, vitesse, vis sans fin...).

Compte-tenu de la bonne erreur périodique de ma monture GP avec les moteurs d'origine pas à pas qui sont pilotés par la raquette DD-1, je suis désormais persuadé que même un excellent équilibrage de l'instrumentation et l'emploi de l'autoguidage ne peut résoudre les problèmes de suivi avec le kit du STARBOOK-S car le problème provient directement de la qualité des moto-réducteurs des servo-moteurs de ce kit GO TO. Les moto-réducteurs "made in China" glissent quand on agit sur l'un des axes de la monture. Il n'existe pas pire comme situation car un moto-réducteur "glissant" signifie que la monture est incapable d'assurer une position fixe sur une étoile. Cela signifie donc que l'autoguidage est improductif puisque dès que l'ordinateur agit sur l'AD pour assurer une correction de position de l'étoile, l'étoile glisse constamment de sa position.

En final, on rentre dans le cercle vicieux où l'étoile ne peut jamais être accrochée à une position fixe par l'autoguidage pour que les étoiles apparaissent rondes sur des photographies à longue pose. Ce cercle vicieux se solde par des corrections permanentes en AD pendant lesquelles le système d'autoguidage se débat constamment avec une étoile qui glisse de sa position où le logiciel l'a voudrait voir se verrouiller. Dans un pareil scénario, on a beau changer les valeurs d'agressivité du logiciel, la tolérance de déviation de l'étoile en pixel, les vitesses de correction sur le STARBOOK-S, rien n'y fait ! L'autoguidage est impossible.

Pour se convaincre de l'improductivité de l'autoguidage, quand celui-ci est fonctionnel, les étoiles forment des traînées dès 8 secondes de pose tandis que lorsque celui-ci est désactivé et que les moteurs sont abandonnés à eux-mêmes, on arrive à des étoiles ponctuelles jusqu'à 55 secondes de pose. En somme, un autoguidage qui devrait permettre d'atteindre des temps de pose de plusieurs minutes est en fait la source d'une erreur périodique bien plus grande...A cause de moto-réducteurs qui glissent !!

Mécaniquement parlant, ce glissement est compréhensif. Pour peu que vous ayez une formation en micromécanique comme moi, il suffit de comparer un moteur pas à pas MT-1 (raquette DD-1) avec un servo-moteur issu du kit du Starbook. A la main, on peut faire tourner très aisément l'arbre du servo-moteur tandis que l'arbre du moteur MT-1 reste bloqué très rigidement sur sa position, même si on essaye de le tourner avec une clé. La qualité des deux moteurs saute aux yeux !!

Un autoguidage est possible avec un moteur MT-1. En revanche, VIXEN a fait très fort en équipant son STARBOOK-S de servo-moteurs qui "glissent" alors que dans ce cas précis, leur produit propose une entrée ST-4 pour assurer un autoguidage alors que ce n'est bien évidemment pas une option prévue sur les raquettes DD-1 et même les nouvelles DD-2. Le monde à l'envers !! Pour 800 euros le kit, VIXEN nous a volé, il ne faut pas avoir peur du mot !

La seule satisfaction d'avoir un STARBOOK-S se résume à pouvoir pointer précisément des objets. Sur ce point, le STARBOOK-S ne rate jamais sa cible ! Avec une seule étoile de référence, l'objet recherché apparaît pas très loin du centre du capteur CCD de ma caméra DMK dans 90% des cas. Mais 800 euros pour bénéficier d'un pointage automatique, je trouve cela très exagéré et cela d'autant plus lorsque l'on voit les autres options disponibles sur le STARBOOK-S qui m'incitèrent justement à l'acheter (PEC et Autoguidage ainsi que suivi automatique de l'orbite d'une comète avec l'action simultanée du STARBOOK-S sur les deux axes de la monture GP).

Grâce au pointage automatique, j'ai pu trouver instantanément de nombreux objets (notamment des galaxies, invisibles à l'oculaire de ma 80 ED) les deux nuits (20 au 21 avril, 23 au 24 avril) que j'aurais pris beaucoup de temps à trouver avec la méthode traditionnelle des cercles gradués de la monture GP et que j'ai vu apparaître immédiatement sur l'écran de mon ordinateur.

En somme, je peux conclure pour avoir essayé le produit jusque dans ses derniers retranchements qu'il n'est décidément pas conçu pour la photographie, malgré un pointage très efficace ! Je demeure très déçu !

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