Nuits du 20 au 21 avril, du 23 au 24 avril 2010 : Le Starbook n'est vraiment pas fait pour la photographie longue pose !

Après avoir un moment cru que le STARBOOK type S pouvait garantir un suivi compatible avec la photographie avec quelques belles victoires photographiques, j'ai longtemps eu un avis divergent sur la question, tantôt positif, tantôt négatif mais aujourd'hui, ma conclusion est désormais définitivement négative et amère sur le STARBOOK-S.

Les deux dernières nuits sous les étoiles m'ont démontré que le STARBOOK type S n'est décidément pas fait pour la photographie longue pose.

J'avais déjà avancé le problème dans un billet précédent en m'appuyant sur des tests d'astronomes sérieux tel que Christophe Demeautis.

Dans une monture, beaucoup d'éléments entrent en jeu dans une erreur périodique (équilibrage, moto-réducteurs, moteurs, vitesse, vis sans fin...).

Compte-tenu de la bonne erreur périodique de ma monture GP avec les moteurs d'origine pas à pas qui sont pilotés par la raquette DD-1, je suis désormais persuadé que même un excellent équilibrage de l'instrumentation et l'emploi de l'autoguidage ne peut résoudre les problèmes de suivi avec le kit du STARBOOK-S car le problème provient directement de la qualité des moto-réducteurs des servo-moteurs de ce kit GO TO. Les moto-réducteurs "made in China" glissent quand on agit sur l'un des axes de la monture. Il n'existe pas pire comme situation car un moto-réducteur "glissant" signifie que la monture est incapable d'assurer une position fixe sur une étoile. Cela signifie donc que l'autoguidage est improductif puisque dès que l'ordinateur agit sur l'AD pour assurer une correction de position de l'étoile, l'étoile glisse constamment de sa position.

En final, on rentre dans le cercle vicieux où l'étoile ne peut jamais être accrochée à une position fixe par l'autoguidage pour que les étoiles apparaissent rondes sur des photographies à longue pose. Ce cercle vicieux se solde par des corrections permanentes en AD pendant lesquelles le système d'autoguidage se débat constamment avec une étoile qui glisse de sa position où le logiciel l'a voudrait voir se verrouiller. Dans un pareil scénario, on a beau changer les valeurs d'agressivité du logiciel, la tolérance de déviation de l'étoile en pixel, les vitesses de correction sur le STARBOOK-S, rien n'y fait ! L'autoguidage est impossible.

Pour se convaincre de l'improductivité de l'autoguidage, quand celui-ci est fonctionnel, les étoiles forment des traînées dès 8 secondes de pose tandis que lorsque celui-ci est désactivé et que les moteurs sont abandonnés à eux-mêmes, on arrive à des étoiles ponctuelles jusqu'à 55 secondes de pose. En somme, un autoguidage qui devrait permettre d'atteindre des temps de pose de plusieurs minutes est en fait la source d'une erreur périodique bien plus grande...A cause de moto-réducteurs qui glissent !!

Mécaniquement parlant, ce glissement est compréhensif. Pour peu que vous ayez une formation en micromécanique comme moi, il suffit de comparer un moteur pas à pas MT-1 (raquette DD-1) avec un servo-moteur issu du kit du Starbook. A la main, on peut faire tourner très aisément l'arbre du servo-moteur tandis que l'arbre du moteur MT-1 reste bloqué très rigidement sur sa position, même si on essaye de le tourner avec une clé. La qualité des deux moteurs saute aux yeux !!

Un autoguidage est possible avec un moteur MT-1. En revanche, VIXEN a fait très fort en équipant son STARBOOK-S de servo-moteurs qui "glissent" alors que dans ce cas précis, leur produit propose une entrée ST-4 pour assurer un autoguidage alors que ce n'est bien évidemment pas une option prévue sur les raquettes DD-1 et même les nouvelles DD-2. Le monde à l'envers !! Pour 800 euros le kit, VIXEN nous a volé, il ne faut pas avoir peur du mot !

La seule satisfaction d'avoir un STARBOOK-S se résume à pouvoir pointer précisément des objets. Sur ce point, le STARBOOK-S ne rate jamais sa cible ! Avec une seule étoile de référence, l'objet recherché apparaît pas très loin du centre du capteur CCD de ma caméra DMK dans 90% des cas. Mais 800 euros pour bénéficier d'un pointage automatique, je trouve cela très exagéré et cela d'autant plus lorsque l'on voit les autres options disponibles sur le STARBOOK-S qui m'incitèrent justement à l'acheter (PEC et Autoguidage ainsi que suivi automatique de l'orbite d'une comète avec l'action simultanée du STARBOOK-S sur les deux axes de la monture GP).

Grâce au pointage automatique, j'ai pu trouver instantanément de nombreux objets (notamment des galaxies, invisibles à l'oculaire de ma 80 ED) les deux nuits (20 au 21 avril, 23 au 24 avril) que j'aurais pris beaucoup de temps à trouver avec la méthode traditionnelle des cercles gradués de la monture GP et que j'ai vu apparaître immédiatement sur l'écran de mon ordinateur.

En somme, je peux conclure pour avoir essayé le produit jusque dans ses derniers retranchements qu'il n'est décidément pas conçu pour la photographie, malgré un pointage très efficace ! Je demeure très déçu !

Starbook-S et l'autoguidage : Les premiers pas avec la galaxie Messier 51...

Au cours de la nuit du 17 avril au 18 avril 2010, j'ai procédé à mon premier test d'autoguidage. Comme tout processus censé apporter du mieux, il impose un certain apprentissage.

Le logiciel d'autoguidage fait appel à un paramétrage extrêmement vaste et précis d'au moins 10 valeurs différentes, la nervosité de l'autoguidage étant même paramétrable dans le Starbook lui-même, sans oublier l'importance de l'équilibrage mécanique de la monture...

L'astrophotographie est exigeante. Il s'agit je pense du dernier grand challenge qui me reste à surmonter dans tout ce que j'ai pu expérimenter ou tester : Autoguidage et images du ciel profond à très longues poses (entre 100 et 300 secondes).

L'exercice est d'autant plus délicat que j'ai pu juger durant ce premier test grandeur nature que la monture GP n'est pas facile à guider avec le Starbook-S. Sans aucun doute parce-qu'il y a quelques paramètres logiciels à revoir sur le circuit, notamment dans le logiciel PHD Guiding que j'ai adopté pour sa relative simplicité de mise en route.

Malgré cela, le Starbook-S a encore une fois démontré sa capacité à pointer précisément la cible de qualité que j'avais choisi pour inaugurer ce premier autoguidage : Messier 51 (la fameuse grande galaxie des Chiens de Chasse). Je n'avais pas encore photographié cet objet. Après un alignement sur une seule étoile, le Starbook m'a pointé M51 du premier coup sur le capteur de ma caméra DMK. Autant dire que de ce point de vue, ce produit est vraiment au point.

La seconde phase fut d'instaurer l'autoguidage à proprement dit en trouvant une étoile "guide". Fort heureusement une étoile brillante était disponible dans le champ de la caméra de guidage Meade LPI pour pouvoir calibrer le logiciel d'autoguidage. A la suite d'un calibrage d'environ 50 secondes entièrement automatique, le logiciel est passé en guidage. Magique ! L'ordinateur a pris la main et agit à ma place sur les axes de ma monture GP. Pour une première fois, cela surprend autant qu'on croit enfin la victoire acquise !...Mais non, la galère commence car quand on a une monture sensible comme la mienne, il faut s'attendre à passer du temps pour optimiser le guidage en jouant sur les paramètres logiciel et sur les contextes mécaniques de la monture.

Il m'aura fallu 45 précieuses minutes pour me convaincre que le Starbook-S, conformément à ce que certains utilisateurs ont déjà constaté, souffre de rattrapages intempestifs en DEC (Déclinaison). C'est totalement anormal mais il faut s'y faire. En annulant les rattrapages en DEC depuis les paramètres du logiciel d'autoguidage (mode off), cela permet au guidage de se concentrer exclusivement sur les corrections à faire sur l'AD (Ascension Droite). Instantanément, le suivi a été amélioré et les étoiles bien rondes jusqu'au delà des 110 secondes de pose.

Malheureusement, je suis parvenu à ces performances encourageantes alors que la monture se précipitai en fin de course (altitude élevée pour M51 à plus de 85°). Autrement dit, ma première prise CCD avec autoguidage se limita à 9 poses de 110 secondes chacune.

Ce qui me rassure dans cette aventure, en parcourant de nombreux forums, c'est que même des astrophotographes équipés de très bonnes montures se sont un jour cassé la tête sur l'autoguidage avant d'arriver à des résultats optimaux.

A bientôt pour la poursuite du programme...

Nuit du 9 au 10 avril 2010 : Le Starbook-S de nouveau sur la GP !

La tentation était très forte !...Trop forte !!

Nous y sommes, le Starbook-S a été réhabilité sur ma monture PERL-VIXEN GP. Vendredi après-midi, je me suis mis à l'oeuvre pour remonter le kit. Une heure aura suffit pour remonter les servo-moteurs et correctement régler les entraînements moteur-engrenages-vis sans fin.

Depuis le passage de la version 1.2 Build 35 à la version 2.2 en ce qui concerne celle du soft de la console, je me devais de retenter ma chance avec ce kit. Après tout, VIXEN avait le droit à l'erreur et pouvait très bien avoir corrigé certains défauts de jeunesse !

Ce qui frappe tout de suite avec cette nouvelle version, c'est la disparition du fonctionnement intempestif du moteur de déclinaison, qui fonctionnait en permanence même quand cela n'était absolument pas nécessaire. Dès que l'objet a été visé en GOTO ou quand il n'est tout simplement pas sollicité par l'opérateur en mode Scope, le moteur de déclinaison s'arrête une bonne fois pour toute et point barre ! Et je dois dire que de ce point de vue, ce fut un véritable soulagement !

Quant au moteur d'ascension droite, on l'entends toujours ronronner biensûr mais il est toutefois bien plus silencieux. Compte tenu que les tests ont été effectués avec mon ORION Short Tube 80 (un poids plume !), j'émet malgré tout quelques réserves avant de me prononcer définitivement. J'attends avec impatience d'opposer au moteur une plus grosse charge à déplacer telle que deux lunettes en parallèle (celle de prise de vue adjointe à une seconde pour l'autoguidage) ou bien encore tout simplement mon Célestron 8 pour le planétaire.

J'étais parti initialement durant cette soirée pour dénicher une comète. Finalement, le ciel, d'une transparence très médiocre (cirrus persistants toute la nuit) était peu enclin au ciel profond et la comète demeura invisible au capteur CCD. Le fond du ciel "cirruseux" reflétait beaucoup la lumière citadine et était gris très clair dès 45 secondes de pose.

C'est finalement sur M82 (galaxie brillante, célèbre de la Grande Ourse) que l'Orion Short Tube 80 a révélé des "talents cachés" pour une simple lunette achromatique. Aussi, plusieurs fois dans la soirée, le kit StarBook-S s'est avéré capable à ma grande surprise d'assurer un suivi sidéral exemplaire afin d'atteindre des poses d'une durée insoupçonnable sans autoguidage avec une GP (jusqu'à 135 secondes avec des étoiles rondes !). Qui propose mieux ?

Dans le cas précisément de M82, la monture s'est avérée capable de suivre suffisamment bien le ciel afin que les 14 prises de 78 secondes chacune (oui, oui, vous avez bien lu : Cela correspond à 1min 18 sec !) soient toutes bonnes (étoiles bien rondes) avec une dérive de l'objet presque nulle d'une brute à une autre. Je n'ai malheureusement pas pu emmagasiner davantage de prises car la nuit s'est achevée prématurément avec l'arrivée massive de gros cirrus très opaques qui condamnèrent le ciel vers 1h30 du matin.
Mais qu'importe ! On retiendra que cette nuit là, dans des conditions météorologiques vraiment pas du tout adaptées au ciel profond, j'ai décroché mon record personnel des poses les plus longues jamais réalisées sans autoguidage avec ma monture GP...Equipée d'un kit Starbook-S GO TO que je haïssais !

Que la vie est ironique ! Grâce à ses fonctions GO TO de pointage automatique d'objets célestes et grâce à l'étonnante qualité du suivi sidéral qu'il m'a dévoilé, je dois au Starbook-S ma première image CCD d'une galaxie ! Sérieuse remise en cause !!

Le Starbook-S n'est pas fait pour la photographie ? Tiens, tiens...

Infos image : 14 prises de 78 secondes, soustraction de 15 darks (traitements sous IRIS).

Nouvel ouvrage de Claude BOUCHOT : Photographe, le plus beau métier du monde

Vendredi 2 avril, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres un courrier pour le moins...Important ! Il s'agissait d'un courrier de mon ami Claude BOUCHOT. Il m'avait tenu au courant en avant-première, bien des mois auparavant de la rédaction de cet ouvrage. En ouvrant le paquet accompagnant la lettre qu'il m'a si gentiment adressé, j'y ais découvert un ouvrage orange.

Il s'agit bien entendu du second livre de Claude BOUCHOT, faisant suite au premier traitant d'un autre sujet "profond" qu'est la religion Mieux connaître Dieu.

Ce livre a bien entendu été présenté au salon du livre, à la fin du mois de Mars 2010.

Après son site internet déjà fort passionnant, en voici la version papier, aboutissement du long chemin d'un ami photographe que je sais très passionné par tout ce qui touche à la photographie (qui fut son métier) et continuellement dans une quête, comme moi, de la vulgarisation de cet art auprès du public (au sens très large !).

Claude BOUCHOT et moi, avons tous les deux en commun et c'est l'une des choses qui expliquent que nous soyons amis, une humilité naturelle en ce que nous faisons et cette soif intarissable de vouloir continuellement tester de nouvelles choses, de nouveaux appareils. Dès qu'un nouveau secteur potentiel d'expression nouvelle fait son apparition touchant de près comme de loin à la photographie, nous nous y précipitons !!

Photographe, le plus beau métier du monde...Aucun doute là dessus !!

Starbook type S : Mes avis définitifs sur le GO TO pour monture PERL-VIXEN GP

Le Starbook Type S fut la réponse de "modernisation" de Vixen pour équiper les anciennes montures GP ou GPD ou leurs nouvelles moutures, les GP2/GPD2, d'un système GO TO.

J'ai investi dans ce produit en fin 2007. J'en attendais beaucoup (PEC, autoguidage,...). Finalement, il m'a beaucoup déçu pour la qualité de son suivi, le bruit parfois infernal de ses servo-moteurs : Deux choses incompatibles avec la photographie planétaire et stellaire, même à courte pose.

Je l'avais un peu rejeté dans les confins de mes cartons pour mieux l'oublier et cela est d'autant plus justifié lorsque je vois l'incontestable silence des moteurs pas à pas d'origine pilotés par la DD-1 et la qualité du suivi, même sans autoguidage qui en découle (lors de ma très récente séance astronomique du week-end) ! Avec cette électronique rudimentaire mais sûre, Vixen a eu ses heures de gloire du temps de l'argentique, au point que cette rigueur de suivi du mouvement sidéral sans aucune autre assistance, s'en ressent même en CCD aujourd'hui. Or, nous sommes tous conscients que la CCD est un type de détecteur qui laisse beaucoup moins passer les défauts mécaniques d'une monture comme pouvait l'autoriser l'argentique. On le voit bien notamment aussi en photographie traditionnelle où les objectifs sont obligés désormais de répondre à un cahier des charges de plus en plus rigoureux, pour être compatibles avec la rigueur du numérique.

Bref, en 2007, j'ai fini par abandonner cette console et ses moteurs, tout simplement dégoûté par le produit. Il suffit de parcourir les forums d'astronomie pour se rendre à quel point le produit a déçu les photographes du ciel au niveau de la qualité du suivi sidéral, des vibrations et du ronronnement élevé des moteurs tandis que les moteurs pas à pas d'origine sont d'un silence bien agréable !

Mais, en sortant mon matériel astronomique afin d'organiser ma nuit du 4 au 5 avril 2010, je suis retombé sur cette console que j'avais malgré tout conservée dans une boîte en carton. Depuis lors, je n'avais jamais pu en tirer grand chose de cette console, d'autant plus que je n'arrivais pas à entrer dans sa mémoire interne via un port ethernet (LAN) spécialement dédié à cela.

Mon avis trop dur vis à vis de ce Starbook Type S va un peu changer en l'espace d'une heure, lundi 5 avril 2010 au matin, en parcourant cette page et en parvenant pour la première fois à communiquer avec cette console via la carte réseau de l'un de mes deux ordinateurs. Cette découverte ne remet pas en cause la qualité médiocre du suivi sidéral du dispositif mais me permet en revanche de mieux comprendre l'objet de ma déception et de qualifier finalement le Starbook Type S comme un produit très intéressant développé par VIXEN, à condition de l'utiliser dans le contexte pour lequel il a été finalement conçu.

Avec ses fonctions comme le PEC ou un port d'entrée pour l'autoguidage, nous aurions pu croire le Starbook-S suffisamment compétent pour mener à bien des prises de vue célestes de qualité mais il n'en est rien. Les fonctions existent mais elles sont finalement inopérantes dans la pratique. Il faut définitivement se mettre dans l'idée que ce Starbook-S n'a pas été conçu pour la photographie.

En revanche, pour l'avoir bien entendu utilisé, le Starbook-S est par contre un excellent compagnon pour l'observation et pour la chasse aux objets très difficiles. Sa fonction principale GO-TO s'avère par contre tout à fait fonctionnelle sur la GP et de ce point de vue par contre, VIXEN a conçu un bon produit. De nombreux objets Messier pouvaient être explorés dans un laps de temps très court car après un alignement précis sur 3 étoiles, tous les objets se trouvaient du premier coup, généralement jamais très loin du centre de l'oculaire (Grossissement de 50x avec un Célestron 8).

Le Starbook-S est donc sans aucun doute un très bon produit pour conduire des séances d'observation (de dilettante ou scientifiques) mais certainement pas pour organiser et réaliser des séances d'acquisitions photographiques. On pourrait en fait classer le Starbook-S dans la catégories des très bons assistants automatiques au pointage d'objets fabriqués généralement pour les télescopes dobson (télescopes de gros diamètres spécifiquement conçus pour le visuel) mais certainement pas dans la catégorie des systèmes polyvalents (pointage et suivi de l'objet pendant une longue pose photographique).

Mais je pense que pour poursuivre dans tout le bien que je pense du Starbook-S (si on s'en tient bien-sûr strictement à sa fonction de pointage), c'est sa possibilité de recueillir les données orbitales d'une comète pour pouvoir ensuite la localiser automatiquement dans le ciel et de ce point de vue, si l'astronome amateur est membre d'une commission, qu'il suit des programmes rigoureux d'observations cométaires purement visuels et que la photographie ne le passionne guère (ou bien alors que des poses CCD n'excédant pas 30 secondes suffisent à son travail), le Starbook-S se révèle être un excellent compagnon de travail pour compléter une monture GP. Cet observateur peut désormais passer la grande partie de son temps à observer et à étudier les comètes qui l'intéresse, sans se soucier de devoir dans un premier temps...Les trouver !

Je dois dire que pour ma part, la tentation est très grande d'abandonner de nouveau le très bon suivi sidéral de la mouture d'origine de la GP, pour la déconcertante facilité de pointage du Starbook-S et ses servo-moteurs. Et cela d'autant plus que lundi 5 avril 2010 au matin, l'intérêt pour cette console a été ravivé par le fait que j'ai pu mettre à jour le soft interne par la dernière version 2.2 sortie il y a peu (fin mars 2010) ainsi que de pouvoir enfin accéder avec le port Ethernet à la mémoire interne de celle-ci afin d'y intégrer toutes les comètes observables du moment !

Finalement, j'ai désormais une autre opinion du Starbook-S, bien plus flatteuse que celle que j'avais par le passé. Je finis par réaliser en somme que la nécessité absolue de photographier a fini par polluer la réelle grande idée de l'astronomie qui est de savoir observer et comprendre les objets que l'on regarde. A vouloir constamment photographier, à vouloir rien que l'image pour l'image (pour faire comme les copains) car elle a bonne presse, on fini par ne plus être astronome. Le Starbook-S, avec ses défauts certes quelque peu anormaux en regard du prix de vente (assez prohibitif) de ce kit, celui-ci permet finalement de mettre le doigt sur l'essentiel de cette science : Passer moins de temps à chercher les objets connus afin de pouvoir mieux les étudier.*

La CCD permet certes l'accès à un plus grand nombre d'objets puisqu'elle permet d'atteindre la magnitude 19 dans une campagne polluée avec un télescope de 200mm tandis qu'avec une vue moyenne, on aura du mal à aller au delà de la magnitude 12 en visuel depuis un site meilleur que celui du premier cas mais il faut se rendre à l'évidence que l'observation visuelle est plus méritante, plus vivante et plus riche, même si elle ne fait pas le poids face à la sensibilité des photo-diodes d'un capteur.

Pour ma part, je garde une grande émotion et de très bons souvenirs de mes quelques observations visuelles effectuées sur des comètes avec mon Célestron 8 et je pense que le Starbook m'invite indiscutablement à revenir à des façons simples de vivre l'astronomie, en partant malgré tout d'un produit sophistiqué qui rend bien des services !

Nuit du 4 au 5 avril 2010 : Premières lumières du couple Orion Short Tube 80 + DMK 1/2"

Ma motivation pour le ciel est enfin revenue ou alors, on peut déclarer qu'elle est sauve ! En tous les cas, la nuit du 4 au 5 avril 2010, contre toute attente a été particulièrement favorable à l'astronomie. Samedi et dimanche, les chutes de pluie n'auront pas cessé une seule seconde.

Dimanche, jusqu'à environ 17h30, rien n'était gagné, le ciel menaçant ne présageait aucunement une issue si positive !

J'ai donc pu dans d'assez bonnes conditions tester le comportement du tube Orion Short Tube 80 + la DMK 1/2" sur ma monture PERL-VIXEN GP équipée des "vieux" moteurs pas à pas d'origine + la raquette DD-1. J'ai remis en place cette configuration technique sur ma monture après un essai malheureux, il y a deux ans, du kit GOTO STARBOOK Type S qui utilise des servo-moteurs bruyants qui produisent des vibrations insupportables, incompatibles avec la photographie, bien que je sois parvenu à l'automne 2007 a en obtenir quelque-chose sur M92 avec ma SKYWATCHER 80ED/600, au prix de poses ne pouvant pas excéder les 30 secondes et d'un très grand nombre de déchets dans les brutes.

De plus, chose aggravante pour le STARBOOK Type S, c'est que la photographie planétaire était devenue tout simplement impossible alors qu'avec les moteurs pas à pas d'origine, c'est du gâteau ! En somme, on pourra conclure que ce sont toujours dans les vieux pots que l'on fait la meilleure soupe ! Mais, là n'est pas l'objet de ce billet. Je prendrai le temps de faire un billet spécialement dédié au STARBOOK Type S car ce produit n'est finalement pas si nul mais disons qu'il ne s'adresse tout simplement pas à la catégorie de ceux qui souhaitent faire des images planétaires haute résolution ou bien de la photographie céleste de haut niveau.

A condition de considérer que les tests ont donc été fait en l'absence de ce kit GOTO, avec la motorisation pas à pas d'origine, je suis élogieux sur les tests réalisés durant quelques heures avec les 400 mm de focale de l'Orion Short Tube 80. Indiscutablement, c'est une lunette achromatique et la forme mousseuse des étoiles montrent bien le chromatisme important caractéristique de ce type de réfracteur très ouvert, sans lentille ED.

Malgré ce défaut bien visible sur la brute d'une vingtaine de seconde que vous pouvez voir, il convient de noter que mon éloge concerne la qualité du suivi de ma monture avec les moteurs pas à pas d'origine mais également (surtout !), la magnitude maximale atteinte par la lunette dès 30 secondes de pose.

Des mesures photométriques réalisées avec TeleAuto montre qu'en pratique, la magnitude 14 est déjà atteinte au bout de 30 secondes de pose avec l'Orion Short Tube 80/400 et cela malgré les limitations chromatiques dont elle souffre !
Quant au suivi sans autoguidage, il permet de monter sans sourcilier jusqu'à 45 secondes de pose sans aucun déchet dans les brutes, jusqu'à 80 secondes de pose avec un déchet minimal de 8 bonnes brutes sur 10 et jusqu'à 120 secondes, avec encore 60% de brutes tout à fait exploitables.

Autant le dire tout de suite que c'est vraiment très bien (avis tout à fait personnel) pour une monture légère telle que la monture GP (Great Polaris) de chez PERL-VIXEN, dénuée de toute fonction électronique de correction de l'erreur périodique.

Pour faire des images scientifiques pour des mesures, c'est bien largement suffisant et cela en n'étant pas obligé d'alourdir l'assemblage et de compliquer les choses par un système d'autoguidage (lunette guide, seconde caméra CCD, logiciel de calibrage et de surveillance de l'étoile guide,...).Compte tenu de ces premiers tests, la pratique rejoint très étonnamment les calculs théoriques qui prévoyaient la magnitude 16 au bout d'une seule minute de pose avec cette lunette 80/400.

Nouvelles perspectives astronomiques : Mesurer le ciel

Ce n'est pas un poisson d'avril mais ce message a au moins l'intérêt d'être le premier de ce mois, annonciateur pour moi, je l'espère, de l'occasion enfin de pouvoir me remettre à mes deux passions "les plus dévorantes" après un hiver 2009/2010 qui m'a contraint à un démarrage plus tardif encore que l'année dernière !

Je tiens à détailler mes nouvelles perspectives astronomiques que je souhaite concrétiser, au moins cette année...

Le but visé par l'emploi d'une lunette telle que l'Orion Short Tube 80, peu exigeante optiquement, n'est pas de faire des images pour des images mais de me lancer dans de nouvelles aventures astronomiques, au sens brut du terme...!

Afin d'aboutir, il convient surtout d'utiliser un grand collecteur de lumière compact ainsi que léger (autorisant des poses entre 60 et 120 secondes sur une monture basique, sans devoir se compliquer la vie avec un dispositif d'autoguidage) et non un collecteur optiquement idéal (et cher !!, exigeant la mise en place d'une grosse usine à gaz pour ne faire finalement que de la localisation d'objets ainsi que la mesure).

La lunette achromatique Orion Short Tube avec son diamètre de 80mm et sa focale de 400mm, correspond parfaitement à ce critère primordial.

Pour me redonner goût à l'astronomie (je me connais vraiment bien depuis le temps !) il me faut y trouver un réel attrait technique sur quelque-chose de nouveau (et un peu compliqué !!). Si j'ai aimé l'astronomie pendant 10 ans (1997-2007), c'est que j'y ais trouvé de bons et beaux challenges à relever !

Aujourd'hui, en 2010, je ne recherche plus vraiment d'intérêt à courir après des challenges mais j'aspire plutôt à me rendre utile à quelconque association ou commission, en m'amusant à quantifier désormais ce que j'observe ou ce que je serai amené à photographier sur mes capteurs. C'est très certainement pourquoi, j'ai abandonné l'astronomie pendant deux ans et demi, c'est que je ne trouvais plus en cette science, de nouveaux domaines d'apprentissage réellement motivants sur lesquels me faire durablement les dents !...Et surtout la photographie m'a ouvert à un monde de liberté, d'observation, d'interrogation, de contact avec l'extérieur ainsi que d'expression, qui n'existent pas en astronomie !

Pour moi, l'image pour l'image en astronomie, je pense que c'est réellement fini dans ma façon d'aborder cette passion, sauf peut-être biensûr dans les cas où le sujet à immortaliser fait plus appel à l'esthétisme et à mes compétences de photographe qu'à celles d'astronome amateur.

Mais il en reste un, heureusement, qui peut m'occuper des nuits entières (à plus forte raison des décennies durant !) et qui n'exige pas un matériel pointu, long à assembler et à régler (et cher !), c'est la photométrie et l'astrométrie sur des objets célestes. Ce domaine n'exige pas l'obtention d'images CCD au traitement parfait pour un esthétisme alléchant (travail long, sans réelle garantie d'être récompensé à la fin par une image à la hauteur des espoirs) mais plutôt des images exigeantes du point de vue de l'exploitation informatique de leur contenu.

Pour ce faire, mes très récentes recherches sur le sujet m'ont conduites à trouver et télécharger des catalogues d'étoiles "astrométriques" tel que la base Tycho 2, qui référence avec une grande précision (mesures Hipparcos) la position de toutes les étoiles jusqu'à la magnitude 12. Ce catalogue s'avère bien largement suffisamment pour calibrer et analyser n'importe quelle image CCD produite à partir d'une focale de 400 mm, avec un capteur de 1/2".

Même si la CCD monochrome est très sensible, rigoureuse, dotée de pouvoirs "d'aspiration" de la lumière en aucune comparaison avec l'émulsion photographique, ceux-ci étant les principaux avantages de cette technologie permettant de monter très rapidement en magnitude et de pouvoir par delà même, effectuer des mesures sur les objets enregistrés, je pense (même si je n'ai pas encore d'expérience pour me faire une opinion précise), la magnitude maximum atteinte avec cette lunette compacte avec des pauses plutôt courtes (120 secondes maxi faut-il le rappeler, à cause d'absence d'autoguidage) devrait plafonner assez bas (15 tout au plus !).

Seules les premières lumières et les premières mesures seront sans aucun doute susceptibles de m'apporter une perception plus objective sur la sensibilité et les possibilités réelles du couple (Orion Short Tube + CCD DMK 1/2").

Peut-être serais-je finalement déçu par les performances de l'ensemble ?

Quoiqu'il en soit, je crois en ce que je fais et j'irai au bout de cette expérience pour savoir jusqu'où on peut faire de la science avec du matériel si simple, c'est mon devoir le plus absolu.

Mes recherches sur la toile m'ont amenés très justement à découvrir surtout les deux logiciels gratuits qui seront en mesure de remplir la périlleuse tâche d'effectuer les mesures sur mes images, soit pour extraire une magnitude inconnue sur un astre à partir d'étoiles étalon, soit pour en extraire les positions en Ascension Droite (AD) ou Déclinaison (DEC).

Le logiciel IRIS qui m'a permis depuis très longtemps (dès 2001) d'effectuer d'excellents pré-traitements et traitements de mes images astronomiques CCD, est bien évidemment doté d'une fonction de réduction astrométrique pour mesurer sur des images. Mais c'est surtout le logiciel TeleAuto (plus actualisé depuis 2006) qui retient toute mon attention car il propose une interface très simple d'utilisation et très intelligible, qui a fait ses preuves auprès de nombreux amateurs (et quelques professionnels !) dans le secteur de la mesure astronomique sur images.

En cette année 2010 qui commence bien tard (cet hiver a été douloureux pour moi), je pense que compte tenu du nombre de choses que je souhaite faire et réussir, je crois franchement que je ne saurais où donner de la tête !!...Et dire qu'il y en a qui s'ennuient à mourir !

L'image en négatif utilisée pour illustrer mon billet est une acquisition CCD de Christian Buil, issue de la documentation de son logiciel IRIS.

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